Chapitre 8 - Le covoiturage Le covoiturage est une solution de rechange à l’utilisation individuelle de l’automobile, et peut aider la Ville à atteindre ses objectifs en matière de transport. Il y a covoiturage si au moins deux personnes partagent un véhicule particulier plutôt que de prendre chacun sa propre automobile. Environ 26 % des automobiles ont plusieurs occupants pendant la période de pointe du matin à Ottawa, mais il ne s’agit pas dans tous les cas de covoiturage : par exemple, le cas d’un parent qui amène son enfant à l’école en automobile s’apparente plutôt à du « taxi familial ». Le taux d’occupation des automobiles en Amérique du Nord est en baisse depuis plusieurs décennies, pour des raisons comme l’évolution démographique et l’accroissement de la richesse individuelle. À Ottawa, le taux d’occupation quotidien moyen (mesuré au cours des 12 heures de plus grand achalandage) a décliné de 1,4 personne par véhicule dans les années 1960 à environ 1,25 aujourd’hui; dans la période de pointe de l’après-midi, ce taux a baissé de 1,39 personne par véhicule en 1989 à 1,29 personne en 2002. Si l’on examine en particulier le covoiturage matin-soir, le Recensement canadien de 1996 indique que 8,8 % des salariés de la région d’Ottawa-Gatineau se sont rendus au travail en automobile en tant que passager, contre 64,3 % en tant que conducteur – l’équivalent d’un taux d’occupation moyen de 1,14 travailleur par automobile. En 2001, à peine 7,4 % des salariés se rendaient au travail en automobile en tant que passager, contre 64,6 % en tant que conducteur – soit 1,11 travailleur par automobile. Compte tenu d’une telle tendance à la baisse, l’objectif à long terme de préserver (voire d’augmenter quelque peu) le taux d’occupation actuel des automobiles doit être considéré comme ambitieux. Le covoiturage est un complément à la marche, au cyclisme et au transport en commun parmi les principales solutions de rechange à l'utilisation individuelle de l'automobile. Les marchés de ces modes se chevauchent, bien que les degrés de chevauchement soient une question complexe sans réponse simple. Nous ignorons jusqu'à quel point les initiatives de covoiturage pourraient limiter la capacité de la Ville d'atteindre ses objectifs de répartition modale du transport en commun. On pourrait s'en inquiéter en particulier pour le centre-ville - le marché privilégié du transport en commun -, mais le centre-ville est aussi un secteur où il est improbable que les initiatives de la Ville puissent bonifier sensiblement l'incitatif naturel au covoiturage : le partage des coûts de stationnement. Il faut dire aussi que le transport en commun offre aux gens une meilleure indépendance que le covoiturage, qui oblige passagers et conducteurs à avoir le même horaire. Il est clair que le covoiturage joue un rôle mineur, bien qu'encore important, en période de pointe. Il semble également improbable que le covoiturage puisse étendre de beaucoup sa part du marché des déplacements dans les secteurs desservis par un transport en commun de qualité. Cependant, il y aura toujours beaucoup de déplacements en période de pointe pour lesquels le transport en commun ne peut pas rivaliser avec la vitesse et la commodité de l'automobile, même si la congestion routière devait augmenter. Pour de tels déplacements, le covoiturage reste préférable à l'utilisation individuelle de l'automobile - et c'est dans ces marchés que le covoiturage a le meilleur potentiel. Même pour les itinéraires bien desservis par le transport en commun, le covoiturage est le deuxième choix pour les gens dont le trajet est trop long pour la marche ou le cyclisme - et dans un éventuel « scénario du pire » où le financement du transport en commun serait limité, la Ville pourrait miser davantage sur le covoiturage pour le navettage matin-soir. Les sections suivantes décrivent divers moyens par lesquels la Ville peut encourager le covoiturage par des initiatives de promotion, des services et des infrastructures appropriés. 8.1 Mesures d’appui essentielles Un certain nombre de mesures susceptibles de favoriser le covoiturage seront mises en œuvre dans le cadre du programme de gestion de la demande en transport de la Ville, décrit à la section 4.2. La Ville entend :
8.2 Parcs de stationnement pour covoiturage Les parcs de stationnement pour covoiturage sont habituellement situés en périphérie immédiate de la zone urbaine. Les covoitureurs s'y rencontrent et poursuivent leur route dans une seule automobile, laissant les autres véhicules sur place. Ces parcs de stationnement peuvent faciliter le covoiturage par des résidents de zones rurales qui ont de longs trajets à faire et qui vivent peut-être dans des localités isolées. La Ville d’Ottawa exploite un parc de stationnement pour covoiturage près du chemin Carp, juste au sud de l’autoroute 417, tandis que le ministère des Transports de l’Ontario exploite quelques parcs dans la région rurale aux abords d’Ottawa :
Ces parcs existants sont généralement sous utilisés, ce qui peut s'expliquer par la problématique de la sécurité des personnes et des véhicules dans des lieux éloignés, et aussi par la difficulté de gagner au covoiturage les navetteurs ruraux qui possèdent une automobile. Cependant, une meilleure sensibilisation du public, des services de jumelage, une sécurité accrue et d'autres mesures incitatives pourraient faire augmenter l'utilisation des parcs de stationnement pour covoiturage. Bien que, pour des raisons de capacité limitée, le stationnement pour covoiturage ne soit pas autorisé dans les parcs-o-bus actuels, il pourrait s’avérer rentable de créer des installations combinant stationnement pour covoiturage et parc-o-bus à certains endroits. Le Ville compte :
8.3 Voies réservées au covoiturage Les voies réservées au covoiturage sont ouvertes aux véhicules dont le nombre d’occupants répond au minimum exigé, habituellement deux ou trois; elles sont aussi ouvertes aux autobus, sans égard au nombre d’occupants. Ces voies peuvent n’être réservées qu’à certaines heures. Il n’existe pas actuellement de voies réservées au covoiturage à Ottawa, mais les résidents de la région connaissent sans doute les voies de covoiturage des ponts du Portage et Champlain sur la rivière des Outaouais, et sur les routes de Gatineau qui mènent à ces ponts. Une récente étude sur l’autoroute 417 du ministère des Transports de l’Ontario recommande la construction de voies pour le covoiturage entre la route 7 et l’autouroute 416 au cours des travaux généraux d’élargissement des routes à Kanata. On prévoit à l’heure actuelle la construction de ces voies dans environ cinq ans. Bon nombre de facteurs auront une incidence sur le taux d’utilisation de ces voies, y compris la construction future de voies pour le covoiturage aux autres sections de l’autoroute 417, particulièrement à l’est, ou sur les artères en direction et en provenance de l’autoroute 417. Bien que les voies réservées au covoiturage puissent, dans certaines circonstances, aider à réduire ou à retarder le besoin d'élargir certaines artères congestionnées, leur mise en œuvre est habituellement complexe et difficile. En raison de réactions négatives du public, de nombreuses voies réservées au covoiturage en Amérique du Nord ont dû être ouvertes à la circulation mixte peu de temps après leur instauration. Les voies réservées au covoiturage peuvent aussi compromettre le fonctionnement efficace du transport en commun, et en particulier être incompatibles avec les mesures préférentielles pour le transport en commun. En outre, les voies réservées au covoiturage auront un effet bénéfique à condition d'être respectées par les conducteurs, ce qui nécessite l'intervention de ressources policières déjà limitées et un effort considérable de sensibilisation du public. Dans le cadre des travaux techniques de préparation du Plan directeur des transports, une évaluation préliminaire du réseau d'artères de la Ville a été effectuée afin de définir les itinéraires le long desquels des voies de covoiturage pourraient contribuer aux objectifs de la Ville en matière de transports. Les critères d'évaluation étaient les suivants : degré de congestion, besoins actuels en transport en commun et en covoiturage, longueur des trajets, contraintes matérielles et opérationnelles et aménagement favorable du territoire. Bien que la question soit largement abstraite à l'heure actuelle, il est généralement prévu que des voies réservées au covoiturage seraient créées par conversion d'une voie de circulation mixte existante, ou encore par désignation d'une voie nouvellement aménagée et définie dans ce Plan comme étant nécessaire à l'augmentation de la capacité routière. Les résultats d'une première présélection indiquent que les tronçons suivants de la Ville sont les plus favorables pour des voies réservées qui inciteraient au covoiturage :
Soulignons que cette présélection repose sur les résultats d’une analyse préliminaire, et qu’une étude beaucoup plus poussée est nécessaire. Détail important, certains des tronçons ci-dessus sont aussi désignés sur la carte 4 comme de futurs corridors de transport en commun prioritaire – une considération vitale qui pourrait rendre impraticable, du point de vue matériel ou opérationnel, d’aménager des voies réservées au covoiturage dans ces corridors. La Ville entend :
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