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Catastrophes

Plusieurs catastrophes de grande envergure sont survenues à la fin des années 1940 et 1950, qui ont laissé des marques permanentes sur Ottawa : une fuite de gaz a provoqué une explosion rue Slater; un incendie dans le marché By a détruit tout un pâté de maisons; un accident industriel au Conseil national de recherches du Canada a entraîné la mort de trois personnes et un avion à réaction militaire s’est écrasé sur le couvent Villa-Saint-Louis à Orléans.

Débris d'un incendie au Marché By.

Titre/Description: Débris d'un incendie au Marché By. Ce n'est pas le premier incendie au Marché By. Il y a eu d'autres incendies majeurs en 1862 et en 1874. Cependant, le Marché s'est toujours remis de ces catastrophes.
Photographe: L.
Date: 2 janvier 1957.
Crédit: Fonds : Andrews-Newton Photographers / Les Archives de la Ville D'Ottawa / MG393-AN-049717-001.
Droit d’auteur: Les Archives de la Ville D'Ottawa.

Écrasement d'un avion à la Villa St-Louis

Le soir du 15 mai 1956, un avion militaire CF 100 s’écrase sur le couvent de la Villa St-Louis, une maison de repos d’Orléans administrée par les Sœurs Grises de la Croix. Ce fut l’une des pires catastrophes aériennes de l’histoire de la ville.

Ce soir-là, un avion de transport volant vers le sud arriva à Ottawa en avance sur son horaire, et apparut comme appareil non identifié sur les écrans radars. Un chasseur de la base aérienne des Hautes-terres fut envoyé pour identifier et intercepter l’avion. Un second CF 100 fut ensuite envoyé en renfort. L’un des appareils atterrit et l’autre signifia son intention de poursuivre un peu la mission afin de brûler du carburant. Ce fut la dernière communication reçue de l’appareil.

Les sœurs de la Villa St-Louis se préparaient à se coucher lorsque l’avion s’écrasa sur la chapelle du couvent. Le bâtiment prit feu rapidement. Le carburant et les munitions à bord du chasseur explosèrent. Les voisins accoururent pour porter secours. 25 personnes parvinrent à se mettre à l’abri, mais malheureusement 11 sœurs, un prêtre, une aide-cuisinière et les deux aviateurs périrent.

Une enquête fut ouverte le lendemain. Les pilotes n’ayant émis aucun avis de détresse, les responsables de l’enquête cherchèrent à savoir pourquoi ils ne s’étaient pas éjectés de l’appareil. Malgré la poursuite de l’enquête, il apparut évident qu’on ne saurait jamais les causes de l’accident.

Un service funèbre fut célébré à la basilique Notre-Dame le 19 mai 1956. L’Aviation royale du Canada se chargea de remettre en état les lieux de l’écrasement.

Écrasement d'avion au Couvent Villa Saint-Louis, à Orléans.

Titre/Description: Écrasement d'avion au Couvent Villa Saint-Louis, à Orléans. Cet écrasement est l'une des pires catastrophes aériennes survenues dans la région d'Ottawa puisqu'il a entraîné la mort de 11 religieuses, d'un prêtre, d'un serviteur et des deux membres d'équipage de l'avion.
Photographe:. Cliff Buckman, Andy Andrews, Ernie McNulty.
Date: 15 mai 1956.
Crédit: Fonds : Andrews-Newton Photographers / Les Archives de la Ville D'Ottawa / MG393-AN-043317-005.
Droit d’auteur: Les Archives de la Ville D'Ottawa.

Explosion au Conseil national de la recherche

Explosion au Conseil national de recherches. Voici un aperçu de l'intérieur de l'immeuble.

Titre/Description: Explosion au Conseil national de recherches. L'explosion a entraîné la mort de trois hommes et causé énormément de dommages. Voici un aperçu de l'intérieur de l'immeuble.
Photographe: C.
Date: 15 décembre 1955.
Crédit: Fonds : Andrews-Newton Photographers / Les Archives de la Ville D'Ottawa / MG393-AN-NP-040375-004
Droit d’auteur: Les Archives de la Ville D'Ottawa.
 

Le 12 décembre 1955, trois employés du Conseil national de la recherche (CNR) périrent lorsqu’un coude de tuyau explosa dans la chaufferie de l’installation de chauffage du chemin Montreal. Ray Stroud, Jean Seguin et Gerald Carriere succombèrent à leurs brûlures causées par la vapeur et l’eau bouillante. Laurent Farley, ingénieur en chef, et Raymond Whinfrey, ingénieur concepteur, se sont aperçus une fois hors de danger que trois de leurs collègues manquaient à l’appel. Les tentatives de réanimation des trois hommes furent vaines.

Le Ottawa Citizen fit état de rumeurs persistantes de gens du coin voulant que cette « explosion » ait été le résultat de travaux secrets réalisés dans les laboratoires du CNR.

Un comité formé de membres du CNR mena l’enquête. Des preuves ont été falsifiées et les lieux de l’accident ont été modifiés. Le comité n’a donc eu d’autre choix que de demander au Ottawa Citizen de lui fournir photos et témoignages. Le rapport officiel, rédigé en mars 1956, fut gardé en diffusion restreinte jusqu’au 16 novembre 1992. Ce rapport suggérait que le coude de tuyau, de mauvaise qualité, avait explosé après qu’une soupape de sûreté se soit ouverte. La mauvaise planification des voies d’urgence et le nombre insuffisant d’issues de secours ont également constitué des facteurs aggravants.

 tuyau brisé.

Titre/Description: Explosion au Conseil national de recherches : tuyau brisé. Le rapport final a permis de conclure que l'explosion était attribuée, entre autres choses, à un tuyau mal conçu.
Photographe: C.
Date: 12 décembre 1955.
Crédit: Fonds : Andrews-Newton Photographers / Les Archives de la Ville D'Ottawa / MG393-AN-NP-040375-002.
Droit d’auteur: Les Archives de la Ville D'Ottawa.

Incendie du marché By

Le 2 janvier 1957, un gigantesque incendie ravagea le marché By, se propageant avec violence dans une série de hangars en bois situés entre la rue Murray, l’avenue Parent et la rue Clarence.

Le Service des incendies fut alerté à 6 h 45 et, à l’arrivée des pompiers, les flammes atteignaient déjà une hauteur de 150 pieds par endroits. Plus de 300 pompiers s’attaquèrent au brasier, qui fut finalement maîtrisé après avoir atteint un immeuble d’appartements en brique de la rue Clarence. Un terrain vacant situé un peu plus loin empêcha la propagation des flammes et, en fin d’après-midi, l’incendie était éteint.

Le feu détruisit deux hôtels, trois immeubles d’appartements, quelques maisons de chambres et plusieurs commerces. Le Canada House Hotel fut le seul édifice épargné dans tout l’îlot. Plus de 150 personnes furent ainsi jetées à la rue. Deux pompiers subirent des blessures par suite de l’écroulement d’un mur. Armand Page, chef adjoint des pompiers, aurait déclaré dans les jours ayant suivi l’événement que cet incendie avait été le plus dur à combattre de toute sa carrière (“Three-Way Fire” 3).

L’incendie se serait déclaré dans le département des livres et de la dactylographie de l’édifice des Impressions et de la Papeterie publiques. Les représentants du Service des incendies ont à l’époque estimé que l’incendie avait couvé pendant des heures avant d’être découvert. Les dommages avaient été évalués à plus d’un million de dollars.

Débris d'un incendie au Marché By.

Titre/Description: Débris d'un incendie au Marché By.
Photographe: L.
Date: 2 janvier 1957.
Crédit: Fonds : Andrews-Newton Photographers / Les Archives de la Ville D'Ottawa / MG393-AN-049717-003.
Droit d’auteur: Les Archives de la Ville D'Ottawa.

Écrasement d'un appareil P-38 de Spartan Air Services

Écrasement d'un avion de Spartan Air Services Ltd. P-38.

Titre/Description: Écrasement d'un avion de Spartan Air Services Ltd. P-38. Le pilote est décédé et il s'agissait du deuxième écrasement d'un avion de Spartan Air Services en moins d'un an.
Photographe: D. et Cliff Buckman.
Date: 2 mai 1955.
Crédit: Fonds : Andrews-Newton Photographers / Les Archives de la Ville D'Ottawa / MG393-AN-036378-001.
Droit d’auteur: Les Archives de la Ville D'Ottawa.

Le 2 mai 1955, C. P.  McEvoy, pilote de 34 ans originaire d’Edmonton, périt dans l’écrasement d’un avion Lockheed P-38 Lightning de Spartan Air Services Ltd. L’appareil s’écrase sur une ferme de Johnston’s Corners, à peine quelques minutes après avoir décollé de la base d’Uplands de l’Aviation royale du Canada. Il s’agit du deuxième appareil P-38 de Spartan Air Services à s’écraser dans la région cette année-là, le premier ayant plongé dans le lac McGregor le 15 mars 1955, tuant le pilote et le navigateur.

Les propriétaires de la ferme sont témoins de l’écrasement et ce sont les pompiers du canton de Gloucester qui interviennent. La cause de l’accident demeure inconnue.

L'explosion de la rue Slater

Le samedi 25 octobre 1958 à 8 h 17, une gigantesque explosion secoua le centre-ville d’Ottawa. Comme le décrira plus tard un journaliste du Ottawa Citizen, on aurait dit « un quartier de Londres bombardé pendant la guerre » (Buckman 20).

L’explosion eut lieu dans l’édifice de l’Addressograph Multigraph, au 248, rue Slater, après qu’une fuite de gaz naturel se fût infiltrée dans des canalisations de gaz inutilisées pour parvenir jusqu’à l’édifice. Une réaction chimique s’ensuivit et, lorsqu’un homme d’entretien alluma une ampoule, le gaz diffusé dans l’air explosa.

Des témoins ont comparé l’effet ressenti à un tremblement de terre ou au souffle d’une bombe. Bon nombre d’édifices de la rue Slater, entre les rues Bank, Kent et Laurier, ont vu leurs fenêtres voler en éclats et leurs marchandises projetées. Le mur arrière du Théâtre Odeon fut éventré et la salle d’exposition de Myer Motors fut complètement détruite. Les débris causèrent beaucoup de problèmes de circulation et 40 personnes furent blessées par les fragments de verre projetés. 60 agents de police et de la GRC qui n’étaient pas en service furent rappelés pour venir aider leurs collègues à évacuer le secteur. William J. Anderson, l’homme d’entretien de l’édifice de l’Addressograph Multigraph, décéda quelques jours plus tard des blessures subies lors de l’explosion.

Le premier ministre Diefenbaker vint sur place pour constater les dégâts. Plus de 25 commerces durent fermer leurs portes pour une durée indéterminée.

La Ville d’Ottawa et le commissaire des incendies de l’Ontario collaborèrent étroitement avec les représentants du gouvernement pour faire la lumière sur cette explosion. Un « Comité civique d’enquête » fut créé le 28 octobre. Des auditions publiques démarrèrent immédiatement, et des experts fédéraux furent appelés en renfort pour mener l’enquête.

Le 29 octobre, toutes les rues du centre-ville, à l’exception de la rue Slater, furent jugées sécurisées et rouvertes aux commerçants et aux piétons. Les travaux de démolition du Théâtre Odeon, de l’édifice Jackson et de l’édifice de l’Addressograph Multigraph débutèrent le lendemain, ce qui permit aux enquêteurs d’examiner le cœur de l’explosion. Le prince Phillip arriva à Ottawa le 31 octobre pour visiter les lieux et interroger les représentants officiels. Globalement, l’accident coûta au gouvernement deux millions de dollars en dommages divers.

Son Altesse Royale le prince Phillip sur les lieux d'une explosion à l'immeuble Addressograph Multigraph du Canada Limité, sur la rue Slater.

Titre/Description: Son Altesse Royale le prince Phillip sur les lieux d'une explosion à l'immeuble Addressograph Multigraph du Canada Limité, sur la rue Slater. Cette explosion a détruit des bâtiments, défoncé des fenêtres, détruit des marchandises et entraîné la fermeture de plus de 25 entreprises pour une période indéterminée. Le prince Philipp est arrivé en octobre 1958 pour constater les dommages et pour participer à l'enquête.
Photographe: Wilson et T.
Date: 30 octobre 1958.
Crédit: Fonds : Andrews-Newton Photographers / Les Archives de la Ville D'Ottawa / MG393-AN-060432-001.
Droit d’auteur: Les Archives de la Ville D'Ottawa.