Passer au contenu principal

Célébrations et événements importants

La période qui suit la Seconde Guerre mondiale est caractérisée par le changement, tant à l’échelon local qu’à l’échelle nationale. Le Commonwealth accueille un nouveau monarque, on découvre un vaccin contre la poliomyélite, Terre-Neuve se joint au Canada, le Parti progressiste-conservateur est porté au pouvoir, le Festival canadien des tulipes voit le jour et l’ambassade soviétique est ravagée par un incendie.

Les tensions découlant de la guerre froide se font sentir partout dans le monde. Le paysage politique de l’après-guerre oppose les pays de l’Europe de l’Ouest et de l’Amérique du Nord à l’Union soviétique, communiste, et à ses pays satellites de l’Europe de l’Est. À l’automne de 1956, ces tensions vont se trouver exacerbées par la crise du canal de Suez et la révolution hongroise.

Commémoration de la Bataille d'Angleterre sur la Colline du Parlement et avions survolant la Tour de la paix.

Titre/Description: Commémoration de la Bataille d'Angleterre sur la Colline du Parlement et avions survolant la Tour de la paix. Cette commémoration à grande échelle d'une bataille de la Seconde Guerre mondiale a permis d'accroître le sentiment d'appartenance à la collectivité chez les citoyens d'Ottawa.
Photographe: Frank Barber.
Date:16 septembre,1956.
Crédit: Fonds : Andrews-Newton Photographers / Les Archives de la Ville D'Ottawa / MG393-AN-045489-002.
Droit d’auteur: Les Archives de la Ville D'Ottawa.

Le couronnement de la reine Elizabeth II

Governor General's Foot Guards rehearsal for the Coronation of H.M. Queen Elizabeth II. Foot Guards practicing manoeuvres.

Titre/Description : Répétition des gardes à pied du gouverneur général en vue des célébrations entourant le couronnement de Sa Majesté la Reine Elizabeth II. Les gardes à pied pratiquent leurs manœuvres.

Photographe : Inconnu
Date : 24 mai 1953
Source : Fonds Andrews-Newton Photographers/ Archives de la Ville d’Ottawa/MG393-AN-SC-027131-007
Droits d’auteur : Archives de la Ville d’Ottawa

En septembre 1951, le roi George VI apprend qu’il souffre d’un cancer du poumon. Il succombe à une crise cardiaque le 6 février 1952 alors qu’il se remet d’une chirurgie pour l’ablation d’un poumon. La jeune princesse Élizabeth, en visite royale au Kenya à ce moment-là, est l’une des dernières personnes à apprendre la mort de son père.

Durant cette période de grand chagrin, la jeune princesse se voit dans l’obligation d’accepter le rôle le plus important de sa vie. Le 2 juin 1953, le monde entier a les yeux rivés sur la princesse Élizabeth qui monte sur le trône et devient la reine Élizabeth II.

Environ 100 000 personnes participent à la célébration sur la Colline du Parlement. Les gardes à pied du gouverneur général effectuent le salut au drapeau de la reine en présence du gouverneur général Vincent Massey qui assiste à la cérémonie d’une estrade dressée en face de la Tour de la Paix. 145 avions survolent la Tour de la Paix et affichent « E II » en lettres géantes. Une cuillère d’argent est envoyée à chaque enfant canadien né en cette journée de célébration. 

Governor General's Foot Guards rehearsal for the Coronation of H.M. Queen Elizabeth II. Child standing in front of guards with camera.

Titre/Description : Répétition des gardes à pied du gouverneur général en vue des célébrations entourant le couronnement de Sa Majesté la Reine Elizabeth II. Un enfant avec son appareil photo se tient devant les gardes.
Photographe : Inconnu
Date : 24 mai1953
Source : Fonds Andrews-Newton Photographers / Archives de la Ville d’Ottawa / MG393-AN-SC-027131-001
Droits d’auteur : Archives de la Ville d’Ottawa

Vaccinations contre la poliomyélite

La poliomyélite est l’un des plus graves problèmes de santé publique du vingtième siècle. Le virus causant la maladie est isolé en 1908 et, en 1945, les chercheurs découvrent qu’il existe trois types différents de virus de la polio.

Plus courant durant l’été, le virus frappe surtout les enfants. La polio se développe souvent très vite, se manifestant d’abord par des symptômes semblables à ceux de la grippe, mais produisant des effets qui varient selon les cas. Certaines personnes se rétablissent complètement; d’autres demeurent paralysées, même si les symptômes sont les mêmes au départ. En raison de cette ressemblance entre les premiers symptômes de la polio et ceux de la grippe, les médecins ne parviennent pas toujours à poser le bon diagnostic.

Le virus de la polio s’attaque aux neurones moteurs, qui contrôlent les mouvements des muscles. La personne atteinte peut être incapable de faire usage de ses bras ou de ses jambes. Dans les cas les plus graves, les poumons cessent de fonctionner. Le poumon d’acier, appareil pressurisé qui oblige les muscles à se détendre et à se contracter, devient le symbole le plus frappant des effets de la polio.

Si les traitements s’améliorent dans les années 1940, l’objectif de nombreux chercheurs est de faire en sorte que les gens évitent d’attraper la polio. Le Dr Jonas Salk élabore un vaccin fabriqué à partir du virus de la polio inactivé, qui est déclaré efficace le 12 avril 1955. Le lendemain, le gouvernement de l’Ontario annonce que le vaccin sera administré gratuitement à tous les enfants et écoliers. Le 18 avril, des campagnes de vaccination massives débutent dans les écoles élémentaires d’Ottawa. En 1957, la vaccination gratuite est offerte à tous les résidents de la province. Le programme de vaccination connaît un énorme succès, et le nombre de cas de polio diminue radicalement.

Séance de vaccination contre la polio à l'école publique de la rue Elgin. Marcel Hue a été le premier enfant à recevoir le nouveau vaccin à cette école.

Titre/Description: Séance de vaccination contre la polio à l'école publique de la rue Elgin. Marcel Hue a été le premier enfant à recevoir le nouveau vaccin à cette école.
Photographe:. Doug Gall.
Date: 18 avril, 1955.
Crédit: Fonds : Andrews-Newton Photographers / Les Archives de la Ville D'Ottawa / MG393-AN-036093-003.
Droit d’auteur: Les Archives de la Ville D'Ottawa.

Manifestions hongroises antisoviétiques

Manifestation antisoviétique organisée par des Hongrois.

Titre/Description: Manifestation antisoviétique organisée par des Hongrois. Quelques manifestants provenaient de Toronto et de Montréal et ils se sont réunis pour manifester contre les mesures prises par l'Union soviétique en Hongrie à l'automne de 1956. Plus de 2 500 personnes ont participé à cette manifestation.
Photographe:. Gerry Donahue, Ted Grant et Cliff Buckman.
Date: 27 octobre, 1956.
Crédit: Fonds : Andrews-Newton Photographers / Les Archives de la Ville D'Ottawa / MG393-AN-046353-012.
Droit d’auteur: Les Archives de la Ville D'Ottawa.

Depuis 1948, année marquant le début de l’occupation soviétique, un sentiment antisoviétique règne en Hongrie. En octobre 1956, l’association étudiante des universités hongroises énonce seize revendications, notamment le retour à la démocratie, une réforme économique, la liberté de presse et la souveraineté de la Hongrie.

Le 23 octobre, les étudiants manifestent pacifiquement à Budapest en solidarité avec les mouvements protestataires polonais. À la suite des réprimandes du dirigeant communiste Erno Gero, le groupe devient hostile et choisit de prendre les armes, celles des soldats et d’une usine de munitions.

Lorsque les troupes soviétiques entrent dans Budapest le 24 octobre 1956, à l’aube, elles sont loin de se douter de ce qui les attendent. « Elles se sont retrouvées au milieu d’une guérilla urbaine face à un ennemi déterminé et inventif » (Sebestyen 126-127).

Au plan international, on craint qu’une implication des pays occidentaux n’entraîne un conflit mondial.

À Ottawa, des protestataires forment un convoi de voitures devant le chantier de la nouvelle ambassade de l’Union soviétique et, le 28 octobre 1956, environ 2 500 personnes se rassemblent devant le Monument commémoratif de guerre du Canada. Les manifestants portent des affiches et des bannières, et ils déposent des gerbes de fleurs au pied du monument.

Le 31 octobre, les troupes soviétiques semblent se retirer de Budapest. Le répit est toutefois de courte durée : quelques jours plus tard, le 4 novembre 1959, l’armée soviétique lance 150 000 soldats sur la Hongrie. Budapest est bombardée pendant deux jours, et des quartiers complets de la ville sont détruits. Les chefs militaires hongrois sont faits prisonniers par l’armée soviétique lors d’une réunion au cours de laquelle ils devaient discuter du retrait des troupes soviétiques. La communauté internationale est choquée de la tournure des événements. Le 4 novembre 1956, M. Lester Pearson exprime son point de vue lors d’un discours prononcé aux Nations Unies :

« En Hongrie, la “démocratie du peuple” a été démasquée; le mythe de l’unité monolithique de l’Empire communiste a été détruit. » (Pearson 21).

Les réfugiés hongrois traversent la frontière pour se rendre en Autriche, ce qui entraîne le début d’une campagne d’aide internationale d’envergure. À partir de la mi-décembre, les réfugiés commencent à arriver et à s’établir à Ottawa ainsi que dans la région. À la suite de la révolution hongroise de 1956, 35 000 Hongrois trouvent refuge au Canada.

Arrivée de réfugiés hongrois.

Titre/Description: Arrivée de réfugiés hongrois. La révolution a donné lieu à un exode et bon nombre de Hongrois se sont installés dans la région d'Ottawa.
Photographe: Inconnu.
Date: 1956.
Crédit: Fonds : Andrews-Newton Photographers / Les Archives de la Ville D'Ottawa / MG393-AN-047473-001.
Droit d’auteur: Les Archives de la Ville D'Ottawa.

Lester B. Pearson reçoit le prix Nobel de la paix

À l’été 1956, l’Égypte cherche de l’aide pour financer la construction du haut barrage d’Assouan, sur le Nil. Le pays négocie un emprunt auprès de la Grande-Bretagne, de la France et de la Banque mondiale. Durant ce même été, l’Égypte achète du matériel militaire à la Tchécoslovaquie, pays satellite de l’Union soviétique, en raison du conflit qui l’oppose à Israël. La Grande-Bretagne, la France et la Banque mondiale jugent qu’acheter du matériel à la Tchécoslovaquie équivaut à conclure un marché directement avec Moscou. Elles décident donc de retirer leur soutien financier à l’Égypte.

Cette décision entraîne la nationalisation du canal de Suez, principale route commerciale utilisée pour acheminer le pétrole vers la plupart des pays de l’Europe de l’Ouest. La Grande-Bretagne et la France élaborent discrètement un plan visant à attaquer l’Égypte et à reprendre le contrôle du canal. La France conclut une entente avec Israël. La Grande-Bretagne adhère aux discussions par la suite, et les trois pays arrêtent un plan d’action. Israël va attaquer l’Égypte à un moment prédéterminé. Pendant l’attaque, le canal de Suez paraîtra en danger. La Grande-Bretagne et la France déploieront alors des troupes et un soutien aérien afin de protéger le canal. Bien qu’on l’ignore généralement à l’époque, l’incident a été planifié.

L’attaque israélienne débute dans la nuit du 28 au 29 octobre 1956, la Grande-Bretagne et la France se joignant à Israël quelques jours plus tard. L’Union soviétique apporte son appui aux Égyptiens et indique clairement que si les États-Unis s’impliquent militairement ou si la Grande-Bretagne et la France ne se retirent pas, elle déploiera des armes nucléaires.

Pendant ce temps, au siège des Nations Unies à New York, Lester B. Pearson propose l’envoi de militaires neutres (des « gardiens de la paix ») chargés de superviser le retrait des troupes et de séparer les deux factions. Un cessez-le-feu entre en vigueur le 7 novembre 1956 à 2 heures du matin. Les premiers gardiens de la paix sont des Norvégiens, qui débarquent en Égypte le 21 novembre. Ils sont suivis des Canadiens quelques jours plus tard.

Lester B. Pearson, qui a été diplomate de carrière avant d’occuper le poste de ministre des Affaires extérieures, réussit ce qui semblait impossible. Le 13 octobre 1957, on annonce que le Prix Nobel de la paix lui a été attribué pour sa contribution au dénouement de la crise du canal de Suez.

Lester B. Pearson, récipiendaire du Prix Nobel de la paix, en compagnie de sa femme.

Titre/Description: Lester B. Pearson, récipiendaire du Prix Nobel de la paix, en compagnie de sa femme. M. Pearson a par la suite mené les Libéraux fédéraux au pouvoir, en 1963.
Photographe: Frank Barber et Cliff Buckman.
Date: 15 novembre, 1955.
Crédit: Fonds : Andrews-Newton Photographers / Les Archives de la Ville D'Ottawa / MG393-AN-039859-001.
Droit d’auteur: Les Archives de la Ville D'Ottawa.

Terre-Neuve devient une province

La province de Terre-Neuve et Labrador se joint au Canada le 31 mars 1949. Les gouvernements britannique et canadien ainsi que la population de Terre-Neuve ont de nombreuses préoccupations à résoudre. Colonie indépendante depuis 1855, Terre-Neuve connaît des difficultés au milieu des années 1930 et le gouvernement britannique charge une commission de diriger la colonie.

Au cours de la Seconde Guerre mondiale, le Canada se rend compte que la protection de la côte est du pays dépend de la qualité de la défense de Terre-Neuve. Toutefois, la colonie, qui accueille du personnel militaire américain et canadien pendant le conflit, entretient aussi des liens étroits avec les États-Unis et l’on craint que ces liens ne se solidifient.

En 1946, la population de Terre-Neuve élit une convention nationale chargée d’examiner les nouvelles formes de gouvernement possibles. Dès lors, deux courants vont s’opposer, soit, d’un côté, les partisans du maintien de l’indépendance et, de l’autre, les partisans de l’adhésion à la confédération canadienne.

En 1947, des délégations sont dépêchées à Ottawa et à Londres afin de déterminer les offres que les gouvernements canadien et britannique sont disposés à formuler. Les renseignements que la délégation obtient d’Ottawa révèlent que Terre-Neuve bénéficierait des mêmes droits et des mêmes programmes que les autres provinces. Si la colonie se joint au Canada, les revenus seront envoyés à Ottawa. Le Canada propose une série de subventions transitoires ainsi que la formation d’une commission royale chargée de réévaluer la situation dans huit ans, car on ignore les coûts qu’entraînera la gestion de la nouvelle province.

Terre-Neuve a connu des difficultés économiques dans les années 1930 et beaucoup craignent que l’histoire ne se répète si la colonie demeure séparée du Canada. Toutefois, le mouvement qui s’oppose à la confédération bénéficie de l’appui d’une large part du milieu des affaires de Saint John’s et de l’Église catholique. Celle-ci craint que les incitatifs financiers inhérents aux programmes sociaux canadiens ne fassent oublier aux Terre-Neuviens leurs valeurs traditionnelles, tandis que les gens d’affaires s’inquiètent des conséquences économiques de l’adhésion au Canada.

Deux référendums ont lieu en 1948. Malgré des résultats serrés, le second se traduit par l’entrée de Terre-Neuve dans la Confédération canadienne. Joey Smallwood, journaliste et promoteur de la Confédération, devient alors premier ministre de Terre-Neuve-et-Labrador.

Arrivée du premier ministre Joey Smallwood à la gare Union.

Titre/Description: Arrivée du premier ministre Joey Smallwood à la gare Union. M. Smallwood a été le premier premier ministre de Terre-Neuve. Il était à Ottawa pour assister à une réunion des premiers ministres provinciaux.
Photographe: Pete.
Date: 7 avril, 1959.
Crédit
: Fonds : Andrews-Newton Photographers / Les Archives de la Ville D'Ottawa / MG393-AN-A001617-001.
Droit d’auteur: Les Archives de la Ville D'Ottawa.

Le congrès d'investiture du Parti progressiste-conservateur

Après que George A. Drew eut tiré sa révérence en tant que chef des progressistes conservateurs en 1956, ces derniers commencent à chercher quelqu’un à la forte personnalité qui pourra reprendre le pouvoir à la Chambre des communes. Le député de la Saskatchewan John Diefenbaker, avec « sa rhétorique digne d’un prédicateur et son dévouement pour les personnes défavorisées, largement publicisé » (Morton 222), devient rapidement le candidat favori.

En décembre, les progressistes conservateurs de tout le pays se réunissent à Ottawa pour y choisir leur nouveau chef. Lorsque le congrès du Parti commence au Colisée d’Ottawa le 13 décembre, il apparaît évident que l’événement sera sans précédent. La mairesse d’Ottawa, Charlotte Whitton, prononce le discours d’inauguration, tandis que le premier ministre de la Nouvelle-Écosse agit comme orateur invité. Après les formalités d’usage, le congrès prend des airs résolument festifs. Un journaliste de l’Ottawa Citizen décrit l’ambiance des lieux :

« Plus de 1 300 délégués présents au congrès à la chefferie ont découvert hier que la politique pouvait être synonyme de plaisir. De jolies majorettes armées de tambours, des joueurs de cornemuse en kilt, le son des ballons qui éclatent et un enthousiasme sans borne et débordant ont fait de cette soirée d’élection une fête complètement débridée digne du Mardi gras. » (Hardy 31)

Pour gagner, M. Diefenbaker doit obtenir 649 votes. Il finit par recueillir « 774 voix sur un total possible de 1 296 » (“Diefenbaker Wins” 1). Le Parti profite du congrès pour dévoiler un nouveau programme dans lequel il promet de modifier la réglementation relative aux impôts, aux rentes de retraite et aux avantages sociaux. Ces changements, tant à la direction du Parti que dans son programme, contribueront grandement à l’élection d’un premier ministre progressiste conservateur en 1957.

 dépouillement des votes.

Titre/Description: Congrès national du Parti progressiste-conservateur : dépouillement des votes.
Photographe:
C.A.
Date: 14 décembre, 1956.
Crédit: Fonds : Andrews-Newton Photographers / Les Archives de la Ville D'Ottawa / MG393-AN-NP-047308-057.
Droit d’auteur: Les Archives de la Ville D'Ottawa.

Le premier Festival canadien des tulipes

Le Festival canadien des tulipes débute au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, après que la princesse Juliana des Pays-Bas ait fait don de 100 000 bulbes de tulipe à la ville d’Ottawa en signe d’amitié. Le Canada a donné asile à la famille royale hollandaise pendant la guerre et joué un grand rôle dans la libération des Pays-Bas. Alors que la famille royale est réfugiée à Ottawa, la princesse Juliana donne naissance à la princesse Margriet à l’hôpital Civic d’Ottawa. Le gouvernement canadien accorde temporairement le statut de « territoire hollandais » à la chambre d’hôpital où séjourne la mère, afin d’assurer la place de la princesse nouvellement née dans la ligne de succession au trône.

Le premier Festival canadien des tulipes se déroule à Ottawa en mai 1953, la cérémonie d’inauguration ayant lieu sur la colline du Parlement. Commandité par la chambre de commerce de la ville, il a été conçu par le photographe Malak Karsh. Plus de 750 000 tulipes fleurissent dans toute la capitale nationale. Les visiteurs se pressent pour admirer les splendides massifs de tulipes. Le festival remporte un vif succès et devient une célébration annuelle.

Les Pays-Bas continuent de donner 20 000 bulbes de tulipes chaque année à la Ville d’Ottawa et le Festival canadien des tulipes est aujourd’hui la plus importante manifestation du genre en Amérique du Nord.

C'est le temps des tulipes à Ottawa.

Titre/Description: C'est le temps des tulipes à Ottawa. Le Festival canadien des tulipes a été inauguré lorsque la princesse Juliana des Pays-Bas a envoyé 100 000 tulipes à la Ville pour la remercier d'avoir accueilli la famille royale des Pays-Bas durant la Deuxième Guerre mondiale.
Photographe:.D et M.
Date:.10 mai, 1955.
Crédit: Fonds : Andrews-Newton Photographers / Les Archives de la Ville D'Ottawa / MG393-AN-NP-036510-001.
Droit d’auteur: Les Archives de la Ville D'Ottawa.

Incendie à l'ambassade soviétique

Un incendie se déclare à l’ambassade soviétique sur la rue Charlotte le 1er janvier 1956. Lorsque l’incendie éclate, le personnel en place essaie de l’éteindre lui-même. 40 minutes plus tard, on demande l’aide du Service des incendies.

Les pompiers qui arrivent sur les lieux vivent une expérience particulière. On ne leur permet pas d’entrer dans l’édifice et ils ne peuvent apporter leur équipement très près du brasier car une grande clôture bloque l’accès à l’emplacement. Les policiers n’ont aucune autorité leur permettant d’aider le Service des incendies à se rapprocher des lieux. Pendant ce temps, le personnel de l’ambassade s’affaire à transporter documents, meubles et autres objets de valeur à l’extérieur de l’immeuble tout en esquivant les débris qui tombent.

La mairesse Whitton et Paul Martin père se rendent immédiatement sur place à titre de représentants de la Ville et du ministère des Affaires étrangères. Après d’intenses négociations avec l’ambassadeur russe, le Service des incendies peut finalement avoir accès à l’endroit. À ce moment-là, l’incendie fait rage depuis plus d’une heure et il est trop tard pour sauver l’édifice. Il faut six heures et tous les effectifs du Service des incendies pour éteindre le brasier.

L’ambassade est détruite. En plus d’illustrer les tensions de la guerre froide, cet événement démontre à plusieurs personnes d’Ottawa ce que sont les droits extraterritoriaux des ambassades et de leur personnel. Le terrain sur lequel est située une ambassade est considéré techniquement comme propriété de ce pays. Le Service des incendies aurait pu forcer exceptionnellement ce soir-là l’entrée à la propriété si l’incendie avait mis en danger la vie d’un Canadien ou une propriété canadienne. Ces lois sont encore en vigueur aujourd’hui.

Ambassade de la Russie après un incendie.

Titre/Description: Ambassade de la Russie après un incendie. L'incendie survenu à l'ambassade illustre bien les tensions entre l'Amérique du Nord et la Russie durant la guerre froide. Le Service des incendies d'Ottawa n'a pas été autorisé à accéder à l'ambassade pour éteindre l'incendie. En fait, les pompiers ont dû regarder l'immeuble brûler pendant que les Russes sortaient des meubles et des documents des immeubles.
Photographe: Inconnu.
Date: 2 janvier, 1956.
Crédit: Fonds : Andrews-Newton Photographers / Les Archives de la Ville D'Ottawa / MG393-AN-NP-040708-001.
Droit d’auteur: Les Archives de la Ville D'Ottawa.