Ottawa 2020

Plan directeur des transports


Chapitre 7 - Le transport en commun

Même si le transport en commun est actuellement plus utilisé à Ottawa que dans toute autre ville de même taille en Amérique du Nord, on doit faire en sorte qu'il y joue un rôle encore plus important. La stratégie de gestion de la croissance de la Ville vise à accroître à 30 % la répartition modale du transport en commun à l'heure de pointe, ou la part de déplacements-personnes motorisés - soit, à peu près le double du pourcentage obtenu aujourd'hui, rejoignant ainsi le niveau atteint dans nombre de villes européennes. Si elle veut concrétiser cet ambitieux objectif, la Ville devra rehausser la capacité du transport en commun à concurrencer l'automobile.

Pour convaincre un plus grand nombre de gens d’adopter le transport en commun comme mode de tranport privilégié, la Ville devra améliorer considérablement son infrastructure de transport en commun ainsi que sa situation matérielle, sociale et économique. Toutes les mesures figurant dans ce chapitre doivent absolument être mises en place. La mise en œuvre partielle fera baisser l'achalandage à des niveaux peu souhaitables, ce qui ne manquerait pas d'entraîner des effets indésirables comme une augmentation de la pollution de l'air et la nécessité d'agrandir le réseau routier pour éviter un degré de congestion inacceptable et des risques au chapitre de la sécurité routière.

La stratégie de la Ville en matière de transport en commun tient compte du fait que toute hausse majeure de l'achalandage exigera que plus de service soit disponible, qu'il soit plus fiable, plus rapide et plus confortable. La réalisation de ces exigences sera rendue possible grâce à l'agrandissement du réseau de transport en commun rapide d'Ottawa, sur lequel repose la stratégie de transport en commun de la Ville. Le présent chapitre décrit certains des principaux éléments de cette stratégie globale :

  • Des mesures d'appui essentielles en matière d'aménagement du territoire, de gestion du stationnement, de gestion de la demande en transport, de mesures incitatives financières pour l'utilisation du transport en commun, d'intégration intermodale et d'établissement de priorités au titre de l'infrastructure;
  • Des initiatives découlant de la stratégie en matière de transport en commun, concernant la structure du réseau et les normes de services, les tarifs et le financement, la desserte des villages et des régions rurales, le service de transport en commun interprovincial et le service en provenance de l'extérieur de la Ville d'Ottawa;
  • Des services de transport en commun pour les personnes handicapées, grâce à des services traditionnels plus accessibles et des services spécialisés;
  • Des mesures de préférentielles qui réduiront les délais et amélioreront la fiabilité des véhicules de transport en commun circulant sur les artères;
  • Un agrandissement du système de transport en commun rapide, afin de créer des réseaux deux fois plus étendus qu'à l'heure actuelle pour le Transitway et le système léger sur rail (SLR) et de construire des dizaines de nouvelles stations et de nombreux parcs o bus;
  • L’accroissement du parc et le remplacement de véhicules, afin de moderniser et d’accroître de près du double le nombre de véhicules du parc actuel et d’intégrer des technologies plus écologiques, qui pourraient réduire les émissions atmosphériques polluantes.

7.1 Les mesures d’appui essentielles

Toute une gamme de mesures doit être mise en place pour optimaliser la compétitivité du transport en commun par rapport à l'automobile, tel qu'il est décrit dans les paragraphes qui suivent.

L'aménagement du territoire. Conformément à la Loi sur l'aménagement du territoire de la Province d'Ontario et de son propre Plan officiel, la Ville a le pouvoir de façonner l'occupation des sols à l'intérieur de ses limites. Elle contrôle les types d'occupation des sols admissibles à différents endroits et peut établir des conditions à l'égard des nouveaux lotissements, y compris l'étendue, le genre et l'emplacement du stationnement pour automobiles. La section 4.1 de ce plan résume bon nombre des politiques sur l'occupation des sols propices au transport en commun qui figurent dans le Plan officiel de la Ville.

La gestion du stationnement. La disponibilité et le prix du stationnement sont des facteurs qui pèsent lourd dans l'attrait du transport en commun pour se rendre à une destination donnée. La section 4.1 et le chapitre 10 de ce plan recensent certaines mesures grâce auxquelles la Ville peut limiter le défi que représente le stationnement abondant et gratuit à l'atteinte des objectifs en matière d'achalandage du transport en commun. Mentionnons notamment les mesures pour limiter l'offre de stationnement aux abords des stations de transport en commun rapide, encourager le stationnement partagé et(ou) en élévation afin de permettre des aménagements plus compacts et explorer la capacité d'imposer des droits sur les espaces de stationnement non résidentiels.

La gestion de la demande en transport. Le chapitre 4 définit un cadre aux fins du programme de gestion de la demande en transport (GDT) de la Ville. Certains efforts de GDT peuvent contribuer à augmenter l’achalandage du transport en commun, notamment des partenariats avec divers groupes pour sensibiliser davantage le public aux options offertes par le transport en commun, faciliter une attitude positive à l’égard de celles-ci et en promouvoir l’utilisation.

Les mesures incitatives financières. Plusieurs facteurs mettent le transport en commun dans une situation concurrentielle désavantageuse par rapport au prix du déplacement. Le stationnement gratuit (spécialement aux lieux de travail) est le plus important, car il réduit les frais à débourser pour la plupart des déplacements en automobile au-dessous du coût du tarif du transport en commun; les frais fixes considérables entraînés par le fait de détenir et faire fonctionner une automobile n’influent en rien sur les choix individuels en matière de déplacement. Pour le moment, la Ville ne peut pratiquement pas influencer l’offre de places de stationnement gratuites, mais elle cherchera à obtenir le pouvoir nécessaire à cette fin, possiblement celui d’imposer un droit sur les espaces de stationnement non résidentiels comme l’envisage le gouvernement du Québec. La Ville pressera également le gouvernement fédéral d’assujettir à l’impôt le titres payé par l’employeur et de soustraire à l’impôt les billets de transport en commun payés par l’employeur. La Ville tentera aussi de déterminer si des mesures incitatives à utiliser le transport en commun, par exemple, une zone sans tarif, contribueraient à l’atteinte des principaux objectifs.

L'intégration intermodale. Les usagers du transport en commun se servent de correspondances avec d'autres modes pour faire des déplacements aussi commodes et confortables que possible. Parmi les initiatives de la Ville visant à accroître l'intégration modale, mentionnons relier le transport en commun à la marche (par le biais de sentiers et de trottoirs), au cyclisme (par le biais de stationnement pour vélos aux stations de transport en commun rapide et la capacité de véhicules de transport en commun à transporter les vélos), à l'automobile (par le biais des parcs-o-bus, des zones de débarquement de passagers aux stations de transport en commun rapide) et aux transporteurs interurbains (par le biais de service aux aéroports, aux gares et aux terminus d'autobus).

L'établissement de priorités au titre de l'infrastructure.

La Ville peut améliorer l'équilibre concurrentiel entre le transport en commun et l'automobile en accordant une plus grande priorité à la mise en place d'une infrastructure qui améliore le service de transport en commun par rapport à une infrastructure qui améliore le service aux automobiles. Fait important à souligner, il ne s'agit pas d'opposer les lignes de transport en commun rapide aux routes - en fait, une nouvelle infrastructure routière peut être propice au transport en commun, en particulier si elle donne priorité aux véhicules de transport en commun ou qu'elle améliore autrement la rapidité et la fiabilité des services de transport en commun. La mise en place progressive d'une nouvelle infrastructure peut aussi influencer les habitudes de déplacement des résidents des nouveaux lotissements et il faudrait accorder une priorité élevée à l'instauration de l'infrastructure nécessaire pour offrir un service de transport en commun de grande qualité dans ces secteurs. Le chapitre 14 décrit les priorités au titre de l'infrastructure établies dans le cadre de ce plan.

La Ville entend :

  1. Faire en sorte que les nouveaux lotissements soient aussi propices au transport en commun que possible au moyen des mesures énoncées dans le Plan officiel, y compris celles relatives à la gestion des espaces de stationnement
  2. Nouer des partenariats avec les employeurs, les établissements d’enseignement et les groupes communautaires pour mettre en oeuvre des mesures qui encouragent l’utilisation du transport en commun au moyen de la sensibilisation, de la promotion et d’incitatifs
  3. Exhorter le gouvernement fédéral à aménager ses centres d’emploi près des stations de transport en commun rapide
  4. Exhorter les autres paliers de gouvernement à régler le déséquilibre des subventions publiques inéquitables des déplacements en automobile et niveler les règles du jeu pour les déplacements en transport en commun, c’est-à-dire :
    1. Application par le gouvernement fédéral de l’assujettissement à l’impôt des espaces de stationnement payés par l’employeur
    2. Désignation par le gouvernement fédéral des titres de transport en commun payés par l’employeur comme étant non imposables
    3. Adoption par le gouvernement provincial d’une loi habilitante conférant aux municipalités le pouvoir d’imposer des droits sur les espaces de stationnement privés
    4. Élimination par le gouvernement fédéral du stationnement subventionné à l’intention de ses employés
  5. Continuer à mieux intégrer le transport en commun aux autres modes de transport en faisant en sorte que les services et infrastructures de transport en commun soient davantage accessibles aux piétons, aux cyclistes, aux automobilistes et à leurs passagers et aux passagers interurbains
  6. Accorder la priorité à l'amélioration du service de transport en commun au moment d'établir les priorités dans le cadre de tous les projets d'infrastructure, en particulier ceux visant les communautés en expansion

Suite : 7.2 - La stratégie relative au service de transport en commun