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Section 3 : Concrétiser la vision

3.1 Introduction

Les objectifs d’Ottawa 20/20 en matière de gestion de la croissance se prêtent à cinq objectifs de gestion et de multiplication des espaces verts dans le secteur urbain.

Le nombre suffisant : voilà l’objectif qui suscite le plus d’intérêt et de controverse chez les membres du public. Y a t il assez d’espaces verts? Comment faire pour en avoir davantage? L’atteinte d’un nombre suffisant d’espaces verts, mesuré en hectares par millier d’habitants, ne signifie pas pour autant que les besoins de la collectivité en la matière seront satisfaits. Le nombre d’espaces verts fournis ne signifie pas non plus que ces lieux correspondent aux besoins en matière de loisirs des résidents ou que les terrains les plus importants sur le plan environnemental sont protégés. La qualité des espaces verts, leur durabilité et leur accessibilité sont autant d’éléments à prendre en considération. La présente section porte sur la signification de chaque objectif, sur les défis à surmonter pour les atteindre et sur les mesures que la Ville peut prendre en ce sens.

Les cinq objectifs en matière d’espaces verts

  1. Nombre suffisant – La Ville fournira des espaces verts en nombre suffisant pour satisfaire aux besoins d’une collectivité grandissante et variée de même que pour préserver les écosystèmes, la biodiversité et les habitats naturels.
  2. Accessibilité – Les résidents d’Ottawa auront facilement accès à des espaces verts situés à proximité de leur résidence et de leur quartier.
  3. Connectivité – Les espaces verts d’Ottawa seront reliés afin de rendre les installations récréatives plus accessibles et de favoriser la biodiversité et le déplacement des espèces.
  4. Qualité – Les espaces verts seront attrayants, sûrs et bien conçus, de manière à répondre aux besoins multiples de leurs utilisateurs tout en définissant l’identité propre de chaque collectivité. Les espaces verts essentiellement naturels seront préservés afin que les caractéristiques et les fonctions naturelles en soient protégées et mises en valeur.
  5. Durabilité – Les espaces verts seront planifiés et gérés de manière à limiter l’intervention humaine et les dépenses publiques à long terme, grâce à l’action des processus naturels et à l’application de méthodes novatrices de protection des espaces verts.

3.2 Nombre suffisant d'espaces verts

3.2.1 Dispositions actuelles – Objectifs et enjeux

Le Plan officiel de la Ville établit, pour ce qui est de la superficie totale d’espaces verts (terrains naturels, espaces libres et terrains de loisirs), un objectif de 4 hectares par tranche de 1 000 résidents; cet objectif a été atteint dans la plus grande partie du secteur urbain. Dans les nouveaux quartiers, l’objectif inclut un objectif secondaire d’au moins 2 hectares de parcs et de terrains de loisirs pour 1 000 résidents, ce qui correspond à la proportion de parcs dans les quartiers établis. Il s’agit là d’un objectif ambitieux puisque les terrains réservés à la création de parcs doivent, aux termes de la Loi sur l’aménagement du territoire, représenter environ 1,2 hectare par millier d’habitants et que la proportion manquante doit être comblée par voie d’acquisitions et de négociations. Les plans de conception communautaire approuvés récemment pour les secteurs suburbains en expansion tiennent compte de ces objectifs.

La figure 4 illustre la population des grands secteurs de la ville et le nombre de parcs et d’espaces verts dans chaque district. Elle indique également le nombre de parcs et d’espaces verts par millier d’habitants. Dans ce tableau, les espaces servant de parcs comprennent les parcs municipaux et les terrains fédéraux reconnus en tant que parcs par la CCN. Ces terrains incluent les terrains primaires illustrés sur la carte 2 de la section 2. Aux fins de cette analyse, la superficie totale d’espaces verts englobe les espaces servant de parcs ainsi que les espaces libres actifs et passifs publics recensés dans l’enquête sur l’utilisation du sol de 2005. Ces terrains sont illustrés, d’une manière générale, comme terrains de soutien sur la carte 2 de la section 2. Les cours d’école et les terrains de la Ceinture de verdure ne sont pas pris en compte dans cette analyse.

La figure 4 illustre la répartition des parcs et autres espaces verts dans les secteurs du territoire urbain d’Ottawa.

La figure 4 illustre la répartition des parcs et autres espaces verts dans les secteurs du territoire urbain d’Ottawa.

D’une manière générale, la plupart des secteurs atteignent les objectifs du Plan officiel. Bien que certains des anciens quartiers aient moins de parcs que les nouvelles banlieues, ils atteignent ou dépassent l’objectif visé pour ce qui est de la superficie totale d’espaces verts car les quartiers situés à l’intérieur de la Ceinture de verdure ont accès dans l’ensemble à de nombreux espaces verts appartenant au fédéral. La seule exception est la zone intérieure, fortement peuplée, qui n’atteint pas l’objectif du Plan officiel en matière d’espaces verts ou de parcs.

Les espaces verts de chaque secteur ont des particularités qui traduisent leurs caractéristiques naturelles, leur emplacement dans la ville et les décisions urbanistiques dont ils ont fait l’objet. Le nombre total d’espaces verts peut être plus élevé dans les quartiers disposant en abondance de caractéristiques naturelles ou de terrains limitant l’aménagement comme les plaines inondables. D’autres secteurs ont plus ou moins de terrains servant à des infrastructures comme les installations de gestion des eaux pluviales. Certaines anciennes municipalités avaient davantage de parcs que ne le recommande le Plan officiel actuel, compte tenu des contributions de promoteurs, des partenariats conclus et des terrains acquis. Bon nombre des anciennes municipalités disposaient de crédits pour acquérir des terrains destinés à des parcs, ce qui explique que ces derniers existent en bon nombre dans certains secteurs. Quelques collectivités sont situées à proximité d’espaces verts de propriété fédérale ou municipale. À Leitrim, un grand parc a été acheté en prévision de l’accroissement de la population, produisant une superficie disproportionnée de parcs par millier d’habitants. La présence ou l’absence de ces divers éléments peut grandement modifier la composition de l’inventaire de parcs et d’espaces verts dans un quartier, si bien qu’à cet égard, tous les quartiers se distinguent. En outre, il est plus important de prendre en compte la qualité de tous les espaces verts d’un quartier que de chercher à atteindre les objectifs fixés.

Au fur et à mesure que les quartiers situés à l’extérieur de la Ceinture de verdure continuent à se développer tandis que les quartiers bien établis situés à l’intérieur de la celle ci se densifient, la proportion de parcs par millier d’habitants devrait baisser dans certains secteurs. Dans les nouveaux quartiers, les lotissements entraîneront l’apparition de parcs. Toutefois, lorsque de grands parcs ont déjà été aménagés, la proportion parcs-population diminuera au fur et à mesure que l’aménagement de la banlieue progressera. Dans les quartiers bien établis, les parcs seront maintenus, mais la population à laquelle ils sont destinés augmentera. Dans ces secteurs, il pourrait être souhaitable de compenser l’utilisation accrue des parcs en fournissant de nouvelles installations dans d’autres espaces libres et terrains municipaux afin d’y accroître les possibilités récréatives. La Ville pourrait également acquérir des terrains à l’intérieur de la Ceinture de verdure pour les convertir en parcs, quoique les coûts soient élevés et les possibilités, rares.

Bien que la Ville ait établi un objectif de 2 hectares de parcs et de terrains de loisirs par tranche de 1 000 habitants, aucun objectif n’a été fixé en ce qui concerne la quantité de terrains naturels à Ottawa, même si les terrains naturels sont inclus dans l’objectif associé à la superficie totale d’espaces verts. Comme dans d’autres villes canadiennes, les secteurs environnementaux existants sont préservés lorsqu’il est possible de le faire. Que les objectifs soient atteints ou non, la Ville continuera à acquérir des terrains naturels et des parcs.

Pour accroître le nombre d’espaces verts urbains d’Ottawa, la Ville :

  • poursuivra ses objectifs généraux relatifs aux espaces verts publics et accessibles et étendra à l’ensemble du secteur urbain l’application de ses objectifs généraux en matière de parcs et de terrains de loisirs

3.2.2 Suivre le rythme du changement

Plus Ottawa se rapprochera de la marque du million d’habitants et de l’an 2020, plus les secteurs de croissance suburbains et le noyau central feront face à des changements et à des pressions en matière d’espaces verts. Les nouveaux quartiers devront offrir toute une gamme de terrains naturels et d’espaces libres et de terrains de loisirs, tandis qu’à mesure que le noyau central se densifiera et que la population y augmentera, la proportion de parcs par rapport à la population chutera sous les niveaux actuels. Bien que ces pressions soient exercées à l’échelle des quartiers, elles sont également ressenties entre les collectivités et sur l’ensemble du territoire municipal. Bon nombre des problèmes liés aux espaces verts observés aujourd’hui seront encore plus aigus demain, notamment pour les raisons suivantes :

  • caractère inadéquat des dispositions de la Loi sur l’aménagement du territoire relatives aux terrains réservés à la création de parcs afin d’offrir un nombre suffisant d’espaces verts, en particulier des terrains de sport et des sentiers
  • insuffisance du financement consacré à l’acquisition de terrains naturels et d’autres espaces verts
  • définition floue des terrains considérés comme des espaces verts ou des terrains vacants;
  • réaménagement des espaces libres et des terrains de loisirs privés
  • évolution du rôle des cours d’école
  • pressions exercées sur les terrains assortis de contraintes et les autres terrains associés aux infrastructures

Caractère inadéquat des dispositions relatives aux terrains réservés à la création de parcs

La création de parcs exigée aux termes de la Loi sur l’aménagement du territoire ne peut pas suffire à garantir que tous les besoins futurs en matière d’espaces libres et de terrains de loisirs seront satisfaits dans les quartiers nouveaux ou établis. La Loi sur l’aménagement du territoire prévoit la création de parcs dans le cadre du processus d’examen des demandes d’aménagement, sans qu’il en coûte quoi que ce soit à la Ville. Dans certaines circonstances, cet engagement prend la forme d’une compensation financière. Dans les quartiers établis, les petits terrains font habituellement l’objet d’aménagements intercalaires et ne se prêtent donc pas, en raison de leur superficie ou de leur emplacement, à la création de parcs. La solution de rechange qui consiste à accepter une compensation financière n’est pas idéale car les emplacements disponibles sont des terrains onéreux et viabilisés du noyau urbain. Dans les nouveaux quartiers, les terrains réservés à l’aménagement de parcs constituent le moyen privilégié de créer de tels lieux et de répondre dans l’ensemble à la demande à proximité des résidences. Toutefois, les parcs figurant dans certains plans communautaires ne peuvent pas tous être acquis de cette manière. De plus, l’affectation de terrains à cette fin ne garantit pas toujours l’aménagement de ces parcs ainsi que des terrains de sport et des terrains naturels devant être protégés.

Les terrains de sport structurés sont de plus en plus populaires et ne suffisent plus à la demande (Stratégie sur les terrains de sport, IBI 2003). La Ville doit régler la question de l’insuffisance actuelle en terrains de sport et se préparer à répondre à la demande future d’une population toujours croissante. La pénurie actuelle entraîne une surutilisation de certains terrains et mène à la détérioration des surfaces de jeu et à l’impossibilité de satisfaire en temps opportun aux besoins des groupes sportifs. En outre, les parcs de quartier ne sont habituellement pas assez grands pour permettre l’aménagement d’un ou de plusieurs terrains de sport ni pour accueillir les joueurs de ligues sportives et les spectateurs d’autres quartiers. La répartition la plus efficace de terrains de sport pour les ligues organisées ou les tournois est réalisée dans les grands parcs comportant plusieurs terrains et pouvant satisfaire aux besoins des joueurs d’un quartier ou d’ailleurs en ville, y compris les nouveaux quartiers du centre-ville.

Les redevances d’aménagement peuvent servir à financer une grande partie des coûts des nouveaux terrains de sport visant à répondre à la demande résultant de la croissance urbaine, mais ces redevances ne peuvent pas être utilisées pour acquérir des terrains, conformément aux dispositions de la Loi sur les redevances d’aménagement. La Ville a lancé un programme amélioré d’acquisition de terrains de sport en affectant un million de dollars à cette fin dans le budget de 2006, et examinera la possibilité d’un financement supplémentaire dans le Plan financier à long terme de 2007. Elle poursuivra également ses locations de terrains à long terme et ses partenariats avec les groupes sportifs souhaitant aménager des terrains qui leur soient destinés tout en étant accessibles au public.

Pour garantir un nombre suffisant d’espaces verts dans le secteur urbain, la Ville :

  • poursuivra son objectif consistant à prévoir, partout sur son territoire, 2 hectares de parcs par tranche de 1 000 habitants, soit de 8 à 10 p. 100 de la superficie aménageable
  • utilisera les plans de conception communautaire pour déterminer toutes les possibilités d’aménagement d’espaces verts dans les quartiers nouveaux ou revitalisés, et proposera des stratégies permettant d’atteindre les objectifs du Plan officiel et de fournir des liens vers le Réseau urbain d’espaces verts
  • appliquera les dispositions relatives aux espaces libres et à la forêt urbaine de la Stratégie de conception urbaine du centre-ville d’Ottawa 20/20 adoptée par le Conseil municipal d’Ottawa, et fera appel au processus d’examen des demandes d’aménagement, aux partenariats et aux travaux publics pour acquérir les espaces libres potentiels des divers secteurs du centre-ville indiqués dans les plans
  • ne considérera comme excédentaire à ses besoins aux fins de sa cession aucun terrain qui n’ait d’abord été évalué dans le contexte de sa contribution au Réseau urbain d’espaces verts, de la protection ou de la mise en valeur de l’environnement, ou de son intégration à l’inventaire des espaces libres récréatifs de la Ville. En évaluant la possibilité de céder un terrain lui appartenant, la Ville s’assurera que toutes les fonctions utiles au réseau ont été préservées

Insuffisance du financement

Avant la fusion, plusieurs municipalités de la région appliquaient des programmes novateurs et dégageaient des fonds pour acquérir des terrains réservés à l’aménagement de parcs en prévision d’une éventuelle croissance urbaine. L’ancienne Municipalité régionale d’Ottawa-Carleton disposait également d’un fonds destiné à l’acquisition de terrains environnementaux dans le secteur rural et le long des principaux cours d’eau. Ce fonds a été transposé dans les budgets de la Ville d’Ottawa. Celle ci a également élargi ses stratégies d’acquisition d’espaces verts afin de ne pas compter uniquement sur les terrains réservés à la création de parcs, par exemple en tirant profit des crédits d’impôt consentis pour les dons de terrains effectués dans le cadre d’une stratégie d’acquisition d’espaces naturels.

La Ville dispose déjà d’une politique d’acquisition de terrains afin d’aider à protéger les éléments fonciers désignés dans le Plan officiel. Cette politique figure à l’annexe B. Mais au fur et à mesure que 2020 approche, la Ville doit examiner ses priorités en matière d’espaces verts et élaborer une stratégie permettant de pallier les insuffisances de financement. Les crédits nécessaires à l’acquisition de vastes parcs de district et de terrains naturels peuvent provenir de diverses sources, y compris le règlement financier des frais relatifs aux terrains à vocation de parcs, les budgets des immobilisations (l’assiette fiscale) et les partenariats avec des ligues sportives locales. La création d’un fonds pour les acquisitions permettrait à la Ville d’accroître ses possibilités d’acheter des terrains au début du processus d’aménagement à un coût moindre qu’ultérieurement, lorsque la viabilisation est assurée et que le terrain est prêt à être aménagé. Les règlements financiers ne permettent pas de tirer suffisamment de fonds pour procéder à de gros achats d’espaces verts en temps opportun, c’est à dire avant que la propriété n’ait atteint sa pleine valeur.

La prochaine décision du Conseil relativement au secteur urbain consistera à déterminer s’il fera l’acquisition des espaces naturels privés recensés dans l’Étude d’évaluation environnementale des espaces naturels urbains ainsi que dans la Stratégie visant les caractéristiques naturelles urbaines proposée. Bien que certains de ces emplacements prioritaires puissent être protégés grâce à des partenariats et à d’autres mécanismes, bon nombre d’entre eux devront être acquis par la Ville si l’on souhaite les préserver.

Pour mieux déterminer la pertinence du financement réservé aux espaces verts, la Ville :

  • examinera toutes les sources de financement consacré à l’acquisition de terrains naturels, d’espaces libres et de terrains de loisirs, y compris le fonds d’acquisition de terres à des fins environnementales, les règlements financiers obtenus pour la création de parcs et d’autres programmes d’immobilisations approuvés ou proposés dans le Plan financier à long terme
  • proposera une approche cohérente et coordonnée de gestion des fonds et de reddition de comptes au Conseil et aux résidents

Définition floue des terrains considérés comme des espaces verts ou des terrains vacants

On retrouve partout dans la ville de grandes parcelles de terrains publics utilisés comme espaces libres par les résidents, qui y promènent leur chien et y pratiquent diverses activités, bien que ces terrains ne soient pas considérés comme des parcs et que leur utilisation future soit mal définie. Certains de ces terrains sont des couloirs protégés pour le passage d’infrastructures qui ne sont plus requises ou dont l’aménagement a été reporté. D’autres terrains sont situés à proximité d’espaces libres prévus dont ils ne font toutefois pas partie. Dans certains cas, le fait de savoir que la municipalité ou le gouvernement fédéral est propriétaire d’une parcelle de terrain vacant suffit à cataloguer celui ci de « parc » aux yeux des résidents, qui sont au courant des besoins en matière d’espaces verts dans leur quartier. Très souvent, le rôle de ces terrains ne devient évident que lorsque leurs propriétaires cherchent à les vendre ou à les réaménager à d’autres fins. Les utilisateurs de ces terrains sont préoccupés par leur perte et tout processus de planification peut mener jusqu’à la Commission des affaires municipales de l’Ontario.

Des études pourraient constituer le meilleur outil pour permettre à la CCN, aux autres propriétaires publics, à la Ville et aux communautés adjacentes de déterminer l’utilisation qui sera faite de ces terrains. Le zonage de bon nombre de ces terrains non aménagés permet des aménagements, sous réserve de la réalisation d’une étude sur l’utilisation prévue des propriétés visées et de la consultation du public. De portée plus réduite qu’un plan de conception communautaire, une telle étude pourrait être réalisée en fonction d’un cadre de référence approuvé par le Conseil et appuyé par le propriétaire. Elle pourrait également se faire parallèlement avec la planification des sentiers récréatifs prévus dans le Plan stratégique de 2006 pour le réseau de sentiers de la région de la capitale du Canada, car bon nombre des terrains vacants de propriété publique sont situés dans le Réseau urbain d’espaces verts proposé. D’ici à ce qu’un accord sur l’utilisation future soit garanti par l’approbation du plan stratégique susmentionné, le zonage actuel et les désignations du Plan officiel continueront de s’appliquer.

La Ville tentera de clarifier le rôle d’espaces verts des terrains publics non aménagés :

  • en lançant des études de planification sur l’utilisation future des terrains publics non aménagés, en partenariat avec la CCN et d’autres propriétaires publics, et en consultation avec la collectivité et les divers intervenants, afin de déterminer les fonctions futures d’espaces verts de ces terrains qui servent actuellement d’espaces libres mais dont la fonction n’est pas planifiée ou administrée à cette fin par leur propriétaire

La Ville protégera en outre les terrains qui, aux termes du Plan officiel et du Règlement de zonage général, doivent servir à des fins de conservation et de loisirs :

  • en désignant tous les grands parcs municipaux et toutes les caractéristiques naturelles urbaines de manière uniforme dans le Plan officiel
  • en attribuant à tous les parcs municipaux un zonage d’espace libre ou équivalent, et en veillant à ce que soient organisées des consultations publiques lorsqu’un parc municipal doit être vendu ou voué à une autre utilisation

Réaménagement des espaces libres et de terrains de loisirs privés

Le public souhaite conserver la fonction d’espace libre ou de loisirs des terrains institutionnels et des espaces libres privés mais accessibles, comme les marinas, les campings et les terrains de golf. À mesure que la ville s’agrandit et que la valeur des terrains s’accroît, la rentabilité de certaines installations de loisirs privées diminue au point où il peut être avantageux d’envisager le réaménagement des terrains sur lesquels ces installations sont situées. Dans de tels cas, la Ville doit prendre en compte la fonction d’espace libre de l’emplacement afin de déterminer si une fonction d’espace vert peut être préservée par ce réaménagement.

Dans le cadre de l’examen des demandes de modification du Règlement de zonage ou de réaménagement d’espaces libres et terrains de loisirs privés, la Ville :

  • tiendra compte des possibilités d’assurer la continuité du Réseau urbain d’espaces verts
  • cherchera à maintenir un accès public à un secteur riverain ou offrira davantage d’espaces verts à la collectivité

Évolution du rôle des cours d’école

Les cours d’école ont de tout temps été le carrefour des activités des quartiers. Dans les secteurs bien établis du noyau central, elles comptaient parmi les rares espaces verts des quartiers. Depuis les années 1950, les cours d’école continuent de jouer un rôle central dans la collectivité, en tant qu’élément clé de l’organisation de la vie communautaire. Dans de nombreux quartiers, les cours d’école ont été aménagées à proximité de parcs afin de créer de vastes espaces verts communautaires offrant des possibilités de sports et de loisirs.

La Ville et les conseils scolaires collaborent depuis de nombreuses années à la planification, à la conception et à l’exploitation d’installations récréatives extérieures partagées. Les pressions financières, les changements démographiques et le coût élevé des terrains ont remis en question ces relations traditionnelles. Le noyau central connaît des fermetures d’écoles et risque de perdre les espaces verts accessibles dans des secteurs où les parcs et les terrains de sport sont déjà trop rares ou trop éloignés. Les quartiers suburbains les plus anciens sont également aux prises avec des fermetures d’écoles qui sont susceptibles de fragmenter des espaces verts qui ont vu le jour par suite de l’aménagement de cours d’école à proximité de parcs. Le coût élevé des terrains dans les secteurs suburbains à croissance rapide a également incité certains conseils scolaires à acquérir de plus petits terrains, diminuant ainsi leur capacité de répondre à leur propre demande en matière de loisirs ou d’offrir aux résidents des espaces verts accessibles. La réduction de la dimension des terrains d’école contribue à l’utilisation intensive des parcs avoisinants et accroît pour la Ville les coûts d’entretien et du cycle de vie.

La fermeture et la vente éventuelle d’écoles intéressent vivement les résidents des quartiers qui se sont développés autour des établissements scolaires. Les écoles en bon état passent habituellement à un autre conseil scolaire. Généralement, les écoles mises en vente nécessitent d’importants investissements pour qu’on les rende conformes aux normes actuelles et font l’objet de coûts supplémentaires lorsqu’on les affecte à une autre utilisation. La Ville doit donc décider si elle désire acquérir l’école pour préserver les fonctions de l’installation, acheter le terrain pour maintenir les fonctions d’espace vert, acquérir l’école et le terrain ou n’acheter ni l’un ni l’autre.

Le Conseil a demandé au personnel de préparer une politique sur la cession des écoles excédentaires. Cette politique sera déposée en 2007. Le présent Plan directeur aide à l’élaboration de cette politique en proposant, à la section 4, des critères que le Conseil pourra appliquer dans l’évaluation de la valeur des propriétés scolaires et des autres terrains dont l’acquisition est suggérée aux fins de l’aménagement d’espaces verts. Ces critères touchent notamment l’emplacement des terrains par rapport au Réseau urbain d’espaces verts, le nombre d’espaces verts dans la collectivité et l’évolution des besoins en fonction de la croissance démographique escomptée.

En plus de prévoir les besoins d’ensemble en matière de parcs grâce au processus de conception communautaire et à d’autres stratégies visant à garantir une quantité adéquate d’espaces verts, comme il a été expliqué précédemment, la Ville :

  • adoptera des critères précis permettant d’orienter les décisions relatives à l’acquisition de terrains naturels, d’emplacements scolaires et d’autres espaces verts, et veillera à ce que la justification de toute recommandation visant une acquisition éventuelle soit énoncée clairement

Pressions exercées sur les terrains assortis de contraintes et les autres terrains associés aux infrastructures

Dans le cadre du processus d’examen des demandes d’aménagement, la Ville exige que la gestion environnementale des terrains compris dans les vallées et les couloirs de cours d’eau soit confiée à une autorité publique. Les plans de certains nouveaux quartiers comprenaient des sentiers parcourant ces terrains ainsi que les installations de gestion des eaux pluviales. Bien qu’ils aient les fonctions d’espaces verts, et qu’une utilisation publique y soit permise, ces terrains ne sont pas considérés comme des parcs et ne peuvent servir à la tenue de loisirs structurés. Par ailleurs, avec la hausse du prix des propriétés, il est devenu de plus en plus difficile de protéger les terrains assortis de contraintes. Les promoteurs cherchent des solutions d’ordre technique pour atténuer les contraintes d’aménagement sur ces terrains et en accroître la superficie aménageable. Ils proposent également de les transformer en propriétés privées. Des problèmes de sécurité publique compliquent l’utilisation de ces terrains à des fins récréatives, sans compter que l’activité humaine risque d’avoir des répercussions sur la flore, l’habitat des poissons et la fonction des voies navigables.

Afin de faire le meilleur usage possible des terrains assortis de contraintes ou associés aux infrastructures et servant d’espaces verts, la Ville :

  • concevra les bassins de rétention des eaux pluviales et les couloirs de services publics de manière à ce qu’ils servent également d’espaces verts dans les nouveaux quartiers et les secteurs réaménagés, et intégrera les terres vulnérables dans le plan global des espaces verts. Ces terrains ne seront pas considérés comme des terrains réservés à la création de parcs aux termes de la Loi sur l’aménagement du territoire, bien que des terrains adjacents et aménageables, pouvant servir à la création de sentiers ou de parcs, puissent être jugés comme tels ou achetés à cette fin

3.2.3 Résumé – Stratégies pour atteindre un nombre adéquat d’espaces verts

Afin d’atteindre l’objectif visant à garantir un nombre suffisant d’espaces verts dans le secteur urbain, la Ville :

  • utilisera les plans de conception communautaire pour déterminer toutes les possibilités d’aménagement d’espaces verts dans les quartiers nouveaux ou revitalisés, et proposera des stratégies permettant d’atteindre les objectifs du Plan officiel et de fournir des liens vers le Réseau urbain d’espaces verts
  • appliquera les dispositions relatives aux espaces libres et à la forêt urbaine de la Stratégie de conception urbaine du centre-ville d’Ottawa 20/20 adoptée par le Conseil municipal d’Ottawa, et fera appel au processus d’examen des demandes d’aménagement, aux partenariats et aux travaux publics pour acquérir les espaces libres potentiels des divers secteurs du centre-ville indiqués dans les plans
  • ne considérera comme excédentaire à ses besoins aux fins de sa cession aucun terrain qui n’ait d’abord été évalué dans le contexte de sa contribution au Réseau urbain d’espaces verts, de la protection ou de la mise en valeur de l’environnement, ou de son intégration à l’inventaire des espaces libres récréatifs de la Ville. En évaluant la possibilité de céder un terrain lui appartenant, la Ville s’assurera que toutes les fonctions utiles au réseau ont été préservées
  • examinera toutes les sources de financement consacré à l’acquisition de terrains naturels, d’espaces libres et de terrains de loisirs, y compris le fonds d’acquisition de terres à des fins environnementales, les règlements financiers obtenus pour la création de parcs et d’autres programmes d’immobilisations approuvés ou proposés dans le Plan financier à long terme
  • proposera une approche cohérente et coordonnée de gestion des fonds et de reddition de comptes au Conseil et aux résidents
  • tentera de clarifier le rôle d’espaces verts des terrains publics non aménagés en lançant des études de planification sur l’utilisation future des terrains publics non aménagés, en partenariat avec la CCN et d’autres propriétaires publics, et en consultation avec la collectivité et les divers intervenants, afin de déterminer les fonctions futures d’espaces verts de ces terrains qui servent actuellement d’espaces libres mais dont la fonction n’est pas planifiée ou administrée à cette fin par leur propriétaire
  • désignera tous les parcs municipaux et toutes les caractéristiques naturelles urbaines de manière uniforme dans le Plan officiel :
    • en désignant comme espace libre d’importance tous les parcs municipaux de 7 hectares ou plus et contenant diverses installations, notamment les parcs figurant dans les plans de conception communautaire,
    • en désignant comme espace libre d’importance tous les couloirs de promenades,
    • en mettant à jour les annexes sur les principaux sentiers récréatifs du Plan officiel afin de tenir compte du Réseau urbain des espaces verts et des recommandations du Plan stratégique pour le réseau de sentiers de la région de la capitale du Canada;
  • invoquera le Règlement de zonage général pour protéger les terrains devant servir ou aménagés à des fins de conservation ou de loisirs, en attribuant à tous les parcs municipaux un zonage d’espace libre ou équivalent, et en veillant à ce que soient organisées des consultations publiques lorsqu’un parc municipal doit être vendu ou voué à une autre utilisation
  • dans le cadre de l’examen des demandes de modification du Règlement de zonage ou de réaménagement d’espaces libres et terrains de loisirs privés, la Ville :
    • tiendra compte des possibilités d’assurer la continuité du Réseau urbain d’espaces verts
    • cherchera à maintenir un accès public à un secteur riverain ou offrira davantage d’espaces verts à la collectivité
  • adoptera des critères précis permettant d’orienter les décisions relatives à l’acquisition de terrains naturels, d’emplacements scolaires et d’autres espaces verts, et veillera à ce que la justification de toute recommandation visant une acquisition éventuelle soit énoncée clairement
  • concevra les bassins de rétention des eaux pluviales et les couloirs de services publics de manière à ce qu’ils servent également d’espaces verts dans les nouveaux quartiers et les secteurs réaménagés, et intégrera les terres vulnérables dans le plan global des espaces verts. Ces terrains ne seront pas considérés comme des terrains réservés à la création de parcs aux termes de la Loi sur l’aménagement du territoire, bien que des terrains adjacents et aménageables, pouvant servir à la création de sentiers ou de parcs, puissent être jugés comme tels ou achetés à cette fin.

3.3 Espaces verts accessibles

Figure 6 Distribution des espaces ouverts et des terrains de loisirs publics [PDF 1.56 MB]

Le principe d’accessibilité touche les problèmes d’équité sociale et de conception communautaire engendrés par la répartition des parcs et des espaces verts. Les quartiers ne bénéficiant pas d’un accès facile aux espaces verts environnants sont autant pénalisés que ceux qui en ont un nombre insuffisant. Des contraintes, comme la distance, les obstacles, les grandes voies de circulation difficiles à traverser et le degré de mobilité des utilisateurs sont autant de facteurs pouvant gêner l’accès aux espaces verts. Les problèmes de sécurité individuelle, les normes culturelles sur la manière dont les espaces publics peuvent être utilisés et les coûts liés à l’accès aux espaces verts ou à l’utilisation de leurs installations constituent également des obstacles. L’accès peut être facilité par une conception adéquate qui ouvre visuellement et physiquement ces espaces aux utilisateurs et qui les raccorde à des endroits où sont faites des utilisations complémentaires. Les utilisations multiples sur place et les liens vers d’autres espaces libres ajoutent aux possibilités envisageables.

Dans son sens le plus strict, l’accès est habituellement mesuré en tant que distance à pied ou durée de marche. En pratique, une balade à pied de quatre ou cinq minutes est considérée suffisante pour parcourir entre 250 et 400 mètres (voir la figure 5). Le Plan officiel vise l’objectif consistant à faire en sorte que, dans les secteurs résidentiels, toutes les résidences soient situées à moins de 400 mètres d’un espace vert, c’est à dire à une distance de marche de cinq minutes environ. Le respect de cet objectif a été vérifié dans l’enquête sur l’utilisation du sol de 2005, en dessinant une zone tampon de 400 mètres autour de terrains de loisirs actifs et passifs appartenant à un organisme public. Les résultats à la figure 6 montrent que la plupart des secteurs résidentiels urbains de la ville atteignent cet objectif.

Figure 5  Une marche de quatre à cinq minutes est jugée suffisante pour parcourir entre 250 et 400 m.

Figure 5 Une marche de quatre à cinq minutes est jugée suffisante pour parcourir entre 250 et 400 m.

Bien que la règle des 400 mètres soit un bon objectif de base en matière d’accessibilité, les véritables distances de marche peuvent être supérieures et des objectifs plus précis pourraient être envisagés afin de tenir compte des différents types d’activités et des besoins des résidents des quartiers. Chez les populations plus jeunes et plus âgées, par exemple, une distance plus courte vers les espaces verts constitue une mesure d’accessibilité plus appropriée. Une distance plus courte peut également s’avérer appropriée dans les secteurs plus denses, où l’on observe parfois moins d’espaces extérieurs privés et un plus grand besoin d’accès aux espaces verts publics. Un objectif plus ambitieux de distance à pied fixée à 250 mètres a également été examiné et est illustré à la figure 6 [PDF 1.56 MB]. La Ville se tire très bien d’affaire lorsqu’on la juge selon ces normes plus strictes car la plupart des lotissements résidentiels du secteur urbain d’Ottawa disposent, sous une forme ou sous une autre, d’espaces libres ou de terrains de loisirs à moins de 250 mètres. D’autres objectifs pourraient être envisagés pour des plans communautaires particuliers ou encore dans le cadre d’analyses futures des besoins en parcs sur l’ensemble du territoire de la ville.

Comme n’importe quel but, cependant, les objectifs liés à l’accessibilité et au nombre total d’espaces verts ne sont que des indicateurs approximatifs et risquent de brosser un tableau incomplet de la situation. Ils n’abordent pas la question de la qualité des parcs et des aires naturelles, ni la manière dont ces espaces verts répondent aux besoins de la collectivité ou préservent des caractéristiques ou des fonctions naturelles, aspects que nous abordons ci dessous.

L’accessibilité aux terrains naturels soulève plusieurs questions. Les terrains naturels offrent des possibilités d’utilisations récréatives non structurées comme la marche et peuvent constituer une solution de rechange aux parcs et aux couloirs urbains. Ils ajoutent à la valeur des propriétés résidentielles adjacentes et permettent d’échapper à l’agitation et à l’environnement de béton qui caractérisent la vie urbaine. Toutefois, l’accessibilité du public doit être prise en compte en ce qui touche le besoin de protéger les caractéristiques naturelles qui rendent le secteur attrayant et digne d’être préservé en tant qu’espace naturel. Certains lieux très prisés ne disposant pas d’installations publiques adéquates sont utilisés de manière informelle et peuvent avoir des répercussions sur les caractéristiques naturelles fragiles ou créer d’importants problèmes de gestion. Une pression plus grande risque de s’exercer sur ces terrains au fur et à mesure que le secteur urbain se développera.

La Ville dispose aujourd’hui pour des secteurs comme la forêt de Marlborough et la forêt de Torbolton de plans de gestion qui allient protection environnementale et accès public contrôlé. La Stratégie visant les forêts, qui sera achevée en 2007, établira des priorités pour l’élaboration de plans de gestion des forêts municipales restantes et de politiques de gestion pour les terrains naturels municipaux situés dans le secteur urbain. Ces politiques seront préparées en partenariat avec l’expert-forestier municipal et les groupes communautaires intéressés, afin d’améliorer la qualité de l’environnement et de définir l’accès public dans le secteur.

3.3.1 Stratégies pour obtenir des espaces verts accessibles

Afin d’améliorer l’accessibilité aux espaces verts urbains d’Ottawa, la Ville :

  • continuera de veiller à ce que tout secteur résidentiel soit situé à tout au plus 400 mètres d’un espace vert public généralement accessible au public
  • établira de nouveaux objectifs d’accessibilité aux espaces verts dans le contexte de plans propres à des quartiers ou à des endroits en particulier, notamment des objectifs pour les secteurs à plus forte densité de population ou des objectifs d’accès à différents types d’installations
  • gérera les terrains municipaux de manière à assurer le maintien à long terme des caractéristiques des espaces verts recensés dans l’Étude d’évaluation environnementale des espaces naturels urbains et, à cette fin, élaborera pour les aires naturelles municipales des plans et des politiques de gestion visant à en protéger les caractéristiques et les fonctions naturelles, tout en y permettant un accès public et des utilisations récréatives s’il y a lieu

3.4 Espaces verts de qualité

La « qualité » renvoie aux caractéristiques et aux particularités qui déterminent la capacité d’un espace vert à satisfaire un besoin donné ou à bien remplir une fonction particulière. L’objectif du Conseil est d’améliorer la qualité des espaces verts afin d’en accroître la capacité d’accueil et l’importance pour la collectivité, et de maintenir ou de rehausser la qualité des terrains naturels afin d’enrichir les habitats et la biodiversité.

La qualité des terrains naturels est mesurée de manière différente de celle des espaces libres et des terrains de loisirs destinés au public. Lorsqu’elle est évaluée d’un point de vue purement intrinsèque d’environnement naturel, la qualité doit prendre en compte la dimension de l’aire naturelle (la plus grande possible), sa forme (les formes carrées ou rondes sont préférables pour limiter les effets de lisière), sa connectivité, la composition des espèces qu’on y trouve (les emplacements ayant une diversité d’espèces relativement peu touchée sont préférés) et sa fonction (les fonctions hydrologiques sont les plus importantes). Ces caractéristiques peuvent servir à évaluer la qualité des aires naturelles tant urbaines que rurales. Tous les autres critères étant équivalents, la qualité des caractéristiques naturelles du secteur rural, évaluée en fonction de ces critères, excédera largement celle des caractéristiques naturelles du secteur urbain.

La qualité inférieure des caractéristiques naturelles du secteur urbain doit en revanche être comparée aux fonctions et aux valeurs supplémentaires associées aux aires naturelles en milieu urbain. Ce qui est rare est précieux; les caractéristiques naturelles étant uniques dans le paysage urbain, elles sont par conséquent très prisées. Les terrains naturels du secteur urbain offrent également des avantages pour la santé individuelle et communautaire, notamment par l’établissement de solides liens de voisinage, une sensibilisation environnementale chez les résidents urbains et une impression de tranquillité et de bien-être. En outre, les terrains naturels améliorent la qualité de l’eau, la qualité de l’air et l’absorption du carbone. Ils atténuent efficacement et à peu de frais la dégradation de l’environnement en milieu urbain. Sensibiliser les résidents des quartiers qui entourent des terrains naturels et les groupes communautaires ayant un intérêt pour la conservation à l’importance d’assurer une bonne intendance de ces espaces constitue l’un des meilleurs moyens de protéger ceux ci, d’en préserver les caractéristiques et fonctions et, par conséquent, d’en améliorer la qualité. Cette sensibilisation à l’intendance et aux responsabilités connexes peut être encouragée par des panneaux d’interprétation sur place et la diffusion de renseignements à propos de l’emplacement, en partenariat avec des écoles et des groupes d’intérêts.

La Ville soutient plusieurs programmes qui encouragent l’intendance chez les groupes communautaires. À titre d’exemple, le Programme communautaire pilote de partenariat écologique crée des possibilités d’intendance d’aires naturelles. Ce programme consacrera un million de dollars au financement de projets novateurs susceptibles de rendre la ville plus propre et verdoyante. Particuliers, organismes communautaires, groupes philanthropiques, associations de gens d’affaires et organismes sans but lucratif sont invités à entreprendre des projets qui verdissent la ville, restaurent des habitats naturels ou créent des espaces verts durables. L’attribution d’un prix de réalisation environnementale a été recommandée pour reconnaître annuellement la contribution exemplaire de particuliers et de groupes à la préservation de l’environnement.

Les critères de qualité en matière d’espaces libres et de terrains de loisirs comprennent l’emplacement, la superficie et le lien avec d’autres utilisations du sol ou caractéristiques naturelles. Si elle est faite soigneusement, la conception des espaces libres augmente la capacité d’accueil de ces derniers et peut même compenser l’insuffisance de tels espaces. De même, la planification judicieuse des parcs, faite en parallèle avec une planification communautaire d’ensemble, permet d’obtenir un réseau d’espaces verts accessibles qui structurent physiquement la collectivité et contribuent à une grande qualité de vie. Une planification communautaire intéressant de nombreux partenaires et visant divers projets potentiels peut donner lieu à un réseau d’espaces verts qui interagissent et dont l’effet global est plus marqué que celui qui résulterait de chacun de ses éléments pris individuellement.

Les parcs et les terrains de loisirs bien conçus possèdent les qualités suivantes :

  • Caractère – lieu présentant une identité propre
  • Continuité et circonscription – lieu où les espaces publics et privés sont clairement définis
  • Qualité du domaine public – lieu offrant des espaces extérieurs attrayants, bien aménagés, bien entretenus et réussis
  • Facilité de déplacement – lieu facile à fréquenter et à traverser
  • Convivialité – lieu facile à interpréter et à comprendre
  • Adaptabilité – lieu pouvant s’adapter facilement au changement
  • Diversité – lieu offrant variété et choix

3.4.1 - Stratégies pour obtenir des espaces verts de qualité

Afin de favoriser l’aménagement d’espaces verts de qualité à Ottawa, la Ville :

  • soutiendra les initiatives communautaires permettant d’assumer un rôle d’intendance des terrains naturels du secteur urbain, au moyen du Programme communautaire pilote de partenariat écologique et des politiques municipales de gestion de ces terrains
  • adoptera, pour les terrains naturels, des plans et des politiques qui permettront :
    • de trouver des mesures visant à préserver, à mettre en valeur et à gérer les terrains naturels d’une manière correspondant aux fins pour lesquelles ils ont été acquis
    • de répertorier et de mettre à jour l’information que détient la Ville sur les ressources environnementales des terrains et de déterminer les éventuels problèmes et possibilités, sur place et ailleurs, liés à la gestion permanente des terrains
    • de tenir compte des possibilités d’accès public et de loisirs
    • de déterminer quelles sont les entités responsables de la mise en œuvre des plans de gestion et des coûts permanents qui s’y rattachent
    • de prévoir dans les plans de gestion des possibilités de participation communautaire et de cerner les occasions de partenariats communautaires dans la mise en œuvre du Plan
  • élaborera des lignes directrices régissant la conception des parcs publics dans les nouveaux quartiers et les secteurs réaménagés, lesquelles devront être appliquées dans le cadre de plans de conception communautaire et du processus d’examen des demandes d’aménagement
  • cherchera à accroître la qualité de la conception et de la réalisation des parcs et des lieux publics, afin d’améliorer la capacité d’accueil de ces installations et de répondre ainsi aux besoins de la collectivité en matière de loisirs, notamment dans les secteurs où l’objectif numérique risque de ne pas être atteint

3.5 Espaces verts reliés entre eux

La connectivité des espaces verts est aussi importante que celle des réseaux de transport et autres qui structurent une ville bien conçue, car elle permet de relier les parcs locaux aux aires naturelles et aux lieux de loisirs. Comme l’indique la section 2, la création de réseaux d’espaces verts réduit l’importance relative du nombre d’espaces libres à prévoir en un lieu car elle accroît l’accès à d’autres espaces libres situés à proximité. Le fait de relier les espaces verts en améliore l’accessibilité, réduit le besoin de terrains supplémentaires dans les secteurs où l’offre est quasi inexistante et accroît la durabilité des espaces verts. Les espaces verts reliés entre eux sont plus agréables à fréquenter et à découvrir que les espaces verts isolés.

Les sentiers polyvalents offrent un moyen par excellence de créer des liens entre les divers secteurs d’Ottawa. D’abord considérés comme nouveauté touristique d’une capitale, ces sentiers suburbains, fragmentés au départ, en sont venus à former un véritable réseau régional de sentiers hors route polyvalents aménagés dans des couloirs de verdure et constituant un mode de transport de plus en plus viable pour les cyclistes et les piétons qui se rendent au travail ou à des établissements d’enseignement et fréquentent les installations de loisirs de leur quartier et d’ailleurs. Disposant d’un réseau comptant plus de 300 km de sentiers répartis de part et d’autre de l’Outaouais, la Commission de la capitale nationale est le principal organisme à avoir planifié et aménagé des sentiers à Ottawa et poursuit ses efforts en ce sens par un impressionnant programme prévoyant notamment plus de 56 km dans la Ceinture de verdure. La CCN, qui aménage des sentiers uniquement sur des terrains fédéraux, a presque terminé cette partie du réseau. Il incombera à la Ville de prolonger celui ci sur ses propres terrains et à des emplacements comme les couloirs de transport d’électricité pour lesquels des ententes auront été conclues en ce sens.

Outre les sentiers récréatifs, d’autres liens sont assurés grâce aux couloirs routiers, de transport en commun rapide, de promenades et de transport d’électricité, et grâce également aux emprises ferroviaires abandonnées et de routes non encore aménagées. Ces liens peuvent constituer l’assise de réseaux de sentiers et, lorsqu’ils relient des aires naturelles, soutenir également des fonctions écologiques. La plupart des couloirs servent essentiellement de passage pour les routes et d’autres infrastructures, mais bon nombre d’entre eux contiennent déjà des éléments d’espaces verts, comme des sentiers polyvalents aménagés sur des accotements paysagers. Lorsqu’il n’existe pas de liens hors route entre les parcs et qu’il est impossible d’en aménager, la conversion de routes en rues vertes peut permettre l’intégration de couloirs de verdure axés sur la circulation piétonnière et automobile.

Le raccordement des aires naturelles au moyen de liens eux aussi naturels assure le maintien des fonctions écologiques comme la biodiversité et les habitats fauniques. De tels liens permettent aux animaux nécessitant plusieurs habitats pour réaliser leur cycle de vie de se déplacer librement et rendent possibles les mouvements et les échanges reproducteurs des populations végétales et animales, sans compter qu’ils protègent les aires et les processus naturels associés aux utilisations du sol adjacentes.

Les ruisseaux constituent les meilleurs liens entre les aires naturelles car ils offrent des habitats de zones sèches et riveraines à diverses espèces de plantes et d’animaux. Les ruisseaux végétalisés accroissent la valeur des zones raccordées car la végétation protège les espèces migratrices contre la prédation et améliore l’habitat aquatique. Les liens courts (petite distance qu’un organisme doit parcourir pour se rendre d’un endroit à un autre) et continus (faibles risques de mortalité et de prédation) sont à privilégier.

La plupart des aires naturelles urbaines n’étant plus reliées, des couloirs naturalisés doivent être créés ou entretenus pour contribuer à leur vitalité. Les mêmes sentiers et couloirs entre les parcs et les espaces libres peuvent également relier les aires naturelles s’ils sont aménagés adéquatement et si une zone tampon suffisante permet d’en réduire les répercussions sur les aires naturelles. La carte 3 de la section 2, qui illustre le Réseau urbain d’espaces verts, contient des exemples de terrains naturels qui sont ou pourraient être reliés par des couloirs d’espaces libres et de terrains de loisirs.

3.5.1 - Stratégies pour relier les espaces verts entre eux

Afin de favoriser la connectivité des espaces verts urbains d’Ottawa, la Ville accordera la priorité aux terrains permettant de compléter ou d’étendre le Réseau urbain d’espaces verts et se penchera par conséquent sur les éléments suivants :

  • l’acquisition de terrains naturels ou destinés à l’aménagement de parcs
  • l’emplacement de nouveaux parcs de district et communautaires
  • l’emplacement des nouvelles installations de loisirs et des terrains désignés à des fins publiques dans les quartiers (nouveaux ou existants)
  • les emplacements se prêtant à des projets de partenariat, comme les projets d’intendance ou les travaux d’immobilisations avec des groupes communautaires, des clubs sportifs et d’autres partenaires
  • l’aménagement de sentiers polyvalents
  • la gestion des terrains municipaux et la réalisation d’aménagements conçus pour améliorer les liens entre les terrains naturels et les fonctions écologiques

3.6 Espaces verts durables

La durabilité constitue un problème de gestion tant pour les espaces libres et les terrains de loisirs que pour les terrains naturels. Les ressources nécessaires à la gestion des parcs et des installations de loisirs diminuent. Ce phénomène, conjugué à la demande croissante de ces installations, donne lieu à un déclin constant de la qualité des parcs urbains et des installations sportives. Vu le coût généralement élevé associé à l’entretien des propriétés, les administrations se font de plus en plus réticentes à acquérir des terrains qu’il leur faudra entretenir. La tendance favorise également l’aménagement de vastes parcs pouvant accueillir de multiples activités récréatives, au détriment des espaces libres variés dans les quartiers. Cette approche est avantageuse sur le plan économique mais contraire à la notion d’accès et d’engagement à l’échelle locale.

Les pratiques durables d’entretien constituent une solution de rechange. La Ville a interdit l’utilisation de pesticides à des fins esthétiques sur les terrains municipaux et, de concert avec la CCN, a adopté une stratégie écologique pour l’entretien des terrains paysagers, lorsque la situation s’y prête.

La durabilité des aires naturelles est directement liée aux facteurs de perturbation; plus la perturbation est importante, plus le risque de compromettre à long terme la durabilité des aires naturelles est grand. Les humains perturbent les espaces naturels en favorisant la colonisation d’espèces invasives lorsqu’ils y jettent des déchets de jardins ou y introduisent des graines. La création de sentiers non damés ou de pistes de vélo tout-terrain dans les aires naturelles favorise le compactage du sol, nuisant ainsi à l’oxygénation des racines des arbres. Les habitats de certaines espèces peuvent être mis en danger par les perturbations humaines et l’arrachage de plantes. Puisque le public utilise invariablement les aires naturelles urbaines publiques, il est essentiel de gérer celles ci de manière à limiter les perturbations pour en assurer la durabilité. Des zones tampons adéquates doivent être aménagées sur les terrains adjacents et être gérées de manière à ce que le déchargement de déchets de jardins et les autres activités humaines n’aient pas d’incidence sur les espaces naturels.

3.6.1 - Stratégies pour obtenir des espaces verts durables

Afin de favoriser la durabilité des espaces verts d’Ottawa, la Ville :

  • adoptera, pour les terrains naturels municipaux, des plans et des politiques qui permettent :
    • de trouver des mesures visant à préserver, à mettre en valeur et à gérer les terrains naturels d’une manière correspondant aux fins pour lesquelles ils ont été acquis
    • de répertorier et de mettre à jour l’information que détient la Ville sur les ressources environnementales des terrains et de déterminer les éventuels problèmes et possibilités, sur place et ailleurs, liés à la gestion permanente des terrains
    • de tenir compte des possibilités d’accès public et de loisirs
    • de déterminer quelles sont les entités responsables de la mise en œuvre des plans de gestion et des coûts permanents qui s’y rattachent
    • de prévoir dans les plans de gestion des possibilités de participation communautaire et de cerner les occasions de partenariats communautaires dans la mise en œuvre du Plan
  • encouragera les propriétaires fonciers publics et privés qui prévoient aménager leurs terrains à en préserver les caractéristiques et les fonctions naturelles, grâce à une intendance et à une conception tenant compte des principes naturels, de manière à réduire le plus possible les répercussions sur les qualités naturelles de leurs terrains