Ottawa 2020

Plan directeur des transports


Chapitre 12 - La protection de l'environnement

Le milieu naturel représente pour les résidents d’Ottawa un enjeu prioritaire. Or ce milieu est exposé à des risques réels et croissants découlant d’une expansion urbaine continuelle. Il est donc vital de savoir gérer la croissance de manière à réduire le plus possible les incidences environnementales, et le transport pose à cet égard un défi particulier. Notre réseau d’infrastructures est un tissu complexe d’activités qui mettent directement en question la qualité de notre air et de notre eau, l’intégrité de notre sol, la vitalité de la faune et de la flore et la richesse de nos ressources.

Ce plan, dans la mesure où il favorise la marche, le cyclisme et l'utilisation du transport en commun par les résidents, aidera à réduire notre consommation d'énergie et de sols et à améliorer la qualité de l'air et de l'eau dans la région. La Ville voit dès maintenant de nombreuses occasions de montrer son leadership en matière d'environnement par des pratiques de transport progressistes, par exemple :

  • Faire la promotion de modes de transport économes en énergie, comme la marche et le cyclisme
  • Accorder la priorité à des projets et programmes de transport qui favorisent l’efficacité énergétique et la réduction des rejets atmosphériques
  • Approuver les lotissements qui encouragent les résidents, les travailleurs et les clients à faire des choix de transport qui réduisent au minimum l'utilisation de l'automobile
  • Concevoir et exploiter les systèmes de transport de manière à éviter ou à atténuer leurs impacts sur l’air, l’eau, les forêts, les bassins hydrographiques et les autres ressources environnementales
  • Augmenter l’adoption de carburants de remplacement et de technologies réduisant les émissions de gaz à effet de serre et de polluants toxiques par les camions, les automobiles, les véhicules sur rail et les autobus de la Ville
  • Protéger tous les quartiers existants contre les bruits de la circulation

Comme il a été indiqué au chapitre 1 de ce plan, la Ville d’Ottawa est en train d’élaborer une stratégie environnementale dans le cadre de sa démarche globale de gestion de la croissance. Cette stratégie assurera une orientation exhaustive des politiques et programmes environnementaux à l’échelle de la Ville, y compris en matière de transports. La présente section se limite à décrire certains moyens clés par lesquels les politiques et programmes de transport d’Ottawa peuvent contribuer à la préservation de notre milieu naturel.

Les principaux secteurs d’intervention de la Ville sont décrits ci-après. Certains ont été mentionnés dans d’autres parties de ce plan, et il faut noter que la Ville devra aussi procéder à une évaluation environnementale complète lorsqu’il s’agira de mettre en œuvre les exigences d’infrastructure de ce plan (détails à la section 14.5).

Qualité de l'air et changement climatique. À titre d'objectif général, la Ville s'efforcera d'atténuer les répercussions sur la qualité de l'air et les changements climatiques en réduisant l'utilisation des véhicules et la consommation de carburant, au moyen d'un large éventail de mesures exposées ailleurs dans ce plan. Plus précisément, elle élaborera un plan sur la qualité de l'air et les changements climatiques, en appui à son Plan officiel et à sa stratégie environnementale, qui envisagera des mesures en matière de transport susceptibles de réduire les émissions de gaz à effet de serre à l'origine des changements climatiques, ainsi que l'émission de polluants toxiques comme ceux qui forment le smog urbain. La croissance future de la population et de la circulation urbaine pourrait se traduire par une hausse des émissions des véhicules en chiffres absolus, mais la Ville peut du moins viser à réduire ces émissions au prorata de la population. La ratification récente par le gouvernement fédéral du protocole de Kyoto incite à poursuivre les avancées technologiques et à réformer les habitudes de vie afin de pouvoir atteindre nos objectifs nationaux relativement aux gaz à effet de serre, et peut avoir en bout de ligne un effet sensible sur le rôle que les municipalités sont appelées à jouer.

Qualité de l'eau. L'asphaltage des rues, des entrées et des parcs de stationnement empêche l'eau de s'infiltrer dans le sol, augmentant ainsi le ruissellement qui aboutit dans le réseau d'égouts. Pour améliorer la qualité des eaux de ruissellement et réduire leur volume, la Ville encouragera le stationnement partagé afin de réduire la taille et le nombre des parcs de stationnement, réduira les exigences de stationnement pour certains types d'occupation des sols, encouragera les entrées partagées entre des lotissements adjacents ainsi que l'usage de surfaces perméables pour les entrées et les parcs de stationnement, et adoptera des méthodes de lutte contre l'érosion pendant les travaux de construction. Les eaux pluviales de ruissellement seront traitées selon des méthodes prescrites par le ministère de l'Environnement avant d'être déversées dans les cours d'eau, afin de réduire au minimum leurs effets sur les poissons et les habitats fauniques. Les infrastructures de transport respecteront des principes et des techniques de gestion des eaux pluviales et canaliseront celles-ci vers des systèmes de drainage approuvés.

Végétation. Les projets d'infrastructure de transport obligent souvent à éliminer la végétation naturelle. La végétation dans les axes routiers ou à proximité est également touchée par l'usage de la route et son entretien. Par exemple, les automobiles rejettent des particules, du dioxyde de soufre, des oxydes nitreux et des composés organiques volatils susceptibles de nuire à la santé des arbres et des autres plantes. L'épandage de sel pour améliorer l'état des routes en hiver est également nocif pour la santé des plantes à des degrés divers. La Ville a entrepris des efforts visant à réduire la consommation de sel d'épandage et à " écologiser " les routes avec l'élaboration d'une stratégie de gestion du sel d'épandage et des directives d'écologisation, et ces efforts seront améliorés avec le temps. La réduction de l'utilisation de l'automobile visée par ce plan réduira le besoin de nouvelles infrastructures et limitera les rejets atmosphériques polluants dommageables pour les arbres et l'ensemble de la végétation. L'écologisation de nos routes et sentiers les rendra aussi plus attrayants pour la marche et le cyclisme. Les végétaux choisis pour ces zones seront sélectionnés selon les espèces capables de résister aux conditions parfois difficiles le long des routes, notamment la sécheresse, la pollution par les véhicules et le sel d'épandage.

Consommation des sols. Afin de freiner la consommation éventuelle de terres agricoles et de terres de ressources naturelles en raison de l'agrandissement des infrastructures de transport, la Ville continuera de maximiser l'utilisation des infrastructures existantes avant d'en aménager de nouvelles. Un large éventail de stratégies aidera aussi à favoriser la marche, le cyclisme et le transport en commun, ce qui permettra de déplacer un même nombre de personnes avec un besoin d'espace moindre.

Pollution par le bruit. Ce plan vise à protéger les résidents contre les bruits excessifs causés par les avions, les artères très fréquentées par les camions et les autobus, les infrastructures de transport en commun rapide et les trains interurbains. Toute modification future aux réseaux routier et de transport en commun rapide de la Ville nécessitera l'étude des niveaux de bruit prévus et des mesures d'atténuation nécessaires. Le ministère provincial de l'Environnement et la Ville ont approuvé des lignes directrices de lutte contre le bruit qui définissent différentes sources de bruit et prescrivent les mesures à prendre. Le lecteur est invité à consulter ces lignes directrices pour connaître les détails sur les niveaux sonores, les critères de conception et diverses mesures et méthodes de lutte contre le bruit. Le lecteur est aussi invité à consulter le Plan officiel de la Ville pour plus de détails sur les politiques touchant l'établissement et la mise en œuvre des niveaux de bruit acceptables, y compris des critères de niveau sonore extérieur pour les zones résidentielles. Il importe de préciser que le protocole de moyenne sur 30 minutes (Leq - 30 min), intégré au Plan officiel de la Ville, est applicable aux documents relatifs au contrôle du bruit sur le territoire d'Ottawa.

La Ville entend :

  1. Encourager les solutions de rechange aux déplacements en automobile pour préserver et améliorer la qualité de l’air
  2. Adopter des pratiques exemplaires pour atténuer les incidences environnementales des travaux de construction, des opérations de surface et des activités d’entretien dans les secteurs résidentiels, les espaces publics, les aires naturelles et les régions rurales
  3. Élaborer un plan en matière de qualité de l'air et de changements climatiques établissant des moyens de réduire la pollution par le transport grâce à des mesures comme l'interdiction de la marche au ralenti des véhicules, la mise au rancart des véhicules trop polluants et la promotion de l'achat de véhicules à faible consommation, des habitudes de conduite économe, des carburants avec éthanol et du bon entretien des véhicules
  4. Adopter un rôle de leadership dans la réduction des émissions de gaz à effet de serre, par les initiatives suivantes :
    1. Encourager les solutions de rechange à l’utilisation de l’automobile par les employés de la Ville, tant pour le navettage matin-soir que pour les déplacements pour le travail
    2. Réduire l’utilisation de carburants d’origine fossile dans les véhicules de transport en commun
    3. Étudier les moyens de réduire l’utilisation de carburants d’origine fossile dans les autres véhicules de la Ville
  5. Intéresser, informer et éduquer la population afin de la conscientiser aux changements atmosphériques et aux initiatives locales visant à réduire la pollution de l’air, et travailler dans ce sens avec les partenaires intéressés
  6. Incorporer des pratiques exemplaires de gestion des eaux pluviales à la conception des projets de transport
  7. Mettre en œuvre des directives d'écologisation améliorées pour la couverture végétale dans les corridors de transport en commun, notamment les tronçons routiers, les lignes de transport en commun rapide et les sentiers récréatifs. En particulier, les aménagements paysagers de rue et la plantation d'arbres feront partie intégrante des programmes de réfection et d'aménagement de toute artère, route collectrice et route collectrice principale
  8. Protéger les résidents contre l'exposition à des bruits de circulation nuisibles en planifiant les nouveaux secteurs résidentiels et infrastructures de transport de manière à réduire au minimum le bruit par des mesures de conception et d'aménagement paysager plutôt que par des ouvrages antibruit, et en prévoyant des mesures de lutte contre le bruit à toutes les étapes du processus de planification
  9. Veiller à ce que les lotissements et autres types d'occupation des sols sensibles au bruit, situés en bordure d'axes de transport existants ou proposés, soient conformes aux lignes directrices de lutte contre le bruit
  10. Examiner les impacts en matière de bruit des principales modifications aux artères ou aux routes collectrices principales et aux corridors de transport en commun rapide, selon les cartes 5 à 9, et identifier les exigences d’atténuation conformément à ses lignes directrices de lutte contre le bruit
  11. Appliquer le processus décrit dans son document Noise Barrier Retrofit Policy for Noise-Sensitive Developments Adjacent to Existing Regional Roads and Rapid Transit Facilities lorsque les résidents de lotissements en bordure d'une route ou d'un corridor de transport en commun rapide soulèvent des inquiétudes concernant le bruit
  12. En ce qui concerne les mesures 8 à 11 ci dessus, le niveau de bruit maximal moyen (Leq) émis par les tronçons routiers, les voies ferrées ou les couloirs de transport en commun devra être en conformité avec les dispositions de la section 4.8.8 du Plan officiel :
    • moyenne de 58 dBA (niveau moyen de décibels sur une période de 30 minutes selon une échelle pondérée, p. ex. Leq (30 min) ou moins entre 7 heures et 23 heures
    • moyenne de 53 dBA (Leq (30 min) ou moins entre 23 heures et 7 heures

Suite : Chapitre 13 - La gestion et l'entretien des actifs