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Se faire vacciner, c’est « sauver des vies »

7 janvier 2021
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Paula Edwards se rappelle le jour où elle a appris qu’elle était atteinte de la COVID-19. C’était le 29 avril 2020. Elle était stupéfaite d’apprendre qu’elle était la deuxième membre du personnel de la Ville d’Ottawa à devenir un cas confirmé de la maladie.

« J’ai été secouée », se rappelle cette préposée aux services de soutien à la personne qui a 19 années d’expérience des soins aux résidents du foyer de soins de longue durée Peter-D.-Clark, dans le quartier Centrepointe.

Elle a appelé son mari, lui a annoncé la nouvelle, s’est calmée et est rentrée chez elle. Elle a décidé de vivre seule la durée de son autoconfinement dans le véhicule récréatif familial, où elle a passé 27 longues journées : elle a repris du mieux, avant de rechuter, a parlé deux fois par jour au personnel médical de la santé publique et a bavardé quotidiennement avec un superviseur et des collègues de la Ville d’Ottawa. Elle s’est inquiétée des résidents du foyer Peter-D.-Clark, qui avaient plus que jamais besoin de soins, et du personnel en poste, qui devait colmater les brèches.

Une femme vêtue d’un manteau d’hiver se tient devant le foyer de soins de longue durée Peter-D.-Clark, près de la promenade Centrepointe.
Paula Edwards, préposée aux services de soutien à la personne, se tient à l’extérieur du foyer de soins de longue durée Peter-D.-Clark.

Ses enfants lui livraient de quoi manger. Elle a regardé la télévision, consommé de la soupe au poulet, de l’eau et du Gatorade, fait de longues siestes et s’est obligée à faire des promenades. Après 27 jours dans la caravane, elle s’est isolée pendant 10 autres jours dans la maison familiale. Elle n’a jamais été hospitalisée, mais a éprouvé de vilains symptômes : en plus des maux de gorge, elle avait la voix enrouée, a perdu le goût et l’odorat et entendait moins bien. Elle a été diagnostiquée positive de la COVID‑19 à trois reprises. Le 37e jour de son isolement, elle a reçu un diagnostic négatif. Quelle joie!

Mme Edwards a pris quelques jours de congé avant de retourner travailler au foyer Peter‑D.-Clark. Certains voisins étaient étonnés de la voir chaque jour partir travailler en voiture.

Le plus difficile, dans son retour au travail, a été de constater la disparition de certains résidents du foyer. « J’ai fait le tour des chambres et j’ai vu qu’il manquait des résidents. Certaines chambres étaient vides. J’ai eu de la peine. La journée a été difficile, se souvient-elle. J’étais en colère contre le virus. »

C’est pourquoi, quand le directeur des Soins de longue durée, Dean Lett, a adressé aux employés un courriel pour leur apprendre que le vaccin de Pfizer contre la COVID-19 était prêt, Mme Edwards était absolument ravie d’appeler pour prendre son rendez-vous de vaccination. « C’est ce que j’espérais. C’était pour moi tout un honneur. Je me suis sentie privilégiée. »

Elle a été parmi les 100 premières personnes d’Ottawa à se faire vacciner, le 15 décembre 2020, sous les vivats du personnel de L’Hôpital d’Ottawa venu applaudir les premières personnes à se faire vacciner ce matin-là. Elle a aussi été la première représentante de la Première Nation des Cris de Chapleau à se faire vacciner.

« Ce jour-là, j’étais très fière. C’était la fête, confie-t-elle. Comme vous le voyez, nous sommes sur la bonne voie. »

Quand elle est retournée à l’hôpital, le 5 janvier 2021, pour la deuxième dose du vaccin, elle a été heureuse de constater que la file d’attente de ceux qui allaient se faire vacciner s’était allongée.

Le message qu’elle lance aux sceptiques du vaccin est simple : « Il s’agit de sauver des vies, dit-elle. J’ai été témoin des vies que le virus a fauchées ».

Marc Lamarche, préposé aux services de soutien à la personne, a 20 années d’expérience dans les foyers de soins de longue durée de la Ville. S’il veut se faire vacciner, c’est parce qu’il souhaite revenir à une certaine normalité.

Il est chaque jour témoin des effets de la pandémie au foyer de soins de longue Garry‑J.-Armstrong : les résidents sont ébahis quand ils voient les employés porter des blouses, des masques et des couvre-visages et qu’on ne voit que leurs yeux; les résidents vivent un stress psychologique et des problèmes de santé mentale parce qu’ils ont moins de contacts avec leur famille et moins d’activités pendant la pandémie; il y a aussi le personnel, qui est fatigué de toutes les mesures supplémentaires qu’il faut prendre pour prodiguer les soins pendant la pandémie.

Récemment, les foyers de soins de longue durée ont été épargnés par les éclosions majeures de la COVID, grâce aux efforts exceptionnels de leur personnel pour respecter les protocoles et assurer la propreté des lieux. Or, M. Lamarche connaît, ailleurs en Ontario, des collègues qui ont récemment été témoins d’éclosions majeures et de leurs conséquences catastrophiques.

« Le virus se propage comme un feu de broussaille, explique-t-il. Les Soins de longue durée ont été durement touchés. »

C’est pourquoi M. Lamarche était impatient de se faire vacciner. Certes, il avait des questions, à propos de la durée exacte de l’efficacité du vaccin et des réactions à la vaccination. Il note que les réseaux sociaux et les franges politiques américaines ont donné libre cours à des idées fausses et à des théories conspirationnistes. Il a puisé l’information sur le vaccin dans les documents qu’il a lus sur le site Web de Santé publique Ottawa et en appelant pour poser certaines questions, auxquelles il a eu des réponses.

Convaincu du bien-fondé de la science et sachant que les gouvernements et les dirigeants de la santé publique conseillent de se faire vacciner, il a pris un rendez-vous, s’est présenté à L’Hôpital d’Ottawa et a reçu la première des deux doses du vaccin de Pfizer. Il est rentré au travail dès le lendemain. S’il avait le bras un peu endolori, c’était comme s’il s’était « fait vacciner contre la grippe ». Il conseille à ses collègues de s’informer des réalités de la COVID-19 et de se faire vacciner.

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