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Le Prix de l'esthétique urbaine d'Ottawa 2015

Lauréats 2015

Prix du mérite : Aménagement des terrains intercalaires (bâtiments de moyenne ou de grande hauteur)

Édifice James-Michael-Flaherty

Édifice James-Michael-Flaherty. Aménagement des terrains intercalaires, bâtiments de moyenne ou de grande hauteur; prix de mérite.

L'édifice James-Michael-Flaherty au 90, rue Elgin est une tour de bureaux construite sur le site d'origine du Musée des beaux-arts du Canada.

Le bâtiment se déploie en deux blocs, avec son pavillon de 8 étages donnant sur la rue Elgin et sa tour en retrait de 17 étages qui s'harmonise au paysage urbain du centre-ville. La volumétrie, l'expression et les proportions s'intègrent à l'aménagement du boulevard de la Confédération et aux édifices en hauteur du quartier central des affaires d'Ottawa.

Fait important : le 90, rue Elgin respecte les principes du plan Gréber avec sa composition symétrique par rapport aux lignes du pont Mackenzie-King. Ainsi, il consolide la toile de fond d'un futur monument national sur le triangle au carrefour du pont Mackenzie-King et de la rue Elgin.

L'entrée principale rue Elgin offre un atrium de 4 étages qui se prête à l'exposition d'art public.
Le rez-de-chaussée est conçu dans le but d'encourager les activités et la vitalité au niveau de la rue, par l'intégration de zones commerciales, ainsi que d'améliorer et d'enrichir l'expérience urbaine pour les occupants et les visiteurs.

Équipe de projet

David McRobie, James Salem - David S McRobie Architects Inc.;
Martin Sparrow, Gerry Doering - DIALOG
James B. Lennox & Associates, architectes-paysagistes
Great-West, compagnie d'assurance-vie et Travaux publics et Services gouvernementaux Canada (promoteur du projet et propriétaire).

Commentaires du jury

M. A. : « Ce projet est l'un des rares à tenir compte des deux réalités et rythmes distincts de la ville, soit la circulation routière et celle des piétons. Sa composition axiale s'adapte simplement, mais efficacement à l'emplacement de l'édifice sur l'extrémité du pont Mackenzie-King, ce qui crée une perspective impressionnante à l'entrée d'Ottawa. Sa volumétrie, composée d'un pavillon de 8 étages dominé par une tour de 17 étages en retrait, respecte l'alignement des édifices voisins, mais améliore aussi efficacement l'expérience humaine dans la rue. »

C. P. : « La typologie de la tour surmontant un socle s'intègre particulièrement bien à la Cité parlementaire d'Ottawa. L'utilisation de la symétrie permet de compléter l'axe du pont Mackenzie-King. L'échelle, la matérialité et la proportion de la base respectent le contexte urbain environnant. La tour de verre est de facture solide, et l'utilisation très judicieuse de ce matériau a permis de concevoir un sommet de type "penthouse" qui semble couronner le bâtiment au crépuscule. Le projet renforce le caractère du secteur et fait le pont entre ses parties patrimoniale, au sud, et contemporaine, au nord. »

G. S : « Ce projet est une tentative d'interprétation moderne de l'architecture fédérale : tout en restant grave et symétrique, le bâtiment est plus animé et plus joyeux que les immeubles fédéraux du 20e siècle qui l'entourent. La symétrie des formes est mise en relief par la place prépondérante qu'occupe l'édifice par rapport au pont McKenzie King. Il y a possibilité d'aménagement urbain entre le centre-ville et les quartiers voisins, ainsi que le campus universitaire, situé à l'extrémité est du pont. »

Prix du mérite : Aménagement des terrains intercalaires (bâtiments de moyenne ou de grande hauteur)

Vibe

Vibe. Aménagement des terrains intercalaires, bâtiments de moyenne ou de grande hauteur; prix de mérite.

L'une des grandes idées à l'origine du réaménagement du parc Lansdowne était la création d'un « village urbain où l'on peut vivre, travailler et se divertir ».

Le Vibe est une tour résidentielle de neuf étages dotés d'une base à vocation commerciale. Le respect de l'esprit du quartier environnant est un principe important du plan directeur qui a guidé la conception du bâtiment.

La tour située à l'intersection est recouverte de lames de métal et de verre. Les cubes en saillie ainsi que les balcons et les fenêtres d'une grande originalité confèrent au bâtiment un caractère unique et une identité qui lui est propre. La tour est implantée en retrait de la base de façon à respecter les lignes directrices sur l'aménagement urbain concernant les « droits d'éclairement » et la continuité de l'échelle des bâtiments. Les platebandes en gradins font la transition entre les zones résidentielles et commerciales, en plus de donner l'impression d'un parterre de gazon. Le Vibe n'est pas le seul immeuble résidentiel de Lansdowne, ni le plus haut, mais il est considéré comme un joueur important dans le panorama du site.

Il bonifie le réaménagement du parc Landsdowne tout en respectant le tissu urbain du quartier et en contribuant au caractère spécial de ce secteur de la ville.

Équipe de projet

Barry J. Hobin, Doug Brooks, Marc Thivierge, Rheal Labelle, Doug van den Ham, Jeff Chaput - Barry J. Hobin & Associates Architects Inc.
Carmen Dragomir, Cassandra Richardson, architecte d'intérieur - esQape design Inc.
Mike Allen - Adjeleian Allen Rubeli Ltd.
André Drouin, Josephine Jordan - Smith + Andersen
Doublespace Photography
Minto Communities (promoteur du projet et propriétaire).

Commentaires du jury

G. W. : « L'édifice marque le passage d'un type de quartier à l'environnement sportif et commercial du parc Lansdowne. Il faut souligner la présence de la base de deux étages réservée à la vente au détail. »

C. P. : « Le Vibe a suscité beaucoup de discussions en raison de la mission qu'il s'est donnée de créer de l'activité au sein du bâtiment. J'ai l'impression que cette démarche n'était pas des plus nécessaires, parce que la conception de la base aurait pu mériter plus d'attention, de variété, d'ouverture et d'espaces publics. Toutefois, l'édifice est le vrai point d'accès au parc Lansdowne, et il est donc une pièce maîtresse de la revitalisation urbaine dans son ensemble. Sa densité et sa polyvalence sont ses points forts. Son rôle secondaire de balise pour le parc tempère et valorise la nature éclectique de l'édifice. Il donne au site un pouvoir d'attraction. Reste à voir si son importance persistera avec l'apparition de nouveaux immeubles aux alentours. »

G. S. : « En plus de son articulation hyperactive, le bâtiment affiche un mouvement prononcé de la masse et des retraits qui lui confèrent une forte présence. Sa façade intimement reliée à la rue et son ouverture à l'espace environnant témoignent du développement vibrant qui se crée dans ce secteur.  »

Prix du mérite : Aménagement des terrains intercalaires (bâtiments de faible hauteur)

Springfield Towns

Springfield Towns. Aménagement des terrains intercalaires, bâtiments de faible hauteur; prix de mérite.

Springfield est une série de maisons de ville modernes dans le quartier Lindenlea d'Ottawa.
Les trois unités de forme cohérente, simple et contemporaine respectent la volumétrie, les matériaux et l'environnement du voisinage. Le choix d'aménager le stationnement en bordure de la rue secondaire à l'arrière permet de conserver un espace attrayant et un paysage de rue accueillant pour les piétons. On trouve des restaurants, des commerces de détail, des supermarchés, des écoles et des parcs à proximité.

Springfield incarne le modernisme dans le quartier avec ses taches vives d'orangé qui rehaussent des formes de fenêtres uniques bien de 2015. Un peu plus haut que ses voisins, Springfield Towns ressort du lot tout en respectant la hauteur moyenne des bâtiments de la rue. Il s'agit aussi d'un projet certifié LEED Or.

Équipe de projet

Andrew Reeves, Jennifer Janzen - Linebox Studio Inc.
The Lake Partnership Inc. (constructeur)
Modbox Developments (promoteur et maître d'œuvre du projet).

Commentaires du jury

M. A. : « La force de ce projet est sa capacité de créer une zone intime, mais ouverte et conviviale, qui relie les domaines résidentiel et public. La distinction des matériaux permet cette transition simple et subtile, par opposition à des signaux plus forts comme des clôtures, des murs bas ou des haies. »

G. W. : « Un bon exemple de maisons de ville qui ajoutent de la vitalité à un quartier en tenant compte des éléments qui composent le tissu existant. »

C. P. : « Du point de vue du piéton, ce projet est "agréable". Niché dans une rue résidentielle, il est pensé en tous points pour la promotion d'une saine vie de quartier, ce dont témoignent l'aménagement de petits jardins dans la rue, la mise en retrait des stationnements et le renforcement des itinéraires de circulation des véhicules dans le quartier, le tout sans compromis quant à l'intimité des occupants. Trop de matériaux ont été intégrés à la construction, ce que j'ai trouvé distrayant sans y voir un point faible. Ce projet est un très bon exemple d'intensification modeste. Il a réussi à implanter l'architecture contemporaine dans une rue traditionnelle de façon très complémentaire et non contrastée. »

G. S. : « Ce projet d'aménagement intercalaire insuffle une sensibilité harmonieuse au milieu ambiant tout en affichant un design aux mouvements soigneusement étudiés. Une attention particulière a été apportée à des éléments tels que les jardins avant, la démarcation entre espace public et espace privé et l'intégration discrète du parc de stationnement, éléments qui apportent une touche moderne à l'architecture plus ancienne du lieu. »

Prix d'excellence : Aménagement des terrains intercalaires (bâtiments de faible hauteur)

Édifice Sir-John-A.-Macdonald

Édifice Sir-John-A.-Macdonald. Aménagement des terrains intercalaires, bâtiments de faible hauteur; prix de d’exellence.

L'ancienne Banque de Montréal (un édifice historique reconnu par le gouvernement fédéral) et un lot adjacent vacant à l'ouest ont été transformés en une nouvelle installation pour certaines fonctions parlementaires de la Chambre des communes. La conception de l'aménagement intercalaire et la rénovation ont permis de redonner à l'ancienne banque plutôt délabrée toute sa splendeur d'origine et de doter le lot vacant adjacent d'une architecture contemporaine. L'annexe est délibérément séparée de l'édifice historique par un atrium de verre en retrait de la rue Wellington, ce qui fait ressortir les éléments tridimensionnels de la composition existante du bâtiment. Le rez-de-chaussée du pavillon est aussi en retrait pour créer une petite avant cour où la transition depuis la rue Wellington en pente descendante jusqu'au rez-de-chaussée du complexe se fait de manière élégante par des escaliers et une rampe sans obstacle. On devait prévoir une zone de chargement dans la rue Wellington, à côté de l'entrée principale, ce qui a été fait adroitement par l'intégration d'une baie de chargement accessible aux véhicules dissimulée par un mur recouvert de bronze.

Les caractéristiques et le caractère de l'annexe sont inspirés d'une analyse de l'édifice à valeur patrimoniale, mais réinterprétés d'une manière complémentaire et contemporaine permettant de créer un lien approprié avec la banque et l'environnement parlementaire.

Équipe de projet

David Clusiau - NORR Limited
Mark Brandt, expert-conseil en patrimoine, Chris Warden - Mark Thompson Brandt Architect & Associates Inc.
John G. Cooke, Grazyna Materna, Jonathan Dee - John Cooke & Associates Ltd.
Gouvernement du Canada (promoteur du projet et propriétaire).

Commentaires du jury

M. A. : « Il s'agit d'un aménagement intercalaire intemporel d'une belle sobriété, qui se greffe merveilleusement à la Banque de Montréal d'origine en alternant les masses et les vides. Ses points forts résident dans certains des aspects les plus importants de l'architecture : composition élégante, choix d'une palette de matériaux parfaite et détails raffinés. »

C. P. : « L'édifice Sir-John-A.-McDonald est un ajout élégant à la rue Wellington ? il est en outre judicieux, distinctif, contemporain et contextuel. Les détails sont conçus avec soin et savoir-faire à l'aide de matériaux nobles comme la pierre et le bronze, mais de façon nettement contemporaine. La baie de chargement et la rampe sans obstacle sont habilement aménagées. Le bâtiment a aussi le potentiel de changer la dynamique dans la rue et de créer un nouveau rapport aux fonctions parlementaires, dont certaines activités sont visibles par le vitrage généreux qui fait le pont entre les deux sections et par la grande fenêtre panoramique du deuxième étage. Les bâtiments historiques fédéraux massifs n'ont manifestement pas souvent droit à cette nouvelle vie. »

G. S. : « Ce projet est un exemple d'aménagement intercalaire réussi avec la plus grande élégance; il respecte le caractère patrimonial de l'édifice auquel il est relié tout en le réinterprétant. Ce projet montre bien comment un travail d'aménagement contemporain peut se fondre au paysage de la colline parlementaire et le mettre en relief. »

Prix du mérite : Places publiques et espaces populaires

Carré Winston

Carré Winston. Place publiques et espaces populaires; prix de mérite.

Le carré Winston est le nouveau salon extérieur de la communauté de Westboro.
Située à l'intersection de l'avenue Winston et du chemin Richmond, et aménagée de façon harmonieuse entre la Légion royale canadienne, le Dairy Queen et The Piggy Market, cette ancienne impasse a été transformée en une nouvelle place publique. Le carré est délimité par des murs métalliques autoportants (recouverts de feuillage) dont les formes sont inspirées de la silhouette de maisons et de toitures qui se trouvent sur l'avenue Winston. Les nouvelles « façades » préservent le caractère et les proportions des maisons d'époque de Westboro tout en ceinturant le nouvel espace urbain où la communauté est à l'honneur.

La vigne vierge commune habillera ces murs de vert en été et de rouge en automne. L'hiver, les cadres galvanisés et les treillis métalliques seront visibles, ce qui accentuera la présence des façades et le câble de lumières à DEL fixé le long des toits tout autour du carré.
À l'automne, un « chandelier » féérique, conçu dans le cadre d'un concours d'art public de la Ville, remplacera le luminaire en tête de cobra.

Le carré Winston est une place polyvalente et divertissante pour les gens. En effet, on peut y organiser de nombreuses activités pour tous les âges, en toutes saisons.

Équipe de projet

Kaja Cerveny, Kelly Wojnarski - Douglas Associates Landscape Architects et Douglas Ruhland Associates Ltd.
Rick Cunliffe - Cunliffe & Associates
Guy-Olivier Mauzeroll - R.J. McKee Engineering Ltd.
Ville d'Ottawa (promoteur du projet et propriétaire).

David Lewis, l'un des visionnaires de la Place Winston

Commentaires du jury

G. W. : « Une surprise dans le tissu urbain qui favorise les rencontres et le sentiment d'appartenance. »

M. A. : « Ce projet montre qu'une intervention minimale et des plantes permettent de créer des espaces notables, à l'échelle du quartier, sur un lot vacant situé dans une impasse. L'aspect le plus réussi et créatif de ce projet est son programme architectural : un salon urbain et un espace polyvalent pour le yoga, la danse, les concerts et la peinture.»

C. P. : « Le carré Winston était un bon exemple de transformation. Les photographies ne permettent pas de bien s'imaginer le projet, qui se comprend mieux sur place. Ce petit espace au bout d'une rue résidentielle semble structurer tant les maisons qui la bordent et que la rue commerciale prospère au point de vue des piétons. Les interventions étaient judicieuses, avec l'installation de bancs aux extrémités et d'écrans cachant les installations de services publics tout en permettant l'entreposage d'un mobilier extérieur et la croissance de la verdure dans l'environnement urbain. On y voit un endroit propice aux fêtes de quartier, aux petits marchés de rue ou aux prestations de musique (une personne y avait installé un piano). Le projet a transformé un espace intercalaire inutilisé, et l'intention de créer un "salon" a été bien respectée. »

G. S. : « Tirant parti du désir d'aménager une voie piétonnière entre une rue marchande et les quartiers voisins, ce projet montre comment on peut transformer un vide entre deux espaces en un lieu de rassemblement urbain.
Cet endroit polyvalent ne se limite pas à un espace piétonnier : il combine salon extérieur, coin piano public, oasis de verdure et référence à la forme bâtie avoisinante. »

Prix d'excellence : Places publiques et espaces populaires

Sculptures Art of Rock Balance

Sculptures Art of Rock Balance. Places publiques et espaces populaires; prix d’excellence.

Situées au bord de la rivière des Outaouais dans le parc des rapides Remic, les sculptures de pierres équilibrées (Art of Rock Balance) offrent une expérience artistique participative et exploratoire gratuite au grand public qui peut marcher parmi les formes sculptées semi-abstraites le long des pierres plates qui jonchent les berges. Les sculptures sont construites en harmonie avec leur environnement, naturel et spectaculaire, et leur aspect social et esthétique, tout comme l'atmosphère invitant à la contemplation du site, attirent des Ottaviens de cultures diverses.

Le site se trouve près d'une piste cyclable et d'un sentier pédestre très fréquentés le long de la rivière des Outaouais. On y trouve un amphithéâtre de roches naturelles naturel donnant sur le cours d'eau où les couchers de soleil sont spectaculaires.

La plupart des sculptures représentent des personnages et leurs interrelations, mais d'autres ressemblent à des oiseaux. Elles ont été faites à la main, puis équilibrées et stabilisées avec de petites cales de maçonnerie, de façon à offrir une expérience artistique sécuritaire au public. Le projet vise à stimuler les rapports environnementaux, esthétiques et sociaux dans un paysage naturel et de bonifier la richesse « écologique » de la ville pour ses résidents.

On compte parmi les programmes publics offerts des ateliers d'improvisation gratuits parmi les pierres équilibrées, et une partie du site est réservée à la création publique de sculptures en pierres.

La valeur historique du site est énorme, par exemple pour son empreinte géologique riche en fossiles. L'histoire des lieux est clairement associée aux peuples autochtones et aux explorateurs français en raison des sentiers de portage encore visibles. Le site des sculptures de pierres équilibrées attire aussi de nombreux groupes qui pratiquent le yoga acrobatique, la méditation ou le tai-chi, ou encore qui s'intéressent à la santé et à l'environnement, ainsi que des touristes du monde entier.

Le terrain et entretenu et géré par la Commission de la capitale nationale.

Équipe de projet

John Felice Ceprano (artiste)
Isabelle Hughes, Michael Muir - Commission de la capitale nationale
Angelo Filoso - Centre communautaire italo-canadien de la région de la capitale nationale
Ottawa Rock Art Inc. (promoteur du projet et propriétaire).

Commentaires du jury

M. A. : « "Construisez, et les gens viendront". Bien que les berges de la rivière des Outaouais (parc des rapides Remic) soient un superbe site naturel, c'est l'ajout de cette installation poétique, cyclique et participative qui transforme l'espace en un lieu où les gens veulent se réunir. Les sculptures de pierres en évolution nous rappellent non seulement notre propre nature cyclique et éphémère, mais créent aussi un lien fort avec la ville en arrière-plan, également une construction humaine. »

C. P. : « Ce projet était ma candidature préférée, et la visite du site ne déçoit pas. Il donne tant de sens au lieu qu'il est propice aux activités sociales, comme les performances artistiques, et inspire les gens qui tentent d'équilibrer des pierres... ce qui crée un vrai dialogue avec le site. L'intervention cyclique et temporelle évolue au rythme des saisons, de l'activité humaine et des marées. C'est une expérience presque spirituelle. »

G. S. :« Cette excellente soumission transcende la tradition du design urbain en ce sens que la sculpture s'intègre intimement au paysage dans lequel elle s'inscrit. Bien que l'environnement dans lequel elle se situe soit le plus naturel et le moins urbain des environnements des autres projets, la sculpture entretient un rapport étroit avec ce qui fait Ottawa : géographie de la rivière, rivage, espace ouvert, silhouette familière de la ville et présence de cultures actuelles et passées. »

Prix du mérite : Visions et plans directeurs

Plan du domaine public du secteur Rideau/Arts

Plan du domaine public du secteur Rideau/Arts. Visions et plans directeurs; prix de mérite.

Le domaine public du secteur Rideau/Arts est un secteur du centre-ville connaissant d'énormes changements en raison des multiples projets en cours, comme la construction de la Ligne de la Confédération, la revitalisation du Centre Rideau, l'agrandissement de la Galerie d'art d'Ottawa et de la Cour des arts, l'ouverture du Centre Shaw, les investissements réguliers dans le campus de l'Université d'Ottawa ainsi que les aménagements résidentiels et commerciaux.

Par conséquent, une occasion unique de doter ce secteur d'un plan général du domaine public s'est présentée.

Le Plan du domaine public du secteur Rideau/Arts orientera la mise en œuvre des améliorations au domaine public, en particulier la revitalisation du paysage de rue de la principale destination magasinage au centre-ville d'Ottawa (la rue Rideau et le Centre Rideau). Le domaine public reflète un paysage de rue de grande qualité digne du rôle crucial du secteur, qui agit comme un lien entre certaines des attractions de premier plan d'Ottawa. On recommande de donner plus d'espace aux piétons en priorité, de réduire la largeur des rues au besoin, d'améliorer les voies cyclables et la sécurité des cyclistes, de planter beaucoup plus d'arbres et de faciliter la circulation des autobus.

Équipe de projet

David Leinster - The Planning Partnership
Ron Clarke - Parsons Corporation
Ken Greenberg - Greenberg Consultants
Ville d'Ottawa, Cadillac Fairview (promoteur du projet et propriétaire).

Commentaires du jury

C. P. : « Les objectifs du plan directeur de créer des liens piétonniers jusqu'aux principaux sites du centre ville sont louables et des plus nécessaires. Le canal en soi représente une attraction, mais aussi une division entre les secteurs, la circulation routière constante représentant également un obstacle. Le fait d'améliorer l'expérience des piétons en réduisant la largeur des rues, en élargissant les trottoirs et en aménageant des voies cyclables est une mesure vraiment positive qui facilite l'accès au secteur, particulièrement avec la circulation liée au Centre des congrès. La mise en œuvre du plan directeur semble réellement bénéficier du nouvel aménagement et du train léger pour ce qui est de redéfinir le paysage de rue de la ville. Il est toutefois difficile d'évaluer la réussite du plan à partir de seulement quelques éléments réalisés, malgré les bonnes intentions. On pourrait améliorer le plan en prolongeant la bande cyclable jusqu'à l'Université d'Ottawa, ce qui nécessiterait l'ajout d'une séparation physique. C'était un point important à souligner, comme il n'était pas possible d'examiner le Plan du domaine public du secteur Rideau/Arts sans tenir compte du plan de l'Université d'Ottawa. Les deux sont liés, et leurs succès sont interdépendants; c'est pourquoi il faut accorder plus d'importance au lien jusqu'à l'Université d'Ottawa. »

G. S. : « Le secteur visé par cette soumission comprend certains des carrefours les plus vitaux d'Ottawa, mais aussi les moins ouverts aux piétons et aux cyclistes. Bien qu'il reste beaucoup à faire, l'aménagement urbain que propose cette soumission constitue une étape importante pour résoudre la situation actuelle et rehausse la qualité de l'environnement visé pour tous les utilisateurs. Au vu de deux autres soumissions incluses dans le programme de cette année (et présentées plus haut), il faut accorder une attention particulière à une composante essentielle du Plan : le pont McKenzie King, qui forme un point de jonction important entre l'Édifice James Michael Flaherty (et par conséquent le centre-ville) et le campus de l'Université d'Ottawa. Des efforts doivent être déployés pour assurer la continuité entre le Pont et l'avenue Laurier est et aménager des voies piétonnières et cyclables de haute qualité entre le campus et le centre-ville. »

Prix du mérite : Visions et plans directeurs

Plan directeur de l'Université d'Ottawa

Plan directeur de l’Université d’Ottawa. Visions et plans directeurs; prix de mérite.

L'Université d'Ottawa est reconnue à l'échelle nationale et internationale comme l'une des meilleures universités au pays. Située en plein cœur du centre-ville d'Ottawa, elle contribue grandement à l'économie, à la culture et à la qualité de vie de la capitale du Canada. Le plan directeur de l'Université d'Ottawa orientera l'évolution de son campus, en fournissant un cadre pour l'aménagement de bâtiments, d'espaces ouverts et d'infrastructures qui le rendront aussi invitant que mémorable.

Par la création de carrefours communautaires complets dotés d'une gamme de commodités et de grands espaces, le plan favorise un sentiment d'appartenance envers l'Université, où l'on ne fera pas que suivre des cours, mais où l'on restera aussi pour échanger, manger, dormir, étudier, assister à des événements sportifs et profiter des arts et de la culture. Au cœur du campus, la nouvelle place publique, qui devrait être achevée à l'automne 2015, sera un site emblématique d'une grande beauté où les gens pourront se rencontrer et prendre part à des événements spéciaux.

Bientôt interdit aux voitures, le centre du campus sera écologique et convivial pour les piétons, ce qui en fera un endroit idéal pour profiter des installations et activités et participer à des événements culturels. De plus, de nouvelles pistes cyclables viendront s'ajouter au réseau cyclable de la ville. Les futures stations de train léger uOttawa et Lees seront quant à elles intégrées au campus, et l'accès à celles-ci sera amélioré tant pour la population universitaire que les résidents d'Ottawa en général.

Le plan respecte par ailleurs la nature des quartiers résidentiels environnants. À mesure que le campus principal sera réaménagé, son lien avec Côte-de-Sable sera resserré; l'avenue King Edward, par exemple, deviendra une rue dynamique à usage multiple, alors que l'avenue Henderson conservera son caractère résidentiel marqué.

Équipe de projet

George Dark, Eric Turcotte, Tim Smith, Sirous Ghanbarzadeh, Inger Jenset, Julia Cziraky - Urban Strategies Inc.
Ron Jack, Kate Whitfield - Parsons Corporation
Université d'Ottawa (promoteur du projet et propriétaire)

Commentaires du jury

C. P. : « Les villes axées sur le progrès se penchent sur des plans directeurs de campus urbains qui tirent avantage des synergies possibles entre les étudiants et le reste de la population. Le plan de l'Université d'Ottawa se démarque par sa façon de dynamiser le quartier en renforçant l'identité du campus et en protégeant certains de ses espaces principaux, mais aussi en permettant les utilisations conjointes polyvalentes. Il est ainsi susceptible d'engendrer une relation symbiotique saine entre l'énergie de l'endroit, la communauté universitaire et tout ce que la ville a à offrir, que ce soit sur les plans des services, de la culture ou des industries. Ce plan ne pourrait toutefois être envisagé indépendamment du Plan du domaine public du secteur Arts, dont le succès est difficile à évaluer, le projet n'étant que partiellement terminé. S'il y a un aspect de ce dernier qui soulevait des questions, c'est la pelouse devant le pavillon Tabaret; on craignait en effet que les clôtures ne demeurent pas en place, ce qui nuirait à la circulation. Cela dit, les rues piétonnes se sont avérées bien aménagées. »

G. S. :« Le Plan directeur du campus de l'Université d'Ottawa cherche à rehausser les bâtiments de l'Université et leur identité physique, à créer un espace viable à long terme et à intégrer le lieu à l'environnement plus global de la ville sans négliger pour autant l'état actuel de l'emplacement. Du fait du développement progressif de l'Université et de sa proximité avec le centre-ville, le plan devrait être approfondi si on veut en réaliser le plein potentiel. Il faudrait notamment donner un aspect attrayant et animé au côté nord-ouest du campus et tirer pleinement parti de la vision présentée dans le Plan du domaine public du secteur Rideau/Arts. »

Prix de l'excellence : Visions et plans directeurs

Parc Lansdowne et domaine public

Parc Lansdowne et domaine public. Visions et plans directeurs; prix d’excellence.

Le parc Lansdowne est constitué d'une gamme d'espaces de toutes tailles aménagés avec la flexibilité en tête, que ce soit pour accueillir les résidents au quotidien ou divers événements spéciaux tout au long de l'année, ce qui lui permet de retrouver son riche éventail d'expositions et d'activités.

Débouchant sur la rue Bank depuis son centre, le parc comprend la place des activités, alignée sur le pavillon Aberdeen; le square Aberdeen (au nord du pavillon), un espace urbain polyvalent où se tient le marché frais d'Ottawa; la terrasse est (à côté du pavillon), un espace extérieur destiné aux plus petits événements; les jardins municipaux, un hommage aux richesses horticoles d'Ottawa dont le verger patrimonial, situé dans la boucle de la navette, est agrémenté de pommiers patrimoniaux et de tables de pique-nique; une patinoire réfrigérée qui permet de s'amuser en hiver et qui accueille des activités comme des parties de basketball en été; un jardin pour enfants axé sur les goûts des préadolescents, doté d'un petit terrain de planche à roulettes, d'aires communes colorées, d'un gros mur d'escalade vert, d'un mur pour dessiner à la craie (qui cache les installations mécaniques du parc) et d'un cercle d'apprentissage; la terrasse sud, qui s'étend comme un grand porche du pavillon jusqu'à la pelouse et au canal et qui est composée d'îlots de verdure regorgeant de sièges espacés, ce qui en fait un lieu idéal pour les rencontres dans un cadre plus intime; la Grande pelouse, l'espace vert principal du parc, où les gens peuvent autant venir pique-niquer en famille qu'assister à des événements accueillant 15 000 personnes; et une plaza d'eau, qui longe l'est de la Grande pelouse et qui est entourée d'un banc de 100 mètres donnant sur l'œuvre Éminence.

Un réseau de chemins et de places publiques s'étend par des zones d'urbanisation diversifiée jusqu'à la rue Bank, reliant le quartier au canal Rideau. Dans le parc comme dans ces zones, la priorité est donnée aux piétons, et les automobilistes sont considérés comme des « invités ». Les visiteurs ont accès à des sentiers partagés et à de grands stationnements pour bicyclettes partout sur le site. On prévoit de plus accroître le nombre d'entrées du parc en aménageant des points d'accès depuis le canal.

À cela s'ajoute l'intégration d'éléments d'interprétation qui permettent de découvrir l'histoire des Algonquins. Les motifs du pavé du square Aberdeen sont inspirés de ceux des paniers de frêne, le cercle d'apprentissage dans le jardin pour enfants comporte des sièges aux couleurs de la roue de médecine en plus d'être entouré de textes évoquant les enseignements des sept grands-pères et de sept arbres qui leur sont associés, et des plantations ethnobotaniques sont intégrées aux jardins d'interprétation et à d'autres jardins partout dans le parc.

Tous les aspects du parc sont par ailleurs conçus en fonction des principes de l'accessibilité universelle, qu'on pense aux chemins bien indiqués, aux sièges avec dossier, à la signalisation tactile sous forme de bandes de pavés ou aux indications en plusieurs langues, dont l'anishinaabemowin et le braille.

Équipe de projet

Greg Smallenberg, Jeffrey Staates - PFS Studio
Julian Smith - Julian Smith & Associates, architectes
Jill Anholt - Jill Anholt Studio
Larry Morrison - Stantec
Ville d'Ottawa (promoteur du projet et propriétaire)

Commentaires du jury

M. A. : « Bien que le parc Lansdowne soit très grand, on y a aménagé avec succès une série de lieux intimes à usage multiple, et il est facile de passer de l'un à l'autre par des chemins de différentes tailles à la dénivellation peu marquée. »

C. P. : « L'étendue et les retombées de ce projet étant plus impressionnantes encore que le parc lui même, nous l'avons fait passer de la catégorie Domaine public à celle de Plans directeurs. De fait, c'est un projet qu'il faut prendre le temps d'analyser, car la présentation seule ne lui rend pas justice. Le parc a été conçu selon une approche globale complète tenant compte des édifices historiques, des systèmes naturels, des activités récréatives, des jardins communautaires ainsi que de considérations écologiques et esthétiques. On a d'ailleurs résolu le problème du stationnement lors d'événements de brillante façon. De plus, on a diligemment renforcé les délimitations entre les différentes zones pour créer des lieux intimes propices aux activités du quotidien comme aux grands rassemblements. Combiné à l'intensification résidentielle environnante, à la revitalisation du stade et à la révision des dispositions de zonage ? aspect essentiel ?, le parc est un succès tant sur le plan de la collaboration que sur celui de la planification et de l'exécution. »

G. S. : « Cette soumission est un excellent exemple de revitalisation accomplie sur tous les plans : social, culturel, physique et économique. Elle illustre parfaitement le concept d'«usage polyvalent » : c'est un mélange vibrant d'espaces résidentiels, commerciaux, récréatifs, citoyens et verts. La priorité accordée aux piétons est évidente dans ce projet caractérisé par des voies piétonnières de grande qualité. L'échelle et le déploiement progressif des formes bâties sont tout particulièrement remarquables. »

Prix de l'excellence : Éléments urbains

Place TD – The Veil

Place TD – The Veil. Éléments urbains; prix de mérite.

Inspirées du concept de « stade au sein d'un parc », les grandes tribunes sud de la Place TD ont été reconstruites de façon à mettre le bois à l'honneur. En plus d'évoquer le passé de la capitale nationale en tant que ville forestière, ce matériau rend hommage au canal rideau, qui à l'époque jouait un rôle clé dans le transport du bois et des biens commerciaux.

Plutôt que d'être un monument statique isolé de son environnement immédiat, le stade a été conçu comme une entité exubérante qui s'intègre de façon dynamique au parc. Cette vision se reflète notamment dans le lieu de confluence qui entoure le stade et permet aux visiteurs d'y circuler sans même quitter le parc.

Les gradins sud sont entourés d'une structure ondulée, le « voile », qui dès le début du projet a été imaginé en bois de cyprès jaune de l'Alaska. Sa charpente est faite de protubérances, lesquelles sont disposées à intervalles réguliers et s'ouvrent à différents moments pour offrir une vue exceptionnelle sur le parc et le canal Rideau, donnant ainsi aux spectateurs l'impression de se trouver à la fois dans le stade et dans le parc.

La conception de la Place TD s'éloigne grandement de l'idée habituelle selon laquelle un stade est un édifice inerte; on a plutôt traité l'architecture comme une œuvre artistique temporelle et dynamique axée sur les événements, où les visiteurs et la forme bâtie ne font qu'un. Les nouveaux gradins sud ont donc été faits de façon à émerger du parc, ce qui est le plus manifeste dans la forme du voile. En plus d'être l'élément distinctif du stade, ce dernier joue le rôle de phare en guidant les visiteurs à bon port. Par sa transparence, sa porosité, son accessibilité et son nouveau programme, il favorise un puissant sentiment d'appartenance envers l'environnement pittoresque aux alentours.

L'idée était de créer une nouvelle image qui rehausserait l'histoire, l'identité et la vitalité du parc Lansdowne aux abords du canal, transformant ainsi le « stade au sein d'un stationnement » en un véritable « stade au sein d'un parc».

Équipe de projet

Robert Fatovic, Yasmeen Bebal, Kevin Hinchey - CannonDesign
Robert Claiborne, projeteur, auparavant avec CannonDesign Ltd.
Guillermo Gabrielli - Groupe WSP Global
David Moses - Moses Structural Engineers
André Drouin, Dan Larson - Smith + Andersen
Brock Strapper, BAi LLC (audiovisuel)
Philippe Goulet - Pomerleau (entrepreneur)
Ville d'Ottawa, Ottawa Sports and Entertainment Group (OSEG) (promoteur du projet et propriétaire)

Commentaires du jury

M. A. : « Le voile en bois de la Place TD est une réussite, qu'on l'observe de près ou de loin : il fait office de structure emblématique pour les automobilistes qui défilent et d'enceinte raffinée en filigrane pour les spectateurs du stade, à qui il offre une vue sur le canal Rideau. Voilà une talentueuse réinterprétation de la conception hermétique et centrée sur le terrain que l'on adopte habituellement pour les stades. »

C. P. : « Ce projet est une solution élégante et artistique au "problème de poids" des stades, et il fait particulièrement belle figure aux abords du canal Rideau. The Veil est poétique, délicat, et fluide à souhait. Nous avons reçu de nombreuses candidatures intéressantes dans la catégorie, et le succès qu'est The Veil a permis à la Place TD de surpasser le projet Surfaces en mouvement, lequel mérite d'être reconnu, mais a peu changé sur le plan de l'effet visuel. La Place TD crée une impression plus forte et plus nuancée, selon une envergure appropriée, et elle met le canal en valeur. Petit bémol, le bois du voile a vieilli et est devenu gris, ce qui est voulu et peut donner un joli résultat, mais rend ici la structure difficile à discerner de certains angles, car elle se confond avec le ciment à l'arrière. »

G. S. : « Ce projet réussit à relever un défi écrasant : transformer un stade austère en une structure aux formes légères et élégantes qui rappellent la fluidité du canal Rideau dont elle longe le rivage. L'aménagement fait de cette installation de grande importance pour la population une sculpture gracieuse qui se fond au paysage tout en répondant aux besoins propres à une grande structure. Ce design de marque témoigne avec brio de la revitalisation de l'un des emplacements les importants d'Ottawa. »

Prix de l'excellence : Éléments urbains

Tortues mouchetées des hautes terres de South March

Tortues mouchetées des hautes terres de South March. Éléments urbains; prix d’excellence.

L'idée derrière cette œuvre d'art publique est de sensibiliser les gens aux tortues mouchetées, une espèce en voie de disparition que l'on trouve juste à côté de la bibliothèque de Beaverbrook, dans les hautes terres de South March. En 2013, un rapport sur la conservation de la tortue mouchetée a révélé qu'il serait possible de la sauver, mais qu'il faudrait améliorer nos connaissances à l'échelle locale et mondiale et sensibiliser la population à la cause.

Treize tortues en béton ont donc été installées à l'entrée de la bibliothèque et du Centre John Mlacak. Sur chacune d'elles est gravé le nom d'un mois du calendrier algonquin, soulignant la croyance selon laquelle chacune des treize plaques de la carapace de l'espèce représente une lune d'une année de lune bleue. La grande murale en arrière-plan sur le mur de la bibliothèque met aussi en scène treize tortues dans leur environnement naturel de South March.

En plus de sensibiliser la population à la conservation de la tortue mouchetée, Christopher Griffin a voulu créer une installation amusante et interactive pour les enfants et les adultes qui fréquentent la bibliothèque et le centre récréatif adjacent. D'après les employés, les tortues sont toujours assaillies d'enfants; il est d'ailleurs rare que l'un d'eux passe à côté des sculptures sans les toucher, les flatter, grimper dessus... bref, sans y prêter attention. Les élèves de l'école secondaire à proximité ont même une tortue préférée sur laquelle s'asseoir pour dîner!

L'application du béton sur les sculptures a été rendue possible grâce au travail de 48 bénévoles locaux. Les traces de leurs doigts et leur « touche humaine » seront toujours visibles, favorisant ainsi le sentiment de communauté et l'attachement à l'endroit de l'œuvre. Plus grandes que nature, mais d'une taille permettant les interactions, les tortues complètent bien la murale, et vice-versa. Résultat : un environnement éducatif unique, une expérience rafraîchissante, voire magique, et un ajout spectaculaire à l'environnement urbain.

Équipe de projet

Christopher Griffin - Christopher Griffin Art Studio
Emmanuelle van Rutten - Moriyama & Teshima Architects
Bill Riseborough - Constructive Behaviour
Bibliothèque publique d'Ottawa, Ville d'Ottawa (promoteur du projet et propriétaire)

Commentaires du jury

M. A. : « Cette installation est très efficace sous plusieurs angles. À sa plus simple expression, elle constitue une rencontre magnifique, évocatrice et surprenante quand on entre dans la bibliothèque, et nul doute que la file de tortues inspire les histoires les plus loufoques aux enfants. De plus, en tant qu'œuvre d'art, elle possède des qualités matérielles et tactiles remarquables. Dernier point, et non le moindre, l'installation sensibilise le public à la culture des Premières Nations et aux nombreuses menaces à notre environnement naturel. »

C. P. : « Amusante et robuste, cette installation est très charmante. Elle maximise le potentiel d'une œuvre d'art publique, c'est-à-dire qu'elle attire la curiosité, raconte une histoire et crée de nouvelles expériences. Les sculptures et la murale sont tout à fait complémentaires, leur forme cohérente témoignant du potentiel et de la flexibilité du moyen d'expression. Installée devant une bibliothèque à l'achalandage important, cette œuvre « pour toute la famille » crée une forte impression. »

G. S. : « Cette charmante installation évoque avec éloquence le drame des espèces en voie d'extinction tout en suscitant la réflexion et la curiosité des personnes de tous âges. L'installation agit à de très nombreux niveaux. Elles se composent de tortues qui mènent vers l'entrée d'une bibliothèque et sur lesquelles les gens peuvent s'asseoir pour lire ou se reposer. La murale aux motifs gravés présente l'œuvre avec autant de simplicité que d'élégance. Le concept est d'autant plus convaincant qu'il ne tombe jamais dans la parodie du dessin animé. »

Prix du mérite : Projets étudiants

Milieu

Milieum une application logicielle, axée sur les médias sociaux et les données, qui démocratise la planification et le développement urbains. Projets étudiants; prix de mérite.

Milieu est une application logicielle, axée sur les médias sociaux et les données, qui démocratise la planification et le développement urbains. L'objectif de ce projet est de multiplier les occasions de participation du public et de favoriser des changements qui aideront les villes à surmonter les défis auxquels elles font face par la création de meilleures œuvres urbaines et architecturales.

En milieu urbain, les projets abandonnés en cours de construction abondent. Hautement estimés, mais de plus en plus rares, les projets innovateurs qui répondent aux besoins des villes restent en demande. Or, à l'ère de l'urbanisation, et de la montée en flèche des données ouvertes et des technologies de l'information et des communications (TIC), les villes évoluent, mais les processus de planification et de développement sont dépassés.

Les espaces abandonnés peuvent-ils trouver une utilité? La population peut-elle contribuer au processus de planification et de développement, voire de construction, de la ville de demain?

Bref, le défi consiste à créer de nouvelles plateformes de TIC pour les données ouvertes et à faciliter la participation du public à la planification et au développement urbains. Pour ce faire, on doit mettre en place des conditions où priment la transparence, la prévisibilité et la responsabilité, et ce, en déployant des outils servant à informer, mobiliser et outiller la population.

Équipe de projet

Lee-Michael Pronko, Thaly Crespin, Luisa Lu Yao Ji, Ema Graci - Université Carleton

Commentaires du jury

M. A. : « Ce projet représente tout ce à quoi on peut s'attendre de la nouvelle génération : la capacité à faire évoluer le domaine de l'architecture et à tirer profit du pouvoir infini des plateformes numériques pour créer de nouvelles manières d'encourager la collaboration à grande échelle. Voilà un rappel rafraîchissant que nous construisons les villes en fonction des citoyens, et que leur voix donne un sens au travail des architectes et des urbanistes. »

C. P. : « Dans le contexte des Prix de l'esthétique urbaine, ce projet est innovateur et réalisable. Il montre comment les besoins, les rétroactions et la participation de la population, ainsi que l'adoption d'une culture axée sur la créativité, peuvent orienter l'aménagement des villes. »

Prix de l'excellence : Projets étudiants

6 Homes for Canadians

6 Homes for Canadians. Project étudiants; prix d’excellence.

Les banlieues demeurent populaires, et de récents projets d'aménagement sont conçus selon une approche plus novatrice, avec des aménagements intercalaires, des habitations donnant sur une ruelle ou des immeubles d'appartements de faible hauteur qui prennent la place des unifamiliales. En analysant un pâté de maisons du quartier Alta Vista, on se rend compte que les tendances décrites dans le livre 67 Homes for Canadians, publié en 1948 par la Société canadienne d'hypothèques et de logement, témoignent d'une vision dépassée pour les familles canadiennes.

Le projet 6 Homes for Canadians met de l'avant l'idée d'une allée traversant le centre d'un pâté de maisons qui comprend les six types de ménages que l'on trouvait dans le Recensement du Canada de 2011. Les logements sont surélevés et liés les uns aux autres pour aider les résidents à lutter contre l'hiver canadien et pour rappeler les liens communautaires formés dans les banlieues il y a de cela 60 ans.

Équipe de projet

Desirae Cronsberry - Université Carleton

Commentaires du jury

M. A. : « Voilà une analyse fort intéressante et rigoureuse. Ancrée dans l'histoire et pragmatique, elle présente de façon convaincante de nouveaux modèles théoriques de logements fondés sur de multiples paramètres, comme les profils démographiques et la consommation énergétique. Elle soulève de plus la question de l'aptitude qu'ont les architectes à résoudre seuls des problèmes à volets multiples du même genre, illustrant par le fait même la nécessité d'une approche multidisciplinaire pour les projets et la recherche dans le domaine. »

C. P. : « Desirae Cronsberry a présenté de façon très convaincante un projet méthodique qui était le fruit de beaucoup de recherche et d'imagination et dont le but était de suggérer une solution à l'étalement suburbain en réponse au désir qu'ont les gens de faire construire leur maison et d'en être les propriétaires. Dès le départ, Desirae a porté un regard critique sur le développement suburbain et la culture de la propriété, puis elle a réexaminé les besoins en fonction des tranches d'âge et proposé des édifices simples pouvant être personnalisés et adaptés selon différents aménagements intercalaires. Elle a fait preuve d'une grande rigueur, a bien présenté le résultat de ses recherches, a appuyé sa démarche sur un précédent historique et a conçu un visuel adéquat et ingénieux. Bref, elle a su jouer sur la nostalgie des années 50 et l'esthétique des guides d'utilisation et des affiches destinés à monsieur Tout-le-Monde pour mettre en lumière une critique du développement suburbain. »

G. S. : « Cette soumission exprime un point de vue neuf et provocant sur la disponibilité du logement dans la dynamique actuelle des villes et des familles canadiennes. En même temps qu'il conteste et dépoussière les vieilles présomptions, le projet repense la vision d'ensemble en lui opposant l'expérimentation sur le terrain dans le contexte réel de la ville d'Ottawa. Il concilie adroitement les aspects individuels et communautaires et accorde une place de même importance aux questions sociales, culturelles, environnementales et économiques. »