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Forum sur l’urbanisme 2017

Merci à tous ceux et celles qui ont assisté à l'événement ou regardé la webdiffusion de Synapcity . Les réponses à vos questions non répondues lors du groupe de discussion sont ci-dessous.

Une photo de la nouvelle salle O’Born du Centre national des arts avec la vue du Château Laurier. Le texte, Forum sur l’urbanisme, est surimposé sur la photo.

Le mardi 17 octobre
Centre national des Arts, Salle O’Born
1 rue Elgin, Ottawa, ON K1P 5W1
De 13 h à 16 h. Bureau d’accueil ouvert à 12 h 30

Êtes-vous passionné d'Ottawa? 

Nous vous invitons à participer, avec différents organismes et acteurs dans le domaine de l’urbanisme, à un après midi de discussions, d’activités de réseautage et d’échanges stimulants.

Organisé par la Ville d’Ottawa dans la nouvelle annexe du Centre national des Arts, ce forum vise à permettre, aux organismes qui exercent leurs activités dans le domaine de l’urbanisme, à nouer des liens de collaboration au cours de cette période de transformation sans précédent pour notre Ville. Nous vous invitons à venir faire connaissance avec des collègues tous motivés par les mêmes visées et la même passion pour l’urbanisme!

De légers rafraîchissements seront servis.

Notre animatrice:

Mme Jan Harder, conseillère de la Ville d’Ottawa pour le quartier 3 (Barrhaven) et présidente du Comité de l’urbanisme

Comptant à son actif plus de 20 années de service aux résidents de Barrhaven à titre de représentante municipale, Jan Harder se plaît souvent à dire qu’elle a passé la plus grande partie de sa vie comme employée du secteur du service à la clientèle, ce qu’elle continue de faire. 

Jan était une professionnelle des affaires prospère avant d’être élue à l’ancien conseil municipal de Nepean en 1997 et elle est maintenant une chef de file reconnue du Conseil qui est fière de résider à Barrhaven depuis plus de 30 ans.

Jan est devenue une bâtisseuse et une championne communautaires, et elle a aidé à la croissance de Barrhaven et d’Ottawa, et au soutien de celle-ci, en travaillant avec des dirigeants locaux et nationaux du monde des affaires ainsi qu’avec le personnel municipal afin d’obtenir l’infrastructure nécessaire. Elle croit que la meilleure façon de bâtir Ottawa est de favoriser la croissance tout en maintenant une qualité de vie élevée.

Nos conférenciers :

M. Stephen Willis, directeur général, Direction générale de la planification, de l’infrastructure et du développement économique, Ville d’Ottawa

Urbaniste agréé et économiste spécialiste de l’exploitation du sol, M. Willis, directeur général de la Direction générale de la planification, de l’infrastructure et du développement économique de la Ville d’Ottawa, a plus de 20 années d’expérience dans le secteur public et dans le secteur privé. Il a exercé différentes fonctions dans la région d’Ottawa, notamment celle de directeur général de la Direction de l’aménagement de la capitale de la Commission de la capitale nationale, en plus d’occuper des postes auprès d’importants cabinets d’expertise conseil pluridisciplinaire. Responsable de l’amélioration de la viabilité économique de la Ville dans le cadre d’initiatives de planification et d’infrastructure, il est chargé de miser sur les perspectives économiques grâce auxquelles la région d’Ottawa connaîtra une croissance et une prospérité nouvelles.

Mme Laine Johnson, directrice de programme, Synapcity

Fière résidente d’Ottawa depuis longtemps, Mme Johnson entend promouvoir l’équité et le partenariat dans le développement de la Ville. Membre de la première promotion de diplômés de la maîtrise en philanthropie et en leadership des organismes à but non lucratif à l’Université Carleton, elle apporte à ses travaux de directrice de programme un point de vue stratégique inspiré de la théorie. Elle n’hésite jamais à relever les défis, voit d’un bon œil le choc des idées et est particulièrement attentive aux approches et aux solutions innovantes. Elle s’est perfectionnée dans le secteur des organismes à but non lucratif d’Ottawa, en consacrant ses talents de leadership et ses compétences à la promotion des partenariats dans le domaine des arts et de la culture, des centres de santé et de ressources communautaires, des services offerts aux personnes âgées et des politiques d’intérêt public. Elle adore enrichir ses connaissances auprès de tous les co maîtres d’œuvre de cette grande ville.

M. Benjamin Gianni, professeur associé, École d’architecture et d’urbanisme Azrieli, Université Carleton

Professeur à l’Université Carleton, M. Gianni s’intéresse aux secteurs du logement et de l’urbanisme, surtout aux logements publics construits en Europe et en Amérique du Nord dans les décennies qui ont suivi la Deuxième Guerre mondiale, ainsi qu’à leur réaménagement à partir des années 1990. Il donne des cours sur le logement et l’histoire urbaine, en plus de diriger les ateliers sur le logement dans la quatrième année du programme de baccalauréat en arts et sciences. Ancien directeur de l’École d’architecture et de l’École de technologie de l’information de l’Université Carleton, il s’occupe aujourd’hui de la coordination du programme de spécialisation en urbanisme de l’École d’architecture et d’urbanisme.

L’administration municipale s’engage à faire d’Ottawa une ville sans obstacle. Si vous avez besoin d’aide pour consulter ce document ou pendant le forum, veuillez communiquer avec Charmaine Forgie par téléphone 613-580-2424, poste 24075 ou par courriel charmaine.forgie@ottawa.ca.

Groupe de discussion - Les questions et réponses

En matière d’aménagement de terrains intercalaires, comment pourrait-on favoriser le respect des limites de hauteur selon le zonage et les plans de conception communautaire, le cas échéant?

Renforcer le Règlement sur les quartiers bien établis pour que les nouveaux aménagements intercalaires sur les rues secondaires concordent avec le caractère dominant, et continuer de suivre les directives des plans de conception communautaire à la réception de demandes.

Densification – Existe-t-il une description des niveaux de densification? Sinon, pourquoi? Quel serait le processus pour créer une description?

Le Plan officiel (PO) contient des critères définissant les différentes hauteurs de bâtiment (faible, moyenne et grande hauteur). La préparation du prochain PO sera l’occasion de le détailler davantage et de mieux traiter de la forme bâtie en utilisant les nouveaux outils associés à la Loi sur l’aménagement du territoire et à la Déclaration de principes provinciale (DPP), qui n’existaient pas à la dernière révision du PO.

Quelle est la meilleure façon de promouvoir les politiques de la Ville qui visent la construction de logements abordables où les travailleurs vieillissants du domaine des arts pourront vivre et travailler?

On continue d’étudier les possibilités sur le plan réglementaire. L’élimination des exigences de stationnement dans des zones clés a été un grand pas dans la bonne direction.

Les soins de santé sont l’une des principales dépenses des budgets du gouvernement fédéral et de la province. Tous deux privilégient l’approche « Vieillir chez soi ». Comment celle-ci se reflète-t-elle dans les projets d’urbanisme qui visent à faire d’Ottawa une ville viable?

Ce facteur vise à mettre l’accent sur l’avenir d’Ottawa en tant que ville reposant sur la proximité, et non la distance, et qui fournit un bon accès piétonnier contrairement à beaucoup des zones bâties existantes, axées sur les automobiles. Il est également primordial d’accroître les possibilités d’aménagement résidentiel dans les quartiers établis en vue d’offrir davantage de choix à un plus vaste éventail de ménages et de groupes d’âge.

Que fait la Ville pour s’assurer que des logements abordables seront construits à proximité du transport en commun rapide?

Les plans d’aménagement axé sur le transport en commun, les plans de conception communautaire (PCC) et les plans secondaires visant les environs de stations prévoient peu ou pas d’exigences de stationnement pour les logements, ce qui réduit considérablement les coûts. Le PO vise à créer des quartiers complets pour que les résidents aient moins à se déplacer, économisant ainsi sur les dépenses en transport, qui représentent une grande partie des budgets des ménages. Il faut maintenir, voire augmenter la fréquence du passage des autobus dans les rues des quartiers centraux où les gens peuvent déjà se déplacer à pied et en transport en commun.

Quand la Ville répondra-t-elle à la proposition de création d’un Comité consultatif d’aménagement du territoire, soumise en février dernier? Il s’agissait d’une invitation au dialogue lancée par un groupe de résidents, à la recommandation d’un expert en engagement du public de carrure internationale. Ces personnes connaissent mieux la ville que la plupart des conseillers municipaux! Mais on n’a même pas accusé réception de leur proposition, et encore moins engagé la discussion à ce sujet.

Un rapport sera présenté en T4 2017.

La densité de la ville augmente, particulièrement autour des nœuds de transport en commun, des artères principales et des centres commerciaux précaires. Comment la Ville favorisera-t-elle une gamme diversifiée de logements abordables? Comment Ottawa peut-elle devenir la meilleure ville de taille moyenne en Amérique du Nord pour les familles à faibles revenus?

Afin d’encourager le logement abordable dans les secteurs desservis par le transport en commun, la Ville peut tenter d’utiliser un certain nombre d’outils pour créer de nouvelles occasions d’aménager des logements abordables. Ces outils peuvent comprendre l’achat de terrains situés dans les secteurs d’aménagement axés sur le transport en commun ou près de ces secteurs, comme le projet d’acquisition du 933, avenue Gladstone, entrepris par la Société de logement communautaire d’Ottawa et soutenu par la Ville, qui constitue une importante parcelle de terrain située dans un endroit stratégique entre deux secteurs d’aménagement axés sur le transport en commun. La Ville peut mettre en place des mesures incitatives, telles que le financement des immobilisations afin d’inciter les promoteurs à explorer les options de location ou d’achat d’habitations abordables, ainsi qu’examiner les possibilités du nouveau zonage d’inclusion qui pourrait être utilisé dans les secteurs d’aménagement axés sur le transport en commun.

La Ville mettra bientôt à jour son Plan officiel. Abandonnera-t-elle l’ancienne approche, c’est-à-dire une consultation équilibrée entre les promoteurs et les résidents, pour plutôt favoriser le dialogue entre les parties prenantes afin de trouver un consensus?

Merci pour votre question sur la révision du Plan officiel à venir et le processus de consultation connexe – lequel sera assez vaste et mené aussi bien auprès d’entreprises que de la population. La Ville prône l’inclusion et la diversité dans son processus de consultation; et même s’il n’est pas toujours possible d’obtenir un consensus en raison de la diversité et du nombre des parties intéressées, la primauté de l’intérêt public sera respectée, bien documentée et bien expliquée. La Loi sur l'aménagement du territoire de l'Ontario précise le processus qui doit être utilisé pour les consultations lorsque des demandes d'aménagement sont examinées.

J’ai des réserves par rapport à Amazon. Pourquoi veut-on que cette société s’établisse à Ottawa? Veut-on vraiment 50 000 personnes de plus dans la ville?

Le fait qu’Amazon vienne s’installer à Ottawa-Gatineau représente une chance inouïe de développer et de diversifier l’économie du savoir de la région ainsi que de faire de cette dernière un acteur clé de l’économie du savoir mondiale. La croissance démographique qui devrait en résulter – en grande partie attendue dans les principales zones de densification situées dans le corridor du train léger d’Ottawa – appuiera considérablement les importants investissements municipaux consentis dans le projet du train léger. En outre, elle augmentera les recettes issues de l’impôt foncier et soutiendra l’essor des entreprises locales qui servent la population sans cesse croissante. La croissance qu’apporterait l’installation du HQ2 d’Amazon dans la région de la capitale nationale est une croissance dans le temps; c’est la période de croissance qui s’en verrait raccourcie, ce qui ferait véritablement d’Ottawa une ville vivante, dynamique et viable pour ses résidents actuels et futurs. 

Pour promouvoir la densification, il faut offrir aux résidents des parcs et des espaces verts où ils pourront se retrouver et interagir. Quand aurons-nous un plan directeur pour les parcs et les espaces verts pour nous assurer que ceux-ci sont répartis équitablement à Ottawa et que la Ville y consacre des ressources?

Comme la question fait référence à la densification, on suppose qu’elle porte sur les possibilités d’achat de parcs dans les secteurs urbains denses. Un plan directeur des parcs et espaces verts est prévu dans le cadre de la révision du Plan officiel, mais ce n’est pas le mécanisme à privilégier pour l’acquisition de nouvelles propriétés dans certains quartiers de la ville déjà bâtis. Au mieux, le Plan officiel peut inciter la Ville à saisir les occasions qui se présentent, mais il n’est pas réaliste d’attendre de lui qu’il prévoie l’achat de propriétés pour les détruire et les remplacer par des espaces verts urbains. Les options d’amélioration des parcs et d’acquisition dans le secteur urbain intérieur sont plutôt à aller chercher dans les divers plans de conception communautaire en place; en outre, Ottawa a reçu l’instruction formelle d’acheter, en vertu des droits que lui confère la Loi sur l’aménagement du territoire, de nouveaux parcs dans le cadre de projets de réaménagement ou de densification lorsque la propriété visée par le réaménagement a une surface au moins équivalente à 4 000 mètres carrés. Au cours des prochaines années, nous aménagerons des miniparcs urbains en partenariat avec des promoteurs. Comme ce projet a été officialisé en 2016, nous procédons actuellement à l’officialisation de l’aménagement de plusieurs petits parcs sur diverses propriétés anciennement privées, comme des centres commerciaux et des églises.

Comment la Ville peut-elle créer des commodités à partir de ses investissements dans les infrastructures?

La Ville est toujours en quête d’occasions d’améliorer les espaces publics lorsque des projets – par exemple des travaux de réfection – sont prévus. Quelques exemples récents :

  • Réfection de la rue Main
  • Lansdowne
  • Esplanade de la rue George
  • Piste cyclable de l’avenue Mackenzie 

Les lignes directrices, les politiques, le processus de consultation et les pratiques exemplaires sont décidés au moment de la planification. En voici quelques exemples :

  • Rues complètes
  • Normes de conception accessible

Quelle place occupent les transports actifs et durables dans l’urbanisme d’Ottawa?

Du point de vue de l’utilisation du sol, les modes de transport durables, comme la marche, le vélo et les transports en commun, favorisent les aménagements compacts et polyvalents. Ce type d’aménagements intégrés et compacts exige moins de ressources et permet d’envisager l’amélioration de l’espace public, notamment les espaces verts et les esplanades. Concevoir des stations de transport en commun multimodales, dotées de trottoirs et reliées aux pistes cyclables facilitera encore davantage l’accès au transport en commun. Ce dernier influence l’utilisation du sol et la forme bâtie, permettant des aménagements à forte densité, ce qui, en retour, favorise le transport actif. Les modes de transport actifs donnent aussi un visage humain aux lieux et stimulent l’activité à l’extérieur. À pied et à vélo, les gens se déplacent relativement moins vite et donc interagissent plus facilement avec leur environnement et les autres. Une rue à façade active, où la marche et le vélo sont favorisés, a des bienfaits sur le plan social, économique et environnemental. Par ailleurs, plus les gens seront nombreux à utiliser ces moyens de transport, plus la circulation automobile sera fluide.

Vous avez dit que plus de 75 % de la main-d’œuvre à Ottawa travaille dans les secteurs du savoir. Comment la Ville mettra-t-elle à profit la créativité, l’innovation et les connaissances collectives de ses résidents?

La Ville et Investir Ottawa sollicitent régulièrement l’avis des entreprises du secteur savoir et des entrepreneurs d’Ottawa. Investir Ottawa organise par exemple des rencontres les lundis dans les cours Bayview, qui rassemblent les pionniers des technologies autour de discussions sur la transformation numérique. La Ville et Investir Ottawa prévoient aussi recueillir les idées des gens du secteur sur le concept de ville intelligente.

Rassembler le milieu de l'urbanisme d'Ottawa 2016

Webdiffusion présenter sur créer de meilleurs liens le 4 mai 2016 à 19 h

Nous vous remercions de votre intérêt à la première webdiffusion du Service de l’urbanisme et de la gestion de la croissance. 

Conférencier invité :

John Campbell, ancien président et directeur général
Société de revitalisation du secteur riverain de Toronto

John Campbell a été président et directeur général de Waterfront Toronto, où il était responsable de diriger le projet de revitalisation des berges de Toronto, un projet estimé à 34 milliards de dollars. M. Campbell partagera son expérience à la tête de différents projets de revitalisation et de réaménagement. Lors de sa présentation, il parlera de l'importance des consultations publiques et de l'engagement de la population, de l'excellence de la conception, de la viabilité pour l'avenir et du domaine public.

M. Campbell détient un MBA de l'Université de Toronto, un baccalauréat en ingénierie de l'Université Carleton et le titre décerné par l'Institut des administrateurs de sociétés. Il siège au conseil d'administration d'Artscape, offrant des milieux de vie et de travail créatifs pour la communauté des Arts, ainsi qu'au conseil d'administration de l'Institut urbain du Canada, chef de file principal sur les enjeux urbains. En 2012, il s'est vu remettre la Médaille du jubilé de diamant de la reine Élizabeth II en reconnaissance de ses contributions au Canada.

Présentations au programme : Aperçu des prochaines séances de l'Abécédaire de l'aménagement

Comité de dérogation 101

À la demande générale, les employés municipaux ont créé un nouveau cours facultatif de l'Abécédaire de l'aménagement intitulé Comité de dérogation101. Cet aperçu contiendra des faits saillants sur le Comité de dérogation, le type et le traitement des demandes qu'il entend, et le déroulement d'une audience.

Comment faire une présentation devant un Comité permanent

Il existe plusieurs façons de participer au processus de planification, la première étape étant de savoir quand et comment.

Cet aperçu s'inscrit dans le cadre d'un prochain cours facultatif de l'Abécédaire de l'aménagement destiné à aider les résidents à participer davantage aux questions d'urbanisme. Il portera tout particulièrement sur la façon de préparer et de présenter un exposé fructueux devant un comité permanent.

Nous vous invitons à nous transmettre vos suggestions concernant le contenu que vous voudriez voir dans la série Abécédaire de l’aménagement et ce que vous aimeriez apprendre dans le cadre de notre tout dernier cours intitulé « Comment s’occuper des questions d’urbanisme », en cours d’élaboration.

Des réponses à vos questions

John Campbell 
Planification du secteur riverain pour une ville agréable à vivre : l'expérience de Toronto

En rétrospective, quelle serait, selon vous, la plus importante réalisation du projet?

Une des choses dont je suis le plus fier, c’est la mobilisation du grand public. Nous sommes littéralement passés d’une époque, il y a 15 ans, où le public n’était pas vraiment mobilisé, et je crois que nous avons réussi à établir une nouvelle référence à Toronto en matière de participation citoyenne. C’est, je crois, ce dont je suis vraiment fier. Ce n’est pas notre projet : c’est celui de la population, et c’est ce qui a vraiment fait une énorme différence. C’est quelque chose d’intangible, mais qui a d’importantes répercussions. Et je crois que c’est l’une des choses dont je suis le plus fier.

Si vous aviez à recommencer, que feriez-vous différemment?

Lorsque nous avons commencé le projet en 2001 (de manière non officielle), le gouvernement avait créé notre organisme en vitesse pour nous permettre d’entreprendre le travail. Cependant, dans la précipitation, il ne nous avait pas donné les pouvoirs d’une personne morale. Nous ne pouvions pas emprunter d’argent, ni créer de filiales, ce que toutes les entreprises immobilières ont besoin de faire. Bref, nous avions très peu de pouvoirs. Et il nous a fallu jusqu'à l'an dernier pour obtenir le pouvoir de faire des emprunts, et on parle ici simplement d’emprunter des sommes destinées au fonds d'exploitation, et non d'emprunter un milliard de dollars pour faire des investissements. Lorsque les subventions s'épuisent, on se retrouve à compter sur les ventes. Or, les revenus des ventes sont en dents de scie, mais les frais, eux, ne le sont pas. Il faut verser les salaires. Nous aurions dû prendre le temps d’obtenir plus de pouvoirs.

L’autre chose que je ferais différemment consisterait à obtenir la propriété des terrains, et non seulement leur gestion. À l’heure actuelle, nous possédons très peu de terrains. La majorité des terrains appartiennent au gouvernement provincial ou à la Ville. Le processus est donc plutôt long. Lorsque nous avons choisi un promoteur immobilier, nous devons négocier avec le gouvernement pour que le transfert des titres de propriété ait lieu, ce qui peut s'avérer long et ardu. Et que les négociations aient lieu avec le Conseil municipal ou le gouvernement, il s’agit d’un processus additionnel que la population peut remettre en question.

Il serait essentiel de posséder les terrains et d’avoir les pouvoirs d’une personne morale. C’est le cas de mon homologue à Hambourg, en Allemagne. Il a emprunté 3,5 milliards d'euros. De ce fait, il a probablement dix ans d'avance sur nous. Il bénéficie également du soutien de la Ville de Hambourg et de l’État de Hambourg. Il a donc une bonne longueur d'avance sur nous. De notre côté, nous avons dû en quelque sorte quémander tout au long du processus.

Je ne comprends pas très bien la distinction que vous faites entre revitalisation et réaménagement. La construction de nouveaux bureaux, résidences et magasins ne constitue t elle pas un élément important de l’aménagement de la nouvelle zone riveraine de Toronto?

C’est le cas, et c'est un point très important. Je suis content que cette personne ait soulevé la question, parce que je veux vraiment renforcer cette distinction. L’immobilier, c’est l’immobilier, et c’est du réaménagement. Mais tout est dans la façon de le faire. Il faut veiller à inclure l’espace public. Faire en sorte que la construction de réseaux à large bande soit intégrée au processus et à la planification. Tous ces aspects contribuent à créer un endroit de qualité, offrant une bonne qualité de vie, ce qui est très différent de simplement négocier des terrains et les vendre à des promoteurs d’ensembles résidentiels. Il faut s’assurer que les rez-de-chaussée ne sont pas résidentiels, par exemple, et qu’on bâtit pour l’avenir. C’est toujours un défi : on doit penser à l’avenir à court terme, car le promoteur doit vendre l’immeuble, mais on veut également prendre en considération ce qui arrivera dans 20, 30 ou 40 ans. Ce n’est pas ce à quoi les promoteurs vont penser; c’est à nous de le faire. En somme, assurer la revitalisation, c’est surtout être guidé par les politiques publiques pour bâtir une bonne qualité de vie dans un secteur où tout le monde voudra habiter pendant longtemps. On n’obtient pas ce résultat en se contentant de vendre des propriétés. En visitant des secteurs riverains urbains partout dans le monde, il est facile de reconnaître les endroits où on s'est contenté de vendre des immeubles et ceux où on a tenu compte des politiques publiques.

Des condos et des vues sur l’eau pour tous. Comment avez-vous réussi à faire ça?

Ce fut un grand défi. Lorsque nous avons commencé, à chaque assemblée publique où j’allais, les gens disaient : « Nous ne voulons pas d’un mur de condos. » Un promoteur avait auparavant bâti des immeubles très hauts et très laids, et c'est ce qui inquiétait les gens. Ce que nous avons fait, avec les planificateurs, c’est créer des paliers par rapport à la rive. Il y a donc de 4 à 6 étages sur le bord de l'eau, environ 10 étages sur la rue principale, Queen's Quay, et probablement 30 étages ou plus, près de l'autoroute. Nous avons aussi fait en sorte que, lorsqu’on est dans les rues, on peut voir l’eau. En somme, on a joué avec la hauteur des immeubles et veillé à ce qu’il y ait suffisamment de points d’accès à la rive.

Pouvez-vous donner quelques exemples d’usage du rez-de-chaussée autre qu’un usage privé?

Pour des écoles, par exemple. Le rez-de-chaussée du Georges Brown College comporte un hall et une aire de restauration, entre autres. Des librairies. Encore une fois, ce n’est pas évident. C’est bien beau d’avoir des cafés, mais il y a une limite au nombre de cafés qu’on peut avoir. Si vous avez un kilomètre de rive, vous n’aurez pas un kilomètre de cafés. Il faut des restaurants, des cafés, des librairies, des boutiques, des gymnases. L’espace commun des condos, leurs gymnases, etc. Ce qui est important, ce n’est pas tant ce qui s’y trouve, mais ce qui ne doit pas s’y trouver. On ne veut pas y voir des gens sur leurs chaises de parterre qui empiètent sur l’espace public, parce que c’est ce qui rend le secteur stérile. Ce n’est pas qu’il faut quelque chose en particulier, mais plutôt qu’il ne doit pas y avoir de résidences privées.

Quels types d’activités de mobilisation ont atteint le plus vaste public?

Nous avons utilisé les journaux communautaires. Nous avons essayé d’étendre notre portée, ce qui a été difficile, parce qu’il n’y a qu’un certain pourcentage de la population qui participe activement à l’examen des questions citoyennes. Il est difficile de joindre la population immigrante et les jeunes. Nous avons donc fait de la publicité dans des journaux locaux destinés aux immigrants et nous avons mené une vaste campagne dans les médias sociaux, sur Facebook, Twitter, etc. Nous avons fait tout cela pour entrer en contact avec les jeunes et les intéresser à notre projet. Et nous avons fait ce que nous faisons ici ce soir, c'est-à-dire diffuser une assemblée publique et faire participer les gens par les médias sociaux. C’est ce qui amène la participation d’un plus grand nombre de jeunes. Ce n’est pas facile, par contre. Ce sont les plus vieux, comme moi, qui s’intéressent à ce genre de choses. Qui vont aux assemblées publiques. C'est donc un défi d'amener les autres à le faire.

Est-ce que le zonage était déjà en place ou avez vous autorisé des exceptions?

Nous avons créé le plan du secteur avec les citoyens et le Service de l’urbanisme, et il a ensuite été présenté au Conseil municipal pour l’obtention d’un règlement de zonage. Le zonage a donc été établi à la suite de la planification du secteur. Avant, le secteur était réservé à un usage industriel.

Il faut aussi traiter avec la Commission des affaires municipales de l’Ontario (CAMO). Parfois, c’est un travail un peu imprévisible. Lorsque c’est notre terrain que nous mettons en vente, les promoteurs ne peuvent même pas demander de permission à la Ville. Nous les laissons demander des dérogations mineures, si l’aménagement le permet, mais ils ne peuvent pas faire passer un édifice de 10 étages à un édifice de 30 étages. Le défi ici, c’est que 15 % des terrains du secteur sont privés, et que les propriétaires de terrains privés peuvent présenter une demande à la CAMO. La Ville a donc adopté un règlement, et nous contestons depuis trois ans les plans de certains promoteurs qui n'étaient pas conformes au règlement de zonage. Mais nous sommes pragmatiques. Le Conseil municipal n’a pas des milliards de dollars à dépenser en frais de justice. Par conséquent, dans certains cas, on procède à une entente à l'amiable. Par exemple, le zonage autorise 10 étages, vous en voulez 20, on s'entend pour 15. Ça arrive : c'est la réalité. Nous ne pouvons pas y faire grand-chose. Je crois que les frais de justice pour l’une de nos contestations s’élèvent à plus de deux millions de dollars. C’est donc un défi. Nous n’autorisons pas les exceptions là où nous pouvons les empêcher. Mais lorsqu’il s’agit de terrains privés, nous devons négocier parce que les promoteurs peuvent faire appel à la CAMO.

Quelle est l’importance de l’espace public dans le succès de la revitalisation?

Il est absolument essentiel. C’est l’espace public qui fait les belles villes. Lorsqu’on se promène dans Paris, ce ne sont pas les édifices qui impressionnent, c'est l’espace public, le fait de pouvoir y circuler à pied. Toutes les belles villes, je crois, sont définies par leur espace public, et non par leurs édifices. Prenez Dubaï. C’est un magnifique regroupement de projets immobiliers, mais je ne dirais pas que Dubaï est une belle ville. L’espace public y est très restreint. Je crois que l’espace public détermine la qualité d'un endroit. C’est l’espace public que les gens apprécient en se promenant dans les rues. C’est absolument essentiel.

Y a-t-il des plans pour intégrer l’agriculture urbaine?

Nous en avons parlé, nous y avons réfléchi, mais, non, il n'y en aura pas beaucoup. Il y a des jardins communautaires dans la ville. Toutefois, compte tenu de la stratégie de croissance intelligente de la province et de la stratégie de la ceinture de verdure de Toronto, je pense que nous devons insister sur la densification. Les secteurs riverains arrivent en tête de liste. Nous cherchons des moyens de développer cet aspect de manière intelligente. Nous ne pouvons pas continuer à construire des bungalows jusqu’à Niagara Falls, ça ne marcherait pas. Il faut donc trouver des façons de densifier le secteur riverain tout en y assurant une bonne qualité de vie, parce que la densification aussi est un moyen d’assurer le développement durable.

Qu’en est il des toits verts?

C’est une possibilité. Nous aimerions que 40 ou 50 % des toits soient verts. Il y a donc place pour une grande surface de toits verts intensifs, qui mesurent 18 pouces d’épaisseur, ce qui est possible dans certains cas. C'est dans la stratégie des toits verts, mais ce n'est pas quelque chose que nous imposons.

Quel sera l’héritage du secteur riverain de Toronto?

L’idée, c'est de créer une ville qui donnera envie d'y vivre et d'y travailler. Je crois que c’est ça l’héritage à laisser, pour faire en sorte que nous soyons concurrentiels. Je voyage partout dans le monde. J’étais à Melbourne, en Australie, il y a un mois. On voit ce que Melbourne, Singapour et d'autres villes sont en train de faire. Étant donné que tout le monde le fait, il faut le faire aussi. Si on n’avance pas, on recule. Si nous voulons voir prospérer nos villes et préserver la qualité de vie que nous avons, nous devons créer un milieu de grande qualité.

Quels sont les plans pour l’autoroute Gardiner?

Selon une étude que nous avons réalisée, on croit à tort que la route Gardiner est une autoroute. En fait, ce que nous avons étudié, c’est un lien entre deux autoroutes. L’autoroute Gardiner entre dans la ville à l’ouest, l’autoroute Don Valley vient du nord, et la plus grande partie de la circulation automobile entre dans la ville et en ressort. Seulement environ 20 % de la circulation emprunte ce tronçon. C’est pourquoi nous avons décidé d’examiner ce que nous pourrions faire de ce tronçon. Notre recommandation était de le démanteler, mais c’était un enjeu qui dépassait la question du secteur riverain. La proposition a été présentée au Conseil municipal, qui a opté pour une formule hybride, c'est-à-dire reconstruire le tronçon ailleurs et le rendre plus attrayant. Et libérer ainsi des terrains riverains. Nous ne pensions pas que c’était nécessaire, mais je ne fais pas de politique – je n’ai pas été élu. Les politiciens ont décidé qu’ils voulaient une formule hybride.

En quoi se distingue votre conception des parcs publics?

Vingt-cinq pour cent (25 %) de la zone de revitalisation du secteur riverain sont réservés aux parcs et aux espaces publics. Les parcs sont essentiels à l’aménagement de nouveaux quartiers, et nous concevons des collectivités qui ont des parcs et des espaces publics comme éléments centraux. Nous investissons une part importante de notre financement gouvernemental dans l’aménagement de parcs et d’espaces publics pendant la première phase de la revitalisation, car ils attirent les gens dans de nouveaux secteurs et prouvent que des changements ont lieu. Depuis 2004, Waterfront Toronto a inauguré 25 parcs ou espaces publics nouveaux ou améliorés. Pour en savoir plus sur ces projets et sur notre approche de l'aménagement urbain, visitez le site web de Waterfront Toronto (anglais seulement).

Vos commentaires

Vraiment inspirant. J’ai particulièrement aimé la passion (bien sûr!) de monsieur Campbell, mais aussi sa vision claire : un secteur riverain dynamique et accessible pour tous les citoyens, plutôt qu’une enclave pour privilégiés, et la participation active de tous les citoyens à la planification – même s’il s’agit d’un processus ardu qui exige beaucoup de temps. Je suis persuadé que cette approche inclusive est ce qui crée une communauté forte et un espace pouvant accueillir des aménagements novateurs dont nous pouvons tous être fiers.

Renforcer les liens est une initiative du Service de l'urbanisme et de la gestion de la croissance visant à rassembler les membres du milieu de l'urbanisme d'Ottawa et à leur offrir un espace leur permettant de mener des discussions constructives.

Renseignements :

Courriel : planning@ottawa.ca
Tél. : 613-580-2424, poste 24375