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L’art autochtone : élément essentiel de la nouvelle installation partagée BPO-BAC

1 mars 2021
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Le projet de l’installation partagée de la Bibliothèque publique d’Ottawa et de Bibliothèque et Archives Canada (BPO-BAC) vient de franchir une étape captivante. En prévision des travaux de construction qui devraient commencer d’ici la fin de l’année, le Programme d’art public autochtone a lancé cinq appels aux artistes autochtones pour saluer, promouvoir et mettre en vitrine les œuvres d’art autochtone créées au Canada.

Dawn Saunders Dahl est la conservatrice des arts autochtones du Programme d’art public autochtone. Elle a pris le temps de répondre à nos questions sur la vision qui sous‑tend ce programme et l’appel aux artistes.

Parlez-nous un peu de vous et de votre rôle de conservatrice des arts autochtones. Qu’est‑ce qui vous passionne le plus dans le travail que vous faites?

Je travaille depuis 20 ans dans l’administration des arts. Dans les 10 dernières années ou plus, j’ai mis au point des appels destinés en particulier aux artistes, aux programmes et aux événements autochtones. À l’heure actuelle, je me consacre surtout aux artistes et aux groupes autochtones locaux de Bow Valley et en Alberta dans l’ensemble : je mets au point des projets de marché public, des programmes, des emplois, des activités de formation et des événements consacrés à l’art public.

C’est pour moi un honneur de pouvoir établir et aménager des liens pour corriger les lacunes qui existent dans l’art public. Ce qui me passionne le plus, c’est de mettre en œuvre ces processus. Je m’assure que les Autochtones se font entendre constamment dans l’ensemble de ces processus et qu’ils participent à tous les dialogues, en offrant, aux porte‑paroles autochtones, une tribune pour s’exprimer.

En quoi consiste le Programme d’art public autochtone et comment a‑t‑il été mis au point?

Dans le cadre des séances de consultation menées auprès des communautés algonquines Anishinabeg et de la collectivité urbaine autochtone d’Ottawa‑Gatineau et grâce aux commentaires que nous ont adressés d’autres membres des Premières Nations et des nations Inuit et Métis dans un sondage national en ligne, nous avons appris :

  • que l’on souhaite intégrer, dans le Programme d’art public autochtone, des projets consacrés à l’art, à la culture et au patrimoine autochtones;
  • que la nation algonquine Anishinabeg hôte souhaite se raconter grâce à l’art;
  • qu’il faut prévoir des projets à l’intention des artistes en herbe et aguerris, de même que pour ceux qui travaillent sur différents supports et dans divers styles;
  • qu’il est important de veiller à ce que les artistes aient les moyens de réussir dans un processus accessible, dans lequel les artistes pourront admirer leurs œuvres dans l’installation partagée;
  • qu’il est important de faire participer la nation hôte et de donner, aux artistes autochtones d’un océan à l’autre, l’occasion de se raconter et de présenter leurs œuvres d’art dans cette installation d’envergure nationale;
  • que ces œuvres pourraient influer sur les programmes et les projets d’acquisition dans le cadre des expositions et des événements.

Pourquoi est‑il important d’intégrer l’art autochtone dans l’ensemble du travail de conception de l’installation partagée BPO-BAC?

L’installation sera aménagée sur le territoire traditionnel du peuple algonquin. Elle abritera les archives de l’histoire de ce territoire, et il est essentiel d’intégrer, de comprendre et de saluer l’art et les récits des Autochtones pour que tous les Canadiens et toutes les Canadiennes aient l’occasion de connaître notre histoire collective.

Rendu de l’installation partagée de la BPO-BAC : perspective depuis la rue Albert
Rendu de l’installation partagée de la BPO-BAC : perspective depuis la rue Albert

Cinq appels ont été publiés à l’intention des artistes autochtones. Pourriez-vous nous donner un peu d’information sur chaque appel et sur la vision qui les sous‑tend?

Il est important d’adopter un processus équitable et transparent et de prévoir des projets pour tous les supports d’art visuel et pour l’ensemble de cette activité. Nous souhaitions créer des projets dans lesquels les artistes et les membres des communautés autochtones pourraient apporter leur concours aux appels, en plus de participer à la sélection, au lieu de simplement créer des appels directs à l’intention d’artistes chevronnés.

Voici une brève description de chaque appel. Pour en savoir plus sur ces appels aux artistes, veuillez consulter la page Web du Programme d’art public autochtone.

  • 30 000 $, TVH en sus, pour le mentorat de l’art public autochtone
    • Le mentor de l’art public autochtone exercera un encadrement positif de tous les aspects de l’art public pour appuyer les artistes ou les équipes d’artistes locaux sélectionnés. Son rôle s’étend à tous les aspects du processus de l’art public. Il permettra à un artiste autochtone d’expérience de « passer le flambeau » et de transférer des connaissances qui fortifieront l’expression artistique autochtone dans le domaine de l’art public.
  • 45 000 $ pour l’art inuit
    • La Ville d’Ottawa regroupe la plus vaste population inuite au sud de l’Arctique. De nombreux Inuits visitent, à l’heure actuelle, les bibliothèques de la Ville et participent à leurs programmes et à leurs événements. Il est essentiel que tous les peuples autochtones se sentent bienvenus dans l’installation et puissent admirer les œuvres d’art qui témoignent de leur culture.
  • 100 000 $, TVH en sus, pour la salle polyvalente autochtone et la salle de lecture des enfants au deuxième étage
    • Les membres de la nation algonquine Anishinabeg hôte ont fait savoir qu’ils souhaitaient que l’on reprenne les coloris et les éléments de la conception propres à la culture algonquine dans cet espace particulier, qu’ils prévoient de fréquenter. La conception de la salle a été influencée par la nation hôte, et par conséquent, les œuvres d’art public doivent aussi être à l’image des récits et des traditions de la nation algonquine.
  • 30 000 $, TVH en sus, pour la conception du verre fritté à l’extérieur et de la pellicule de verre à l’intérieur
    • Ce projet de marché s’adresse aux artistes autochtones qui souhaitent proposer une œuvre d’art visuelle ou une pièce d’artisanat en 2D, dont le motif serait repris à l’extérieur et à l’intérieur sur les surfaces réfléchissantes. Ce motif répété permettra d’éviter les collisions d’oiseaux sur le vitrage et de reconnaître clairement les parois de verre à l’intérieur. On sélectionnerait une image à reproduire sur ces panneaux de verre. En outre, on pourra voir l’imagerie algonquine à partir de différents angles, à l’intérieur comme à l’extérieur du bâtiment, ce qui viendra rehausser la conception de l’installation. Il s’agit d’une autre occasion d’intégrer les récits avec l’imagerie ou le langage.
  • 150 000 $, TVH en sus, pour l’installation de la sculpture extérieure dans la zone jardin nord-est ou sur la terrasse du deuxième étage
    • Il s’agit, pour les artistes autochtones en 3D, d’installer des œuvres d’art créées sur différents supports comme le métal, le bois, le verre, la céramique, la pierre et les matériaux de l’art traditionnel autochtone, en plus d’influencer le paysagement végétalisé à l’extérieur.
  • 100 000 $, TVH en sus, pour l’installation dans l’entrée à l’intérieur de la station Pimisi
    • Il s’agit, pour les artistes autochtones en 2D, d’une occasion d’installer des œuvres d’art créées sur différents supports comme le métal, le bois, le verre, la céramique, la pierre, la photographie, la peinture, la gravure, l’animation et le cinéma, ainsi que les matériaux utilisés dans l’art traditionnel autochtone.
  • 425 000 $, TVH en sus, pour l’installation des œuvres d’art sur les piliers extérieurs
    • Dans la consultation autochtone, on a fait observer qu’il fallait prévoir des couleurs dans l’installation et que les piliers extérieurs offrent l’occasion de présenter des récits à différents endroits à l’extérieur du bâtiment.
      Rendu de l’extérieur de la salle de lecture des enfants
      Rendu de l’extérieur de la salle de lecture des enfants

Rendu de l’intérieur de la salle polyvalente autochtone
Rendu de l’intérieur de la salle polyvalente autochtone

Pourquoi fallait‑il faire appel à un mentor de l’art public autochtone dans ces appels aux artistes?

Il est important d’offrir des projets aux artistes émergents, comme nous l’avons appris dans nos séances de consultation auprès des Autochtones. Bien que de nombreux artistes de talent pourraient souhaiter donner suite à l’appel aux artistes, nombreux sont ceux qui n’auraient pas l’expérience ni le savoir‑faire permettant de savoir comment dimensionner leurs œuvres pour pouvoir participer à un projet de cette envergure et de cette portée. C’est à partir de ces discussions qu’on a eu l’idée de faire appel à un mentor de l’art public autochtone pour ce projet.

Pourquoi était‑il important de créer un appel précis à l’intention des artistes de la nation algonquine hôte?

Si on a lancé un appel destiné expressément à la nation algonquine hôte, c’est parce que les partenaires du projet et la conservatrice estimaient qu’il fallait reconnaître que l’installation est aménagée sur le territoire traditionnel non cédé de la nation algonquine Anishinabeg.

Comment les résidents et les artistes autochtones pourront‑ils mieux se renseigner sur le Programme d’art public autochtone?

On offrira des séances en ligne, en plus des exposés que présenteront l’architecte du projet (Diamond Schmitt Architects), la Bibliothèque publique d’Ottawa et Bibliothèque et Archives Canada à propos de ces projets de marché d’art public autochtone; chaque séance sera suivie d’une période de questions. Ces séances sont prévues :

  • le mardi 2 mars de 18 h à 19 h 30;
  • le jeudi 4 mars de 14 h à 15 h 30.

On peut aussi me joindre par courriel (indigenouspublicart@gmail.com) s’il y a des questions ou que des artistes souhaitent fixer un rendez-vous téléphonique ou une réunion dans Zoom.

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