Ottawa 2020

Plan directeur des transports


Sommaire

Introduction

La Ville d'Ottawa, qui compte à l'heure actuelle quelque 800 000 habitants, pourrait en compter 1,2 million d'ici les 20 prochaines années. Cette forte croissance s'accompagnera d'importantes transformations qui ouvriront de nouvelles perspectives, mais présenteront aussi des défis.

Le Plan directeur des transports recense les infrastructures et les services de transport que la Ville mettra en place pour desservir une population évaluée à 1,2 million. En plus d'établir les grandes lignes des programmes d'activités quotidiennes de la Ville en matière de transport et de jeter les bases de la planification budgétaire, le Plan appuie la stratégie de gestion de la croissance Ottawa 20/20 et le Plan officiel municipal qui oriente l'aménagement physique de la Ville.

Ce plan se concrétisera au moyen de mécanismes tels que les budgets municipaux, l'élaboration de programmes, les études sur le transport local et les corridors de transport, des lignes directrices en matière de conception ou de pratique ainsi que des plans d'aménagement communautaire.

Orientations stratégiques

Le Plan directeur trace une vision axée sur neuf volets et 26 principes. Cette vision exprime de quelle façon le système de transport d'Ottawa peut contribuer à l'atteinte des objectifs généraux de la communauté et devrait être géré de façon redevable aux résidents et aux contribuables. Le Plan présente également les quatre lignes d'orientation stratégiques qui permettront de réaliser cette vision : miser sur les transports en commun, influencer la demande en transport, mettre à profit les ressources et nouer un partenariat communautaire.

La situation – aujourd’hui et demain

Le système de transport d'Ottawa regroupe des infrastructures piétonnières et cyclables, des services d'autobus conventionnels et adaptés, les lignes de transport en commun rapide du Transitway et du Service O Train, un réseau routier ainsi que des parcs de stationnement. Aux infrastructures de transport appartenant à la Ville viennent s'ajouter les autoroutes appartenant à la Province d'Ontario, les routes, les ponts interprovinciaux et les sentiers récréatifs de la Commission de la capitale nationale, un organisme du gouvernement fédéral. Il y a aussi un aéroport international et des aéroports généraux, des gares et des terminus d'autobus interurbains, deux traversiers et une gare de marchandises.

En 2001, à l'heure de pointe de l'après midi, on avait enregistré les données suivantes : un peu moins de 74 % des résidents d'Ottawa se déplaçaient en automobile comparativement à environ 15 % en transport en commun, près de 10 % à pied et près de 2 % à vélo. Depuis 1996, le taux d'achalandage du transport en commun a grimpé de manière constante et aujourd'hui, les résidents d'Ottawa se prévalent des services de transport en commun, en moyenne, plus souvent que les citoyens de toute autre ville de taille comparable en Amérique du Nord. Le réseau routier de la Ville sert également à l'importante industrie du camionnage.

On prévoit que les taux de population et d'emploi augmenteront de près de 50 % au cours des deux prochaines décennies et que les communautés urbaines en dehors de la Ceinture de verdure accueilleront 73 % des nouveaux résidents et 54 % des nouveaux emplois. Il en résulte que la demande globale de transport à l'heure de pointe de l'après midi, à laquelle devra répondre le système de transport d'Ottawa, augmentera de 58 %.

Afin d'atteindre les objectifs de gestion de la croissance de la collectivité, le Plan directeur cherche à réduire au minimum les besoins futurs en matière de construction de nouveaux tronçons routiers ou d'élargissement de tronçons existants tout en évitant des niveaux de congestion qui entraîneraient des conséquences inacceptables pour la qualité de vie des citoyens sous plusieurs aspects : délais encourus par les personnes et les marchandises, pollution de l'air et sécurité routière. Le Plan expose un objectif ambitieux en matière de répartition modale pour 2021, c'est à dire assurer 30 % des déplacements personnes en transport en commun à l'heure de pointe de l'après midi, ce qui correspond à peu près au double du pourcentage actuel. Les services de transport en commun veilleront à effectuer 50 % des déplacements personnes en provenance et à destination de la zone intérieure d'Ottawa (comparativement à 29 % en 2002), 34 % des déplacements à l'intérieur de la Ceinture de verdure (contre 17 %) et 36 % des allers retours à Gatineau (contre 16 %) à l'heure de pointe de l'après midi, dans le sens de la circulation de pointe.

Le Plan directeur expose également des objectifs ambitieux pour les déplacements à pied et à vélo : ces modes de déplacement seraient adoptés respectivement par 10 % et 3 % de la population en 2021, comparativement à 9,6 % et 1,7 % en 2001 (à noter que ces chiffres représentent des moyennes pour l’automne et seraient plus élevés en été et plus bas en hiver). Cela correspond à une hausse de 67 % du nombre de déplacements à pied et de 167 % du nombre de déplacements à vélo.

Malgré ce rôle accru dévolu au transport en commun, à la marche et au cyclisme, il reste qu'on peut s'attendre aux heures de pointe à un débit de circulation beaucoup plus élevé dans tous les corridors de transport importants.

La gestion du transport : Les clés du succès

La Ville fait appel à quatre grands secteurs d'intervention pour relever les défis de taille en matière de transport, à la fois pour encourager les changements désirés dans les choix exercés par les citoyens en matière de déplacements et pour mettre en place des services qui permettent de répondre à l'augmentation de l'achalandage du transport en commun et de la circulation automobile :

  • Aménagement du territoire. Comme le décrit en détail le Plan officiel, la Ville façonnera la dynamique de l'aménagement en encourageant des pôles de lotissements à usage mixte qui devront s'appuyer sur de bonnes pratiques de conception communautaire et de conception des lieux.
  • Gestion de la demande en transport. La Ville élaborera une Stratégie de gestion de la demande en transport faisant appel à des mesures de sensibilisation, de promotion et d'encouragement, souvent en partenariat avec des employeurs et d'autres organisations, afin de mettre en valeur les attraits des modes de transport autres que l'automobile, de créer dans la population une attitude favorable à l'égard de ces autres modes et d'encourager des comportements responsables au moyen de la communication de l'information et de mesures incitatives.
  • Gestion de l’offre de transport. La Ville veillera à optimiser le rendement et la capacité des réseaux de transport existants, afin de réduire les besoins d'aménager de nouveaux services et infrastructures, d'atteindre les objectifs liés à la transition vers d'autres modes de transport, de réduire au minimum les coûts de la congestion routière et de préserver la santé publique.
  • Nouveaux services et nouvelles infrastructures. La Ville mettra en place les infrastructures et services essentiels pour encourager la transition désirée vers d'autres modes de transport, prévenir les niveaux inacceptables de congestion et de délais, en plus de réduire au minimum la pollution de l'air et d'empêcher que les quartiers soient envahis par les automobiles.

La marche et le cyclisme

Des pratiques de gestion de la demande en transport et de l'aménagement du territoire devront être mises en application par la Ville afin de créer des milieux physique, social et culturel où la marche et le cyclisme sont à l'honneur. Un plan à l'intention des piétons sera élaboré pour répondre plus particulièrement aux besoins des piétons et proposer des solutions. Un plan sur le cyclisme sera également établi dans le même but. Le Plan directeur des transports prévoit un système bien intégré de trottoirs et de passages pour piétons qui soient sûrs et accessibles pour encourager la marche. De plus, il définit le Réseau de pistes cyclables en milieu urbain (carte 3), composé principalement de pistes cyclables sur rue, qui sera mis en place au fil des ans. Par ailleurs, la Ville, en collaboration avec la Commission de la capitale nationale, continuera d'implanter un réseau de sentiers récréatifs (cartes 1 et 2) pour faciliter les déplacements à pied et à vélo à des fins utilitaires ou de loisirs.

Le transport en commun

Le Plan directeur cherche à accroître à 30 %, à l'heure de pointe de l'après midi, le pourcentage des déplacements motorisés faits en transport en commun - soit, à peu près le double du pourcentage obtenu aujourd'hui, rejoignant ainsi le niveau atteint dans nombre de villes européennes.

Pour concrétiser cet ambitieux objectif, il faudra compter sur tout un éventail de mesures afin de rendre le transport en commun plus concurrentiel par rapport à l'automobile et de convaincre un grand nombre de personnes d'adopter le transport en commun comme premier mode de transport. Ces mesures sont essentielles pour empêcher une baisse de l'achalandage sous le niveau souhaité, ce qui entraînerait une augmentation des besoins en matière d'infrastructures routières, de la congestion et de la pollution de l'air. Les mesures à prendre serviront à : améliorer la forme d'aménagement; réduire l'importante offre de places de stationnement gratuites à des destinations de choix; sensibiliser davantage la population et gagner des appuis; garantir des règles du jeu équitables entre le transport en commun et l'automobile; mieux intégrer le transport en commun aux autres modes et, dans la mesure du possible, établir les priorités liées à l'aménagement de nouvelles infrastructures favorisant le transport en commun.

La Ville adaptera sa stratégie pour les services de transport en commun au fur et à mesure que de nouvelles lignes de transport rapide seront inaugurées, permettant le remplacement des circuits d'autobus à long trajet par des circuits locaux de rabattement dans de nombreux secteurs. Elle gérera ses normes de service de manière à tirer parti le plus possible de son parc de véhicules et de ses ressources humaines et à offrir des dessertes là où elles peuvent attirer le plus grand nombre d'usagers. Enfin, elle s'évertuera à maintenir ses tarifs à un niveau constant, en termes réels, tout en explorant des incitatifs financiers de nature à influencer la demande de manière positive.

La Ville continuera d'améliorer l'accessibilité de ses services conventionnels afin de mieux desservir les personnes ayant un handicap et de réduire la demande pour des services de transport adapté qui sont moins rentables. Tous les véhicules de son parc seront à plancher surbaissé d'ici 2015.

Les services de transport en commun reliant la région urbaine d'Ottawa aux communautés périphériques continueront d'être importants. Les dessertes interprovinciales en provenance ou à destination de Gatineau seront améliorées et renforcées. Là où leur nombre le justifie, les résidents des régions rurales d'Ottawa continueront de profiter de services de transport en commun directs et de parcs-o-bus. Par ailleurs, un certain nombre de transporteurs privés continueront d'exercer leurs activités dans les régions rurales d'Ottawa et de relier Ottawa aux municipalités avoisinantes du côté ontarien.

Puisque la majeure partie des circuits de transport en commun continuera d'utiliser le réseau routier, et compte tenu de l'accroissement attendu de la congestion routière, des mesures visant à donner la priorité aux véhicules de transport en commun deviendront un outil essentiel pour que les services de transport en commun demeurent concurrentiels. Parmi les mesures envisagées dans les corridors situés à l'intérieur du réseau de transport en commun prioritaire (carte 4), mentionnons les voies réservées aux autobus, la signalisation prioritaire et les sauts de files d'attente par les autobus. Les mesures préférentielles pour le transport en commun constituent également un bon moyen de rehausser le service dans les corridors de déplacements avant que soient implantées les infrastructures de transport en commun rapide.

Une vaste expansion du réseau de transport en commun rapide d'Ottawa (carte 5) marque le plus grand virage dans la stratégie de la Ville pour l'avenir du transport en commun. Mettant à profit la récente Étude sur l'expansion du transport en commun rapide, le Plan prévoit la construction de lignes de chemin de fer électrifiées à voies doubles sur 100 kilomètres, des prolongements du Transitway sur 42 kilomètres, en plus de 58 nouvelles stations de transport en commun rapide. En dernière analyse, le réseau de transport en commun rapide qui sera implanté pendant la durée de mise en œuvre de ce plan sera à peu près quatre fois plus étendu que le sont actuellement le Transitway et l'O-Train. Les stations de transport en commun rapide serviront de pôles pour les lotissements compacts à usage mixte et offriront une grande commodité aux passagers en correspondance. De plus, d'autres parcs-o-bus seront aménagés à proximité de ces stations.

Pour soutenir un tel accroissement du service de transport en commun, le parc de véhicules devra passer des quelque 900 véhicules d'aujourd'hui à environ 1 850 véhicules en 2021, à savoir près de 1 750 autobus à plancher surbaissé et 105 voitures de train léger de grande capacité. Pour abriter tous ces véhicules, on aura besoin de nouvelles installations d'entreposage et d'entretien.

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